Le Ribombu a rencontré un député au parlement catalan,
un responsable d'un mouvement indépendantiste sarde et
le responsable de l'international à l'exécutif du mouvement.
Interview d'Uriel Bertran, député au
parlement de la Catalogne, membre
de l'exécutif national de Esquerra
Republican Catalan
U Ribombu. : Quel est le bilan de
votre participation à l'actuel gouvernement
catalan ?
Uriel Bertran : Notre participation au
gouvernement est conditionnée par la
mise en place d'un nouveau statut
politique pour la Catalogne et cela
commence à se réaliser. C'est un pas
important pour consolider le pouvoir
politique et économique, et çà l'est
aussi pour améliorer la vie sociale en
Catalogne, car il est nécessaire de
remonter le niveau de vie et dans ce
cadre il y a eu également des avancées.
Nous avons réussi a améliorer le capital
du peuple catalan en obtenant
notamment que les impôts catalans
restent au pays. La Catalogne est un
pays très riche.
Ce statut auquel nous aspirons est très
important car il devrait provoquer à
terme un référendum portant sur
l'autodétermination.
U Ribombu : Quelles sont les perspectives
pour la Catalogne ?
Urid Bertran : Le support indépendantiste
augmente au sein du peuple.
Actuellement il y a 23 députés
indépendantistes (540 000 voix),
plus de 200 élus municipaux indépendantistes
et un député européen
indépendantiste. L'idée est de
consolider le nouveau statut politique
qui est déjà en route et qui
engendrera un support populaire
encore plus large.
Interview de Bustianu Cumpostu,
coordinateur national de Sardigna
Natzione Indipendentzia
U Ribombu : Quelle est la situation
actuelle du mouvement indépendantiste
sarde ?
Bustianu Cumpostu : Le mouvement
indépendantiste sarde est né des
expériences et des idées alors exprimées
à partir des années 1972 - 1973,
à travers la confrontation des différentes
revendications comme l'autonomie
ou l'indépendance. Ainsi après "
Su Populu Sardu " sont nés d'une part
le " Partitu Sardu D'Azzione " puis "
Sardigna Natzione Indipendentzia ".
En 1996, avec 5,5 % de voix exprimées
lors d'une élection sénatoriale,
et pour près de 400 voix, le mouvement
indépendantiste effleure la possibilité
d'obtenir un élu.
Successivement le S.N.I. a manqué de
peu la possibilité d'entrer au conseil
régional sarde.
Le mouvement indépendantiste sarde a
également connu une crise avec une
séparation puis la création de
Indipendentista Repubrica di Sardegna
(I.R.S.) en 2001 impliquant un flottement
parmi de nombreux militants indépendantistes
confrontés à deux organisations
similaires.
Actuellement, et en fonction des positions
sur la lutte de libération nationale, le "
S.N.I. " s'élargit en favorisant la venue en
son sein d'autres composantes indépendantistes
comme le Movimento Patriotico
Sardo et la Manca Indipendentista. Notre combat ne peut se renforcer que s'il y a
l'union des indépendantistes. S.N.I. projette
des actions concrètes pour le peuple
sarde en adéquation avec sa conscience.
S.N.I. a aussi un programme
politique basé sur l'union de toutes
les forces patriotiques sardes.
U Ribombu : Quelle est votre position
sur la présence américaine en
Sardaigne ?
Bustianu Cumpostu : Ce sont des
troupes étrangères d'occupation
appuyées par l'état oppresseur italien.
Elles doivent absolument quitter notre
territoire et réparer les dégâts qu'elles
ont occasionné tant sur l'habitat que
sur l'environnement, la santé et
sur l'économie.
Sardigna Natzione
Indipendentzia a organisé un
référendum en obtenant le nombre
de signatures nécessaires
pour éloigner les bases de San
Stefano della Maddalena.
A aucun prix, nous n'accepterons
une présence militaire
étrangère quelle qu'elle soit, italienne
ou autre. Cette présence
implique des conditions de
dépendance économique et
appauvrissent le niveau de vie
du peuple sarde.
Interview de Joseba Alvarez
Forcada, responsable international
de l'exécutif de Batasuna.
U Ribombu : Quelle est selon vous l'analyse
de la situation politique actuelle ?
J.A. Forcada : Le pays basque est à la
croisée des chemins. Il existe une opportunité
avec l'arrivée de Zapatero au pouvoir
pour essayer de mettre en place un
processus au conflit. Dans ce cadre la
gauche indépendantiste Batasuna fait
une proposition en novembre 2004 : la
mise en place de deux tables de conversations
pour une solution politique :
1) Une table de démilitarisation entre le
pouvoir espagnol et E.T.A.
2) Une table de la société civile basque
pour établir le contenu politique de l'accord
de paix.
Ce sont certes deux tables différentes
mais elles ont le même objectif : la
reconnaissance du peuple basque et de
ses droits dans l'ensemble du territoire.
Mais il faut aussi dans ce cadre l'implication
de l'état français. L'arrivée de
Zapatero crée une opportunité et avec un
accord dans le sud, ce dernier peut s'étendre
au nord.
Les prochains mois un processus peut se
déclencher et évoluer positivement
comme régresser négativement.
Ce qui s'est passé pour exemple en
Irlande du Nord apparaît en l'occurrence
comme le prix d'une audace politique.
U Ribombu : Quelle est l'attitude
d'E.T.A. ?
J.A. Forcada : Après la proposition
du 14 novembre 2004 par Batasuna,
l'E.T.A. a reconnu la validité de cette
proposition. En plus au mois de
mars dernier, Zapatero a demandé
l'autorisation au parlement de discuter
avec E.T.A., autorisation qui a été
votée et adoptée. L'E.T.A. a alors
déclaré être dans une position active
et a levé le " front des élus " dans l'objectif de
favoriser la mise en place d'un processus
politique et la deuxième table. Mais pour l'instant si
les démarches semblent aller dans le
bon sens, force est de constater qu'il
manque une feuille de route.
Interview de Lloyd Quinan, membre
du parlement et du Scottism
Socialist Party.
U Ribombu : Quelle est la situation
actuelle du Parti Socialiste Ecossais ?
Lloyd Quinan : Notre parti a actuellement
6 élus au parlement écossais et
5000 adhérents. Il a pour objectif l'indépendance
et le socialisme en
Ecosse et s'oppose à l'actuelle Union
Européenne telle qu'elle se présente à
travers son concept. Notre parti est
également anti nucléaire et pacifique.
L'ensemble de la direction actuelle
du parti socialiste écossais a
déjà fait l'objet de poursuites judiciaires
et a connu la prison.
Le parti socialiste écossais exprime
aussi toute sa solidarité avec
tous les peuples d'Europe et du
monde et partagent leur revendication
d'autodétermination. Il a
déjà 7 ans de vie et est issus de la
scission d'un parti national et
d'un parti tendance écologique.
U Ribombu : Quelle est la situation
actuelle de l'Ecosse ?
Lloyd Quinan : Depuis 300 ans,
l'Ecosse a perdu l'indépendance.
Actuellement au parlement écossais
siègent 42 élus indépendantistes
qui travaillent pour entamer
des négociations avec la Grande
Bretagne. Aujourd'hui la situation
démontre dans notre pays que 55
% d'écossais sont favorables à
l'indépendance. Un certain nombre
de manifestations comme celles contre
la guerre en Irak, particulièrement
celle des jeunes de 12 à 15 ans ("
Pourquoi aller chercher du pétrole en
Irak quand il y en a en Ecosse ? ")
optimisent la trajectoire que nous
nous faisons pour les prochaines élections
au parlement écossais qui
auront lieu le 1er mai 2007.
Il faut savoir que le 1er mai 1707,
l'Ecosse perdait son indépendance.
L'actuel statut de l'Ecosse est un statut
d'autonomie obtenu en 1999.
Propos recueillis par
Ulivieru Sauli