Suite à de nouvelles interpellations survenues au cours du mois de septembre, notamment celles
de Olivier Peretti et de Alain Donadio, le CAR a tenu a réagir sur ces déportations et à la situation
générale des détenus nationalistes.
Nous dénonçons ici la grossière
manipulation médiatique que constituent
ces arrestations opérées la semaine
dernière et qui sont directement liées
au contexte de la récente venue du
Président de la République Française en
Corse.
De son one man show, dont il est
désormais coutumier nous ne pouvons
malheureusement retenir que la
seule féroce volonté de criminaliser le
patriotisme corse, et ses injonctions
expresses envers les services judiciaires
et policiers à porter plus de répression
dans le seul but d’occulter l’écrasante
responsabilité de l’Etat sur la situation
de notre pays et de notre peuple.
Continuer de la sorte à faire croire que
le chemin de la déportation et de l’exil
carcéral, comme celui des mauvais
traitements humains ou des intimidations
policières réussirons a éluder ou à
solutionner l’urgence du règlement de la
question Corse, relève de l’irresponsabilité
politique.
Le problème que connaît la Corse depuis
plusieurs siècles à de profonde racines
historiques, il est la conséquence de
la politique coloniale de la France
qui persiste dans son expression
actuelle a en nier sa véritable dimension
politique.
Le Président Nicolas Sarkozy entend par
une présence tout azimuts sur la scène
internationale se hisser au niveau d’une
incontournable et zélée diplomatie pour
contribuer à résoudre plusieurs dossiers
brûlants de part le monde.
Cette volonté l’a conduit à intervenir auprès du Hezbollah à Paris, avec la Libye
du Colonel Kadhafi (pour les infirmières
Bulgares), les FARC de Colombie (via
Hugo Chavez du Venezuela pour Ingrid
Betancourt), autant d’interlocuteurs dont
la sulfureuse réputation ne dérange
pas le chef de l’Etat. S’agissant de la
situation en Corse, sa volonté de ne rien
faire évoluer s’exprime par le souhait de
restreindre le champ de ces interlocuteurs
potentiels aux seules personnes qui ne
soutiendraient ou ne comprendraient pas
la lutte de libération nationale. Cela veut
donc dire qu’il n’y a pour l’instant aucune
intention sérieuse de traiter le problème.
Pour notre part, nous pensons qu’une
volonté efficace de recherche de solution
politique doit passer par l’acceptation
d’une analyse objective des causes et
des conséquences d’un conflit dans
lesquels et nous le répétons encore une
fois volontiers, les Corses n’en sont pas
les instigateurs, mais les victimes.
L’origine de ce conflit se trouve dans le
comportement colonial de L’Etat et sa
volonté d’assimilation au détriment de nos
droits nationaux.
C’est l’intransigeance jacobine
qui pérennise ce conflit, et qui conduit
encore aujourd’hui de nombreux
patriotes sur le chemin de la résistance
pour s’opposer à l’entreprise de
destruction de notre peuple. C’est eux et
eux seuls qui en payent le prix fort par le
sacrifice de leur liberté et les détestables
conditions de détention qu’on leurs
infligent.
C’est parce que nous savons que le
renoncement ne sera jamais d’actualité
chez les générations de Corses que la
disparition programmée de leur peuple ne
laisse pas indifférents, au point de vouloir
inexorablement relever le défi de rendre
justice à ce même peuple.
C’est Parce que nous sommes convaincus
qu’il y a la place pour un dialogue prenant
en compte la réalité et les positions du
mouvement national dans sa globalité
parce qu’il est depuis toujours un des
acteurs incontournables de la vie politique
de notre pays.
Et c’est Parce que nous croyons
fortement en sa capacité à contribuer
à élaborer une réelle et concrète
sortie de crise, qui doit permettre la
résolution de points cruciaux soulignés et
avalisés par la grande majorité de notre
peuple, comme autant d’atteintes aux
droits des Corses et en particulier aux
droits des prisonniers politiques que les
instances gouvernementale ne peuvent
pas continuer à esquiver ces douloureuses
situations.
Nous réaffirmons que le traitement de la
question du rapprochement de la totalité
des prisonniers politiques corses est
une question de respect des lois et que
nul ne peut s’ériger au dessus de la loi
à commencer par ceux qui en sont les
garants.
Pour notre part nous restons fidèle aux
dernières propositions que nous avons
avancées auprès des quatre députés de
la Corse il y a un mois.
Un certain nombre de pistes ont été
évoqué au cours de cette réunion, pistes
et intentions dont aujourd’hui nous
sommes sans nouvelles.
Nous espérons qu’il n’y a dans cet état
de fait, aucune relation de cause à effet
avec les déclarations du président de la
république, qui sur ce sujet à finalement,
plus montré sa volonté d’enterrer le
problème. Dans les semaines qui viennent
d’importants voyages ministériels vont se
dérouler sur notre île.
Gageons que l’appareil d’état qui de
manière implicite par la voix de son
Président ou de manière formelle par
celle du procureur de Bastia qui ont
d’une certaine manière rejoint la très
grande majorité de la société civile et le
monde politique Corse, en reconnaissant
unanimement le bien fondé de
la revendication du rapprochement des
prisonniers politiques seront mesurer la
portée de leur décision sur ce sujet.
Gageons que les différents ministres
concernés et compétents en la
matière saisissent l’occasion de
répondre favorablement à cette
insupportable attente et trouve le
nécessaire courage politique d’en
annoncer sa prise en compte et son
application immédiate pour tous.
Pour l’heure encore une fois les
nationalistes corses à travers deux de
leurs militants sont victimes d’opérations
policières et judiciaires dont les
motivations relèvent essentiellement de
la volonté de donner corps à une vision
politique étriquée, réduite au seul bruit
des bottes et au passage en force de
l’ordre colonial, n’hésitant pas une fois de
plus à incarcérés des jeunes corses sur
des dossiers vides.
Nous n’acceptons pas qu’Olivier Peretti
et Alain Donadio soient les boucs
émissaires des insuffisances politiques
gouvernementales au regard de la Corse.
Nous leurs apportons notre solidarité
indéfectible, nous assurons leur familles
de notre fraternel soutien et nous
demandons leur libération dans les plus
bref délais.
Comité Anti Répression