Accolta

Accolta Cap'articulu Attualità Pulitica Ghjustizia Internaziunale I Prigiuneri Fiure Cultura Abbunamentu Cuntatti Ligame


Articulu di u numaru 20, dicembre di u 2006


Lettre de la famille



Lisandra va avoir 5 ans.

C’est une petite fille pleine de vie et de rires. Elle attend avec impatience son anniversaire. Surtout elle demande si son papa sera là.

Le papa de Lisandra est un prisonnier politique corse. Voilà bientôt quatre ans et demi qu’il est incarcéré. Il ne demande pas d’allègement de sa peine mais désire juste assumer ses actes au plus près des siens. Plus que prisonnier, il est surtout papa. Chaque soir, il rêve de sa petite princesse. Plusieurs fois déjà il a demandé un rapprochement à Borgu afin que Lisandra, le samedi, puisse raconter sa semaine d’école, les copines. Un simple rapprochement afin que, malgré la situation, Lisandra puisse s’épanouir pleinement, arrosée du regard d’amour de son père. Le code pénal n’y est d’ailleurs pas contraire puisqu’il stipule « qu’en vue de faciliter le reclassement familial des détenus à leur libération, il doit être particulièrement veillé au maintien et à l’amélioration de leurs relations avec leurs proches » (Art. D402 du code de procédure pénale). Plusieurs fois et souvent sans motif, le juge d’application des peines a refusé ce transfert.

Voilà pourtant près d’un an que le papa de Lisandra est conditionnable. On lui accordera au moins une permission pour l’anniversaire de la petite ? Il s’imaginait donc revenir pour trois jours. Pour la première fois, aller chercher sa fille à l’école, découvrir sa classe. La voir enfin courir. Souffler les bougies avec elle. Il n’en sera rien.

Le juge prend note du comportement sans reproche du papa au CD mais répond, une fois de plus, par un refus. C’est donc Lisandra qui, ce samedi 28 octobre, s’est levée à 6 h 00 pour prendre l’avion et aller chercher un bisou de son père. Pendant le parloir elle l’appelle « son super papa ». Elle le sert bien fort, avant qu’il ne reparte. Lisandra attendra ensuite le vol de 21 h 15. Elle aura passé deux heures avec son papa. Une chance, car d’habitude, le parloir c’est une heure seulement. Bien sûr la petite ne retournera pas tout de suite à Salon. Les voyages ont un coût énorme. En attendant, il lui restera toujours le courrier. Depuis, d’ailleurs, elle a déjà posté trois dessins à son papa.

Il ne s’agit plus ici de politique. Il ne s’agit pas non plus d’un débat d’idées. Juste d’un papa qui désire vivre au plus près de sa fille. Juste une petite fille de cinq ans à peine qui réclame les bras de son père.

Nous demandons donc le rapprochement immédiat d’Hervé Santelli sur Borgu ou Casabianda afin de maintenir au mieux les liens familiaux et de permettre à Lisandra de grandir le plus sereinement possible.

 

Sur le même thème

© U Ribombu Internaziunale — 2006