Participer à des élections législatives, lorsque on remet
en cause les institutions de l’autorité en place, relève
d’un choix à la fois tactique et stratégique.
Dans le cas du Pays Basque sous domination française, et
dans le cadre de ces élections, la configuration met en
relief les appréciations divergentes des organisations
nationalistes et indépendantistes quant à leurs positions
et leurs alliances.
Une situation qui démontre la difficulté et les limites
actuelles des convergences patriotiques, en grande partie
influencées par le contexte que connaît le Pays
Basque sous administration espagnole.
Deux choix différents…
Si les formations nationalistes
et indépendantistes
comme Abertzale
Batasuna, Eusko
Alkartasuna et Batasuna
décident d’une participation
commune selon le
principe d’une coalition,
le PNB lui s’oriente dans
une toute autre logique…
Pour un message fort…
En effet, les trois premières
formations inscrivent
tout naturellement leur
participation selon le
principe d’une philosophie
nationale. Le message voulu fort est on ne peut
plus clair : « Que les habitants décident de leur propre
avenir par des voies politiques et démocratiques ». Et
de revendiquer pour le territoire en question un cadre
institutionnel aux compétences larges.
…et une toute autre alliance !
Le PNB pour sa part opte pour une toute autre approche
: sur trois circonscriptions concernées, ce parti fera
campagne avec l’UDF – MD dont l’un des représentants
symboliques est François Bayrou. Ce choix découle d’un
accord, mais aussi selon l’un des responsables de cette
organisation, Aitor Arandia, d’une analyse qui suppose
que selon l’effet dit du vote utile, « les petits partis
vont être fortement marginalisés », s’appuyant aussi
sur le fait que le PNB adhère au même Parti Démocrate
Européen que l’UDF – MD.
Une position sous influence
Le contexte politique basque – sous domination espagnole
– semble aussi influencer ce positionnement.
Depuis l’attentat du 30 décembre – revendiqué par ETA
– les possibilités de convergences politiques avec
Batasuna, mouvement de gauche patriotique et indépendantiste
marquent le pas. Le blocage actuel du processus
de sortie de crise incite Aitor Arandia à affirmer
clairement : « Il n’est pas question de s’allier avec
Batasuna ».
La nécessaire solution politique
Pour autant les candidats portés par la programmatique
Euskal Herria Bai, à laquelle a souscrit au départ le PNB
qui s’en est donc auto – exclu, réaffirment avec vigueur
la nécessité d’un processus global de résolution du
conflit en Pays Basque et ce, selon « l’esprit de l’Accord
Démocratique de base » signé par plus de cinquante
organisations qu’elles soient politiques, syndicales ou
sociales et qui exprime la volonté que « tous les
citoyens du pays Basque doivent être consultés sur leur
avenir, par une procédure
décidée par tous les
acteurs ». La coalition
affiche clairement son «
opposition frontale »
avec la politique de l’actuel
président français,
Nicolas Sarkozy...
La question de participer
à des élections législatives
n’a souffert ici d’aucune
tergiversation. A
l’inverse, cette participation
dessine les frontières
– figées – des formations
patriotiques
entre celles qui mettent en relief la nécessité d’une
convergence pour rappeler l’urgence d’une solution
politique et celle qui au nom d’un supposé pragmatisme
(le vote utile) rallie une formation française correspondant
peu ou prou à ses orientations dites centristes. Un
choix tout autant commandé par la situation actuelle
que connaît le Pays Basque sous domination espagnole.
Les résultats, au lendemain des élections présidentielles
françaises sont attendus pour jauger la perspicacité et la
pertinence respectives des choix prônés.
Ulivieru SAULI