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Articulu di u numaru 27, lugliu di u 2007


Le littoral à la dérive



Le 26 mai 2007, la section Fium'Orbu, Pieve di a Serra, Cervioni du Rinnovu, s'associait au CoProLit (comité de protection du littoral), afin de tirer la sonnette d'alarme quant à un mal qui ronge nôtre île tant aux sens propre que figuré.



Depuis de nombreuses années, le littoral corse subit les méfaits de l'érosion sans que quiconque ne s'en préoccupe. La situation a aujourd'hui atteint un niveau désastreux voire dangereux. Si le ressac est une cause d'érosion certaine, elle n'en est pas pour autant la plus lourde, et il est aisé de voir que l'Homme n'est pas étranger à tous ces dérèglements. L'anthropisation est effectivement un phénomène qui occasionne sur les rivages de graves dégâts à très court terme : prélèvement de sédiments dans le lit des rivières les empêchant ainsi de venir garnir les côtes, constructions côtières portuaires basées sur des études préalables douteuses…

La question est donc de savoir aujourd'hui ce que font les pouvoirs publics afin d'enrayer cette machine ? Force est de constater qu'ils ne font rien. La preuve en est que la Corse est la seule région littorale de France n'étant pas dotée d'une ligne budgétaire pour l'entretien et la valorisation de ses côtes. Autant dire que nous sommes ici dans une situation des plus paradoxales : alors que les élus s'accordent à dire que le développement de l'île ira de paire avec le développement de son activité touristique, ils le tuent dans l'oeuf par leur laisser-aller et leur attitude fataliste : "Que voulez vous faire contre la nature ?...". A Aleria ce sont cent mètres de plage qui ont été rongés en près de dix ans, et il ne s'agit pas là d'un cas isolé. Lorsque l'on sait que sur les 12 km de plage que possède la commune d'Aleria, 1 km seulement est exploitable publiquement (les 11 autres étant gelés à hauteur de 7 par le centre pénitentiaire de Casabianda, et 4 par le domaine Marestagno), que restera-t-il alors si on laisse l'amputation se poursuivre ? Il s'agit donc d'une expropriation pure et simple sans dédommagement.

Mais attention, car il y a des vies en jeu. Des commerces risquent de disparaître, mettant ainsi des gens au chômage et d'autres sur la paille.

Or il existe aujourd'hui des techniques éprouvées afin de reconstruire les plages et retrouver ainsi les espaces perdus. Ces solutions sont utilisées dans le monde entier et, comble de l'ironie, c'est une entreprise française qui en détient les brevets : la société Stabiplage. On sait également que les procédés de cette société conviendraient entièrement aux problèmes du littoral Corse, une étude ayant déjà été réalisée sur demande du CoProLit.

Au vu et au su de tous ces éléments, il est indéniable que toute la responsabilité incombe aux élus quant à la résolution d'un problème qui aurait n'être aujourd'hui qu'un lointain souvenir s'il avait été traité logiquement en temps et en heure.

Lisandru Giamarchi

 

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