Le 26 mai 2007, la section Fium'Orbu,
Pieve di a Serra, Cervioni du
Rinnovu, s'associait au CoProLit
(comité de protection du littoral),
afin de tirer la sonnette d'alarme
quant à un mal qui ronge nôtre île tant aux
sens propre que figuré.

Depuis de nombreuses années, le littoral corse subit les
méfaits de l'érosion sans que quiconque ne s'en
préoccupe. La situation a aujourd'hui atteint un niveau
désastreux voire dangereux. Si le ressac est une cause
d'érosion certaine, elle n'en est pas pour autant la plus
lourde, et il est aisé de voir que l'Homme n'est pas
étranger à tous ces dérèglements. L'anthropisation est
effectivement un phénomène qui occasionne sur les
rivages de graves dégâts à très court terme :
prélèvement de sédiments dans le lit des rivières les
empêchant ainsi de venir garnir les côtes, constructions
côtières portuaires basées sur des études préalables
douteuses…
La question est donc de savoir aujourd'hui ce que font les
pouvoirs publics afin d'enrayer cette machine ? Force est
de constater qu'ils ne font rien. La preuve en est que la
Corse est la seule région littorale de France n'étant pas
dotée d'une ligne budgétaire pour l'entretien et la valorisation
de ses côtes. Autant dire que nous sommes ici
dans une situation des plus paradoxales : alors que les
élus s'accordent à dire que le développement de l'île ira
de paire avec le développement de son activité
touristique, ils le tuent dans l'oeuf par leur laisser-aller
et leur attitude fataliste : "Que voulez vous faire contre
la nature ?...". A Aleria ce sont cent mètres de plage qui
ont été rongés en près de dix ans, et il ne s'agit pas là
d'un cas isolé. Lorsque l'on sait que sur les 12 km de plage
que possède la commune d'Aleria, 1 km seulement est
exploitable publiquement (les 11 autres étant gelés à
hauteur de 7 par le centre pénitentiaire de Casabianda,
et 4 par le domaine Marestagno), que restera-t-il alors si
on laisse l'amputation se poursuivre ? Il s'agit donc d'une
expropriation pure et simple sans dédommagement.
Mais attention, car il y a des vies en jeu. Des commerces
risquent de disparaître, mettant ainsi des gens au
chômage et d'autres sur la paille.
Or il existe aujourd'hui des techniques éprouvées afin de
reconstruire les plages et retrouver ainsi les espaces perdus.
Ces solutions sont utilisées dans le monde entier et,
comble de l'ironie, c'est une entreprise française qui en
détient les brevets : la société Stabiplage. On sait également
que les procédés de cette société conviendraient
entièrement aux problèmes du littoral Corse, une étude
ayant déjà été réalisée sur demande du CoProLit.
Au vu et au su de tous ces éléments, il est indéniable que
toute la responsabilité incombe aux élus quant à la résolution
d'un problème qui aurait n'être aujourd'hui qu'un
lointain souvenir s'il avait été traité logiquement en
temps et en heure.
Lisandru Giamarchi