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Articulu di u numaru 27, lugliu di u 2007


Retour sur les législatives



Non, la Corse ce n'est toujours pas la France.

Mème pour une élection qui la concerne si peu , elle sait marquer sa différence au grand dam des politologues autoproclamés , des observateurs avertis , des analystes de tout poil , des tenants de la pensée unique qui encombrent de leursuffisance le paysage médiatique . D'ailleurs la capacité des médias à formater les esprits est devenue telle que désormais les campagnes électorales tiennent d'avantage du marketing que du débat d'idées.

La dernière présidentielle fraançaise en a été une parfaite illustration . En ce qui concerne la Corse , le poids des médias est moindre dans la seule mesure où le temps audio et télévisuel qui lui est consacré est extrèmement réduit . Mais les efféts sont les mèmes . A la différence qu'ici , les journalistes manquent singulièremeent d'impertinence.

Ceci est peut-ètre dù à notre société de proximité qui privilégie les rapports humains . Mais quand on se souvient de la création de FR3 Corse et de la réaction indignée de la classe politique corse , on peut penser que les mèmes préssions continuent de s'exercer , tant les tenants du pouvoir tolèrent difficilement l'esprit critique.

Quoiqu'il en soit , après le résultat des dernières législatives , les analystes officiels insistaient sur le fait que le vote corse avait enfin céssé de se différencier du vote français ! Si celà n'est pas de la propagande , ça lui ressemble et ce genre de constat péremptoire révèle les contradictions de ces esprits éclairés qui admettent par ailleurs que le vote nationaliste a été déterminant dans trois circonscriptions sur quatre . Que ces faiseurs d'opinion cessent donc d'interroger les chiffres et de se livrer à d'inutiles contorsions , le fait est là et l'argument irréfutable : tant que le mouvement national sera présent dans une élection de quelque nature que ce soit , l'élection en Corse ne ressemblera jamais à l'élection en France . Et c'est peut-ètre là l'interèt majeur d'occuper ce terrain institutionnel dont on sait pourtant à priori combien il nous est défavorable , d'autant plus quand le mouvement national , au nom de sa diversité , donne dans la cacophonie la plus totale.

Dans ces conditions le score réalisé par les candidats se réclamant du mouvement national ne peut ètre que satisfaisant , voire surprenant quand on se remémore le nombre de communiqués transmis à la presse émanant le plus souvent de groupuscules dont l'électeur lambda a déjà oublié le sigle . Entre l'abstention pronée par les uns, le vote sélectif des autres , la candidature de diversion de tel autre , l'électorat nationaliste a eu bien du mérite à se positionner et à se mobiliser , parfois de la meilleure des façons comme ce fùt le cas dans la deuxième circonscription de la Corse du sud . On peut penser que le discours provocateur tenu à Porti Vechju par Sarkozy y a largement contribué . Mais il n'y a pas que celà . Le résultat des candidats d'Unioni Naziunali , a été ici , la conséquence d'une union stratégique bien comprise par les militants , qui bien avant ce défi électoral , avaient su multiplier les réunions communes et se retrouver sur le terrain pour dénoncer la politique de dépossession de la terre ou pour s'opposer aux arrestations arbitraires . A propos de cette circonscription , sur le plateau de l'émission Cuntrastu , des observateurs dont on se demande toujours ce qu'ils représentent et surtout ce qu'ils font là , ont cru devoir attribuer ce résultat au seul PNC , rejoignant en celà les voeux de Sarkozy alors ministre de l'intérieur , qui entendait isoler les militants de la LLN . Cette affirmation qui rappelle combien le commentaire politique peut ètre pervers , n'est cependant pas sans interèt , car elle illustre parfaitement le discours dominant et les interèts conjugués du pouvoir français et du clanisme , qui ne désespèrent pas de voir le mouvement national se déchirer pour des problèmes d'hégémonie , de luttes d'influence ou parfois tout simplement pour des querelles de personnes.

Or l'union stratégique représente précisément le meilleur garde-fou pour ce genre de dérive . Et ce pour plusieurs raisons . D'abord parce-qu'elle n'a pas été conçue comme une addition de sigles , ensuite de par son caractère conjoncturel et enfin et surtout parce-qu'elle obéit à un mouvement dialectique qui permet de résoudre les contradictions internes dans une synthèse commune . L'espace institutionnel français se prètant d'autant mieux à l'expression de l'union stratégique que les militants indépendantistes savent pertinemment que ce n'est pas là que va se sceller le destin politique de la Nation corse . Et ils savent aussi que la situation du mouvement national est bien plus complexe qu'il n'y parait et qu'il est préférable de se garder de tout manichéisme.

Car la pratique militante nous enseigne que le courant indépendantiste tout comme celui du réformisme , traverse toutes les structures politiques du mouvement national . Et d'ailleurs , bien malin celui qui pourrait dire , quel a été le poids des voix réformistes ou des voix indépendantistes qui se sont portées sur les candidats de l'Unioni.

Dumenicu Tognotti

 

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