Lisandra va avoir 5 ans.
C’est une petite fille pleine de vie et de rires. Elle
attend avec impatience son anniversaire. Surtout elle
demande si son papa sera là.
Le papa de Lisandra est un prisonnier politique corse.
Voilà bientôt quatre ans et demi qu’il est incarcéré. Il ne
demande pas d’allègement de sa peine mais désire juste
assumer ses actes au plus près des siens. Plus que prisonnier,
il est surtout papa. Chaque soir, il rêve de sa petite
princesse. Plusieurs fois déjà il a demandé un rapprochement
à Borgu afin que Lisandra, le samedi, puisse raconter
sa semaine d’école, les copines. Un simple rapprochement
afin que, malgré la situation, Lisandra puisse
s’épanouir pleinement, arrosée du regard d’amour de son
père. Le code pénal n’y est d’ailleurs pas contraire
puisqu’il stipule « qu’en vue de faciliter le reclassement
familial des détenus à leur libération, il doit être particulièrement
veillé au maintien et à l’amélioration de leurs
relations avec leurs proches » (Art. D402 du code de
procédure pénale). Plusieurs fois et souvent sans motif,
le juge d’application des peines a refusé ce transfert.
Voilà pourtant près d’un an que le papa de Lisandra est
conditionnable. On lui accordera au moins une permission
pour l’anniversaire de la petite ? Il s’imaginait donc
revenir pour trois jours. Pour la première fois, aller chercher
sa fille à l’école, découvrir sa classe. La voir enfin
courir. Souffler les bougies avec elle. Il n’en sera rien.
Le juge prend note du comportement sans reproche du
papa au CD mais répond, une fois de plus, par un refus.
C’est donc Lisandra qui, ce samedi 28 octobre, s’est
levée à 6 h 00 pour prendre l’avion et aller chercher un
bisou de son père. Pendant le parloir elle l’appelle « son
super papa ». Elle le sert bien fort, avant qu’il ne reparte.
Lisandra attendra ensuite le vol de 21 h 15. Elle aura
passé deux heures avec son papa. Une chance, car d’habitude,
le parloir c’est une heure seulement. Bien sûr la
petite ne retournera pas tout de suite à Salon. Les voyages
ont un coût énorme. En attendant, il lui restera toujours
le courrier. Depuis, d’ailleurs, elle a déjà posté trois
dessins à son papa.
Il ne s’agit plus ici de politique. Il ne s’agit pas non
plus d’un débat d’idées. Juste d’un papa qui désire vivre
au plus près de sa fille. Juste une petite fille de cinq ans à
peine qui réclame les bras de son père.
Nous demandons donc le rapprochement immédiat
d’Hervé Santelli sur Borgu ou Casabianda afin de maintenir
au mieux les liens familiaux et de permettre à
Lisandra de grandir le plus sereinement possible.