Lors d’une conférence de presse le 22 février 2007 à Aiacciu les nationalistes ont
dénoncé le diktat préfectoral imposant à son administration la délivrance d’un permis
de construire.
L’affaire débute en 2006, un
Corse, nous le précisons
pour la bonne compréhension
de tous, achète un terrain sur la
commune de Coti-Chiavari. Ce terrain
était la propriété d’un Monsieur
de Peretti, de la famille d’Achille de
Peretti, qui fut le maire de Neuilly,
député, et Président de l’Assemblée
Nationale. Monsieur de Peretti était
un ami personnel de Jacques Chirac
et Charles Pasqua. On se souvient
que sur intervention de Jacques
Chirac auprès de son ami, Nicolas
Sarkozy prit la mairie de Neuilly, ce
qui fut le début de sa carrière politique.
Tout cela pour dire que nous
sommes entre amis de longue date.
Le propriétaire du terrain en question
dépose donc en mairie de Coti-
Chiavari, dont le premier magistrat
est Henri Antona, UMP et corse de
Paris, une demande de permis de
construire. Il va de soi qu’il reçoit
toutes les assurances concernant
l’obtention de ce papier que l’administration
française ne saurait refuser.
Nous sommes entre amis de
Chirac et Sarkozy que diable ! Or
ladite administration française instruit
le dossier et fait son travail
comme il se doit dans un Etat de
droit ou supposé tel. Elle va relever
plusieurs motifs de refus de permis
de construire.
Le terrain se trouve sur la rive sud
du golfe d’Ajaccio site classé.
L’architecte des bâtiments de
France va émettre un avis défavorable
dûment motivé : « Le terrain
est situé sur des versants boisés
ponctués d’émergences rocheuses
qui forment avec l’isula Piana une
unité paysagère remarquable située
dans le site inscrit rive sud du golfe
d’Ajaccio. « En conséquence,
toute construction en ces lieux est
de nature à porter atteinte au caractère
naturel et à la qualité paysagère
du site inscrit ». Sur cet avis sans
appel, la direction de l’équipement
rend évidemment un avis défavorable
et n’accorde pas de permis de
construire. Nous sommes le 18
décembre 2006.
Dès le 24 janvier 2007, quelle
rapidité ! la préfecture de Corse
réagit en ces termes à l’adresse de
la DDE : « je vous demande de
bien vouloir prendre les décisions
utiles afin qu’un nouvel arrêté autorisant
le permis de construire susvisé
soit délivré ».
C’est le secrétaire général de la
préfecture de région, Monsieur
Armand Cochet, qui signe pour le
préfet Monsieur Delpuech, cette lettre
sibylline et sans appel. Donc,
malgré un avis défavorable de la
DDE, pleinement justifié, malgré le
fait que la construction ne soit pas
en continuité d’agglomération, malgré
donc le non-respect flagrant de
la loi française, le permis de
construire est accordé le 7 février
2007.
Cela appelle plusieurs commentaires,
malgré un code de l’urbanisme
tatillon, malgré une administration
jalouse de ses prérogatives, il est
possible en quelques semaines
d’obtenir un permis de construire en
totale illégalité, pour peu que l’on
soit dans le cercle des bien pensants.
Ceci augure très mal du respect
futur des PLU et autres documents
d’urbanisme, surtout quand
on connaît la volonté affichée par
Camille de Rocca Serra de « désanctuariser
» le littoral corse. Il est
probable que pour cet exemple
porté à la connaissance du public il
existe de dizaines d’autres que nous
ne connaissons pas, il n’y a donc
pas lieu de s’étonner de voir les
résidences secondaires pousser
comme des champignons au mépris
de toutes les lois de l’urbanisme.
Cette manoeuvre lamentable qui ne
glorifie pas la république française,
et qui montre que depuis que
Monsieur de la Fontaine a écrit « le
loup et l’agneau », peu de choses
ont changé dans la républicomonarchie
de droit divin française.
Plus que jamais, la démarche
Resistenza et l’union stratégique du
mouvement national est impérative
pour s’opposer aux appétits de certains,
fussent-ils corses. Oui, l’Etat
français ne respecte pas ses propres
lois, nos militants le savent bien qui
subissent la pression de la police
politique, nos prisonniers le savent
bien qui restent en détention provisoire
des années et qui une fois
condamnés ne peuvent purger leur
peine sur leur terre près de leurs
familles.
Pour l’heure, l’Etat français applique
la loi du plus fort, mais un souffle
nouveau s’est levé et nous sommes
déjà des milliers à crier
REZISTENZA.
Chilimentu Paoli