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Articulu di u numaru 26, ghjugnu di u 2007


Elections législatives au Pays Basque





Participer à des élections législatives, lorsque on remet en cause les institutions de l’autorité en place, relève d’un choix à la fois tactique et stratégique.

Dans le cas du Pays Basque sous domination française, et dans le cadre de ces élections, la configuration met en relief les appréciations divergentes des organisations nationalistes et indépendantistes quant à leurs positions et leurs alliances.

Une situation qui démontre la difficulté et les limites actuelles des convergences patriotiques, en grande partie influencées par le contexte que connaît le Pays Basque sous administration espagnole.


Deux choix différents…

Si les formations nationalistes et indépendantistes comme Abertzale Batasuna, Eusko Alkartasuna et Batasuna décident d’une participation commune selon le principe d’une coalition, le PNB lui s’oriente dans une toute autre logique…


Pour un message fort…

En effet, les trois premières formations inscrivent tout naturellement leur participation selon le principe d’une philosophie nationale. Le message voulu fort est on ne peut plus clair : « Que les habitants décident de leur propre avenir par des voies politiques et démocratiques ». Et de revendiquer pour le territoire en question un cadre institutionnel aux compétences larges.


…et une toute autre alliance !

Le PNB pour sa part opte pour une toute autre approche : sur trois circonscriptions concernées, ce parti fera campagne avec l’UDF – MD dont l’un des représentants symboliques est François Bayrou. Ce choix découle d’un accord, mais aussi selon l’un des responsables de cette organisation, Aitor Arandia, d’une analyse qui suppose que selon l’effet dit du vote utile, « les petits partis vont être fortement marginalisés », s’appuyant aussi sur le fait que le PNB adhère au même Parti Démocrate Européen que l’UDF – MD.


Une position sous influence

Le contexte politique basque – sous domination espagnole – semble aussi influencer ce positionnement. Depuis l’attentat du 30 décembre – revendiqué par ETA – les possibilités de convergences politiques avec Batasuna, mouvement de gauche patriotique et indépendantiste marquent le pas. Le blocage actuel du processus de sortie de crise incite Aitor Arandia à affirmer clairement : « Il n’est pas question de s’allier avec Batasuna ».


La nécessaire solution politique

Pour autant les candidats portés par la programmatique Euskal Herria Bai, à laquelle a souscrit au départ le PNB qui s’en est donc auto – exclu, réaffirment avec vigueur la nécessité d’un processus global de résolution du conflit en Pays Basque et ce, selon « l’esprit de l’Accord Démocratique de base » signé par plus de cinquante organisations qu’elles soient politiques, syndicales ou sociales et qui exprime la volonté que « tous les citoyens du pays Basque doivent être consultés sur leur avenir, par une procédure décidée par tous les acteurs ». La coalition affiche clairement son « opposition frontale » avec la politique de l’actuel président français, Nicolas Sarkozy...

La question de participer à des élections législatives n’a souffert ici d’aucune tergiversation. A l’inverse, cette participation dessine les frontières – figées – des formations patriotiques entre celles qui mettent en relief la nécessité d’une convergence pour rappeler l’urgence d’une solution politique et celle qui au nom d’un supposé pragmatisme (le vote utile) rallie une formation française correspondant peu ou prou à ses orientations dites centristes. Un choix tout autant commandé par la situation actuelle que connaît le Pays Basque sous domination espagnole.

Les résultats, au lendemain des élections présidentielles françaises sont attendus pour jauger la perspicacité et la pertinence respectives des choix prônés.

Ulivieru SAULI

 

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