Accolta

Accolta Cap'articulu Attualità Pulitica Ghjustizia Internaziunale I Prigiuneri Fiure Cultura Abbunamentu Cuntatti Ligame

Acharnement judiciaire contre Jacques Mosconi


Le CAR a dénoncé le traitement scandaleux dont est victime Jacques Mosconi, au cours d’une conférence de presse qui a réuni de nombreux militants autour de la famille et des avocats du prisonnier politique. On notait également la présence de Jean Castela qui dès sa libération a souhaité intégrer le Comité Anti Répression.

Jacques Mosconi a été arrêté en janvier 2004 et condamné l’année suivante à 4 ans de prison. Quelques mois après sa condamnation, il a été « rapproché » en étant transféré à Salon-de-Provence en novembre 2005. C’était déjà une provocation, quand on sait qu’il y avait et qu’il y a toujours largement la place à Borgu pour le rapprocher véritablement de sa famille. Malgré cela, Jacques Mosconi a préparé son dossier et a déposé une demande de libération conditionnelle à la fin du mois de janvier 2006, lui qui était accessible à la liberté conditionnelle depuis août 2005.

Son dossier de conditionnelle est complet et sérieux. Il apporte la preuve de toutes les conditions de représentation, d’un domicile, d’une promesse de travail dans le domaine qui est le sien, la boucherie, et cette mesure lui permettrait enfin de se rapprocher de sa famille, notamment son père qui est malade.

Au cas où cette demande serait rejetée, Jacques Mosconi a également déposé une demande de rapprochement familial pour être transféré à Borgu.

Le 15 mars dernier, alors que le directeur du centre de détention de Salon-de-Provence écrivait à l’avocat de Jacques Mosconi pour l’informer que sa demande de rapprochement serait examinée le 22 mars par la commission compétente, à la surprise générale, le même jour le 15 mars, Jacques Mosconi a été transféré… sur Paris, en maison d’arrêt, celle de la Santé en l’occurrence.

Aucune raison ne lui a été signifiée, et ni ses conseils, ni sa famille, ni luimême n’ont réussi à savoir pourquoi on l’avait remonté à Paris, pourquoi on l’avait transféré d’un centre de détention vers une maison d’arrêt. Ce transfèrement a des conséquences sur la vie de Jacques Mosconi : La commission qui devait examiner son transfert vers Borgu le 22 mars ne le fera pas, puisque Jacques Mosconi n’est plus incarcéré au Centre de Détention de Salon-de- Provence.

Au lieu d’être rapproché de sa famille, ce qui est le droit élémentaire de tout détenu, aussi bien dans les lois françaises que dans les directives européennes, Jacques Mosconi se retrouve encore plus loin des siens. Les gens qui ont pris la décision de ce transfèrement savent très bien qu’il est plus difficile d’obtenir un aménagement de peine en maison d’arrêt qu’en Centre de Détention, et qu’il est pratiquement impossible d’obtenir quoi que ce soit dans une prison lorsque l’on vient d’arriver.

Lorsque sa demande de libération conditionnelle sera examinée le 27 avril, Jacques Mosconi ne sera incarcéré à la Santé que depuis un mois, ce qui est insuffisant pour que la direction ait le temps de se faire une idée sur un détenu et qu’elle rende un rapport favorable.

En passant d’un centre de détention à une maison d’arrêt, ses conditions d’incarcération se détériorent gravement, il se retrouve avec des portes de cellule fermées toute la journée, sans pouvoir téléphoner. De plus, depuis le livre du Docteur Vasseur, tout le monde connaît les conditions inhumaines de détention de cette vieille prison de la Santé.

Etant donné que ce transfèrement n’est absolument pas dû à une sanction disciplinaire ni à une pseudo-tentative d’évasion, cette décision de transférer Jacques Mosconi à Paris, en maison d’arrêt, ne pouvait venir que du pouvoir judiciaire, c’est-à-dire du parquet général de Paris ou d’un juge d’instruction, selon le CAR. Les répresentants du CAR précisaient que 15 jours après, personne ne savait pourquoi Jacques Mosconi avait été victime de ce transfèrement qui l’éloigne de sa famille, annule sa demande de rapprochement à Borgu, et compromet gravement sa demande de libération conditionnelle.

Quelques jours plus tard, on apprenait que c’est à la demande d’un juge d’instruction du pôle financier de Paris que Jacques Mosconi a été transféré à Paris. Le juge souhaitant l’entendre, il a exigé que le prisonnier politique soit mis “à sa disposition à Paris pendant deux mois” !

Enfin, Le CAR a exigé que Jacques Mosconi soit libéré et précisé que d’autres actions seront entreprises si tel n’était pas le cas.

Ghjuvanni Deziu

 

Sur le même thème

© U Ribombu Internaziunale — 2006