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Articulu di u numaru 24, aprile di u 2007


Protection du littoral

L’Etat français hors-la-loi





Lors d’une conférence de presse le 22 février 2007 à Aiacciu les nationalistes ont dénoncé le diktat préfectoral imposant à son administration la délivrance d’un permis de construire.

L’affaire débute en 2006, un Corse, nous le précisons pour la bonne compréhension de tous, achète un terrain sur la commune de Coti-Chiavari. Ce terrain était la propriété d’un Monsieur de Peretti, de la famille d’Achille de Peretti, qui fut le maire de Neuilly, député, et Président de l’Assemblée Nationale. Monsieur de Peretti était un ami personnel de Jacques Chirac et Charles Pasqua. On se souvient que sur intervention de Jacques Chirac auprès de son ami, Nicolas Sarkozy prit la mairie de Neuilly, ce qui fut le début de sa carrière politique.

Tout cela pour dire que nous sommes entre amis de longue date. Le propriétaire du terrain en question dépose donc en mairie de Coti- Chiavari, dont le premier magistrat est Henri Antona, UMP et corse de Paris, une demande de permis de construire. Il va de soi qu’il reçoit toutes les assurances concernant l’obtention de ce papier que l’administration française ne saurait refuser.

Nous sommes entre amis de Chirac et Sarkozy que diable ! Or ladite administration française instruit le dossier et fait son travail comme il se doit dans un Etat de droit ou supposé tel. Elle va relever plusieurs motifs de refus de permis de construire.

Le terrain se trouve sur la rive sud du golfe d’Ajaccio site classé. L’architecte des bâtiments de France va émettre un avis défavorable dûment motivé : « Le terrain est situé sur des versants boisés ponctués d’émergences rocheuses qui forment avec l’isula Piana une unité paysagère remarquable située dans le site inscrit rive sud du golfe d’Ajaccio. « En conséquence, toute construction en ces lieux est de nature à porter atteinte au caractère naturel et à la qualité paysagère du site inscrit ». Sur cet avis sans appel, la direction de l’équipement rend évidemment un avis défavorable et n’accorde pas de permis de construire. Nous sommes le 18 décembre 2006.

Dès le 24 janvier 2007, quelle rapidité ! la préfecture de Corse réagit en ces termes à l’adresse de la DDE : « je vous demande de bien vouloir prendre les décisions utiles afin qu’un nouvel arrêté autorisant le permis de construire susvisé soit délivré ».

C’est le secrétaire général de la préfecture de région, Monsieur Armand Cochet, qui signe pour le préfet Monsieur Delpuech, cette lettre sibylline et sans appel. Donc, malgré un avis défavorable de la DDE, pleinement justifié, malgré le fait que la construction ne soit pas en continuité d’agglomération, malgré donc le non-respect flagrant de la loi française, le permis de construire est accordé le 7 février 2007.

Cela appelle plusieurs commentaires, malgré un code de l’urbanisme tatillon, malgré une administration jalouse de ses prérogatives, il est possible en quelques semaines d’obtenir un permis de construire en totale illégalité, pour peu que l’on soit dans le cercle des bien pensants.

Ceci augure très mal du respect futur des PLU et autres documents d’urbanisme, surtout quand on connaît la volonté affichée par Camille de Rocca Serra de « désanctuariser » le littoral corse. Il est probable que pour cet exemple porté à la connaissance du public il existe de dizaines d’autres que nous ne connaissons pas, il n’y a donc pas lieu de s’étonner de voir les résidences secondaires pousser comme des champignons au mépris de toutes les lois de l’urbanisme.

Cette manoeuvre lamentable qui ne glorifie pas la république française, et qui montre que depuis que Monsieur de la Fontaine a écrit « le loup et l’agneau », peu de choses ont changé dans la républicomonarchie de droit divin française.

Plus que jamais, la démarche Resistenza et l’union stratégique du mouvement national est impérative pour s’opposer aux appétits de certains, fussent-ils corses. Oui, l’Etat français ne respecte pas ses propres lois, nos militants le savent bien qui subissent la pression de la police politique, nos prisonniers le savent bien qui restent en détention provisoire des années et qui une fois condamnés ne peuvent purger leur peine sur leur terre près de leurs familles.

Pour l’heure, l’Etat français applique la loi du plus fort, mais un souffle nouveau s’est levé et nous sommes déjà des milliers à crier REZISTENZA.

Chilimentu Paoli

 

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