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Jean Castela et Vincent Andriuzzi :
bientôt 7 ans de détention préventive !


A quelques mois du procès en appel Castela-Andriuzzi, Stella Castela revient sur l'état de santé de son mari, ses conditions de détention et sur la parodie de procès en première instance. Une fois encore, on peut se rendre compte que dans cette affaire, comme pour d'autres dossiers nationalistes, l'instruction a été orientée exclusivement à charge.

Comment va Jean Castela ?

Jean a toujours des problèmes de santé importants, puisque sa maladie nécessite un traitement médicamenteux à vie. Il a encore régulièrement des problèmes d'oedèmes aux jambes qui l'empêchent de pratiquer des activités sportives. Il a toujours des problèmes de tension qui est très très basse.

D'un point de vue moral, je peux vous affirmer qu'il est en grande forme et prêt à se battre pour faire reconnaître son innocence.

Les conditions de détention ont-elles une répercussion sur son état de santé et peut-il actuellement recevoir tous les soins dont il aurait besoin ?
Il est suivi régulièrement par le médecin de la maison d'arrêt de Fresnes, mais ce médecin ne peut que surveiller sa tension. Depuis son opération il y a un peu plus d'un an, il n'a eu qu'un contrôle à l'hôpital de la Piété Salpetrière, et c'est tout !

On ne peut pas dire aujourd'hui qu'il est hors de danger, et que l'accident cardiaque dont il a été victime ne se reproduira pas. S'il était en liberté, il pourrait bénéficier d'un véritable suivi médical et être immédiatement secouru en cas de problème.

Pourquoi Jean Castela n'a-t-il pas pu bénéficier des lois communes concernant les personnes malades en prison ?
Parce qu'il n'est pas ancien ministre de la République française ! Malgré ce que prétend l'Etat, nous ne sommes pas dans la loi commune. Dès qu'il s'agit de la Corse ou des Corses, et encore plus lorsque l'on parle de nationalistes, il n'y a plus aucune loi.

Vous avez assisté seulement à une partie du procès en première instance de votre mari. Quels sentiments vous a inspiré ce procès ?
Sachant mon mari malade du coeur, sachant qu'il a eu en plus pendant le procès un zona, j'ai été choquée de le voir entrer dans le box des accusés menotté, surtout qu'il n'avait pas la force d'arriver jusqu'à ce box sur ses deux jambes et qu'il devait être porté en chaise roulante, mais pas devant les juges, bien entendu, seulement dans les couloirs sombres du palais de justice…

Sur le procès en lui-même, je dirai que j'ai assisté à une mascarade de justice. Je vous rappelle quand même que Jean a comparu libre dans le dossier de l'assassinat du préfet, et que s'il a été libéré par la chambre de l'instruction, c'est tout simplement parce qu'il n'y avait rien dans le dossier.

Je n'ai pu assister qu'aux derniers jours du procès, car avant mon témoignage, je n'avais pas le droit d'assister aux audiences.

Durant les 15 jours où j'ai été présente, mon mari n'a pas été interrogé par les juges… Mon témoignage m'a permis de réaliser à quelle justice nous avions à faire… J'avais des sentiments de révolte quand le président essayait de me couper la parole quand une de mes réponses ne lui plaisait pas, car elle allait dans le sens de la défense et non de l'accusation ! C'était ça, le procès en première instance de mon mari.

Après des années d'enquête, comment a évolué le dossier de l'accusation ?
Il a toujours évolué dans le même sens, à charge et uniquement à charge ! Pourtant, aucun élément nouveau n'est venu corroborer les thèses de l'accusation. Les juges ont décidé que Jean était coupable, et à partir de là, tous les actes d'instruction sont diligentés dans ce sens, pour tenter de coller avec la version de la Galerie Saint Eloi.

Je vous rappelle que Jean a toujours affirmé son innocence dans l'affaire du préfet, depuis les premières heures de sa garde-à-vue, jusqu'aux dernières secondes de son procès. Mais, on n'a pas voulu l'entendre et les juges ont délibérément laissé de côté tous les éléments qui pouvaient plaider en faveur de Jean.

Vous avez fait 6 mois de prison.
Pourquoi ? Où en est votre dossier d'instruction 7 ans après ?

J'ai fait 6 mois de prison car c'était un moyen de pression sur mon mari. D'ailleurs, dès la garde-àvue, les inspecteurs de la DNAT n'arrêtaient pas de lui dire que s'il n'avouait pas, j'irais en prison. Mon mari n'avait rien à avouer, il est innocent !

Et 7 ans après, je suis toujours contrainte d'aller tous les 15 jours pointer au commissariat de Bastia. Je suis toujours en attente d'un procès où d'un non-lieu. Mais ce procès n'arrivera jamais puisque c'est celui de la piste agricole… Des dizaines de personnes ont été emprisonnées pour rien.

Combien de temps avez-vous attendu avant de pouvoir voir votre mari ?
Je n'ai eu le permis de visite qu'au bout de deux ans. C'était un autre moyen de mettre la pression à Jean.

Est-ce que vous pouvez le voir souvent ? Combien vous coûte une visite à Paris, et comment vous organisezvous ?
Je peux y aller en moyenne deux fois tous les trois mois. Et encore, parce que j'ai la chance d'avoir une profession qui me permet de me libérer. Ceci étant, c'est très difficile financièrement car au-delà du billet d'avion, c'est le logement, les déplacements, la nourriture, les transports… Il faut compter à peu près 400 € si on est hébergé dans une structure d'accueil pour famille de prisonniers. Quand cela n'est pas possible et qu'il faut aller à l'hôtel, il faut compter le double. Le fait de devoir quitter la Corse pour aller à un parloir implique que l'on s'absente pendant une, voire deux ou trois journées. Cela veut dire que les travailleurs indépendants ne peuvent pas travailler et que les salariés doivent prendre des congés…

Si Jean était incarcéré en Corse, je pourrais le voir toutes les semaines. Ce serait plus facile pour toute la famille et il pourrait rencontrer plus de monde. De nombreux parents, trop âgés, ou n'ayant pas les moyens de monter à Paris ne peuvent que lui écrire des lettres...

Que reste-t-il de la présomption d'innocence après 7 ans de détention préventive ?
C'est un mot qui est rayé du vocabulaire de la justice française et des politiques français.

Propos recueillis par Felice Bacciochi

 

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