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Articulu di u numaru 19, nuvembre di u 2006


La lutte pour une solution politique
au problème national corse


Le FLNC-UC a donné dans le courant du mois d’octobre, quelque part en Corse, une interview au mensuel Corsica. Quatre responsables de l’Organisation politico-militaire, entourés d’une vingtaine de militants armés, ont répondu aux questions de Gilles Millet sur la situation politique actuelle, les perspectives de lutte dans les semaines et mois à venir, la « concurrence » sur le terrain de l’action clandestine, la lisibilité des attentats ou la question de la spéculation foncière. Ce qui permet au FLNC de rappeler ses orientations politiques, le sens de son action, et de répondre sans ambages à toutes ces demandes. U Ribombu publie les principaux extraits de cette communication..


La situation politique actuelle


Il y a deux ans, après l’échec référendaire de 2003, le FLNC prenait l’initiative politique majeure, sans aucune contre partie, de créer les conditions d’une solution politique, porteuse d’une paix durable en Corse, par une suspension de ses actions clandestines. Cette démarche est restée lettre morte à Paris.

Actuellement figée et bloquée, la situation de crise est principalement liée pour le FLNC à « l’incapacité du gouvernement français et de ses alliés clanistes à prendre en considération, à un moment de notre lutte, l’initiative qui était la nôtre (...) ».

Cela « démontre une fois de plus que les tenants d’une véritable solution politique ne sont que d’un côté » ; Et que « ce qui est confus et encore plus dangereux, c’est la volonté réaffirmée, brutale et autoritaire (…) de balayer d’un revers de main (…) les possibilités exploratrices et les appels lancés dans ce sens pour une sortie de crise.

La Corse ne peut osciller, selon les aléas électoraux des présidentielles françaises successives, et alterner entre répression policière et judiciaire, et timide avancée institutionnelle.

La question corse est une question exclusivement politique, et elle doit être actée comme telle au plus haut niveau de l’Etat ».


Partant de ce constat, Le FLNC remarque que selon « une constante de l’histoire coloniale (…) la France ne transige que sous les rapports de force » , ce qui l’a « amené à redéployer » ses « unités de combat » et que son « activité politico-militaire se poursuivra tant que l’Etat français n’optera pas pour une réelle solution politique ».


La « concurrence » du 22 octobre

A la question de l’existence depuis 2002 d’une Organisation clandestine dite FLNC « du 22 octobre », les responsables de l’UC déclarent : « Nous répondons aux exigences d’une lutte stratégique, organisée et structurée. Notre réflexion dépend de l’analyse que nous avons du système. Nos actions constituent une réponse à l’agression de type colonial que subit notre peuple et tiennent compte de la conscience politique et collective de ce dernier ». Sur les différenciations à l’origine des deux Organisations, le Front précise qu’il reste fidèle « aux principes fondamentaux qui sont à l’origine de la constitution de notre Organisation en 1976 et à la philosophie politique qui a matérialisé, en 1999, la démarche stratégique de l’Union des Combattants.

Cela précisé, nous n’avons aucunement la prétention de régir, ni d’occuper de manière hégémonique un terrain de lutte qui a déjà connu et qui connaîtra probablement, de façon éphémère ou pas, d’autres sigles que le nôtre. L’Union des Combattants est un repère philosophique et politique incontournable, parfaitement lisible et comprise par les différentes couches de notre peuple ».



L’action clandestine et la lisibilité des attentats

Pour le FLNC : « nos actions politico-militaires, parce qu’elles découlent d’une conception organisée et structurée de notre mouvement, ne peuvent être assimilées à de quelconques activités crapuleuses. C’est le propre de tout système propagandiste colonial, à travers ses différents et multiples relais, particulièrement en matière de communication, d’asséner le contraire.

Nos actions sont parfaitement comprises par notre peuple. En témoigne directement votre récent sondage sur le littoral et l’approbation majoritaire résultant de la question sur les attentats et leur influence sur la bétonisation. (NDLR : dans le Numéro 85 d’octobre 06 du mensuel Corsica, un sondage indiquait que 55% des Corses considéraient que les attentats avaient empêché le bétonnage des côtes insulaires).

A cet égard, la ridicule gesticulation d’un préfet de passage témoigne, chez les sujets et tenants du système français en place, de la crainte de cette compréhension collective et lisible de la résistance armée ».


En fin d’interview, Corsica revient sur la question de la spéculation immobilière et foncière. Il demande pourquoi les zones les plus touchées par les dépossessions, comme l’Extrême- Sud, « seraient » les moins visées par les attentats.

A cela, il est précisé par le Front que « nous frappons militairement dans la région dite de l’Extrême-Sud, comme nous frappons dans toutes les pieve de Corse. (…) qu’un certain nombre de nos actions dans la région susnommée sont volontairement dissimulées par les services de police et la presse instrumentalisée (…) que dans une cité comme celle de Porti Vechju, soumise à une constante pression immobilière et affairiste véreuse et ce, sous la férule de Camille de Rocca Serra, actuel président de la Collectivité territoriale de Corse, les nationalistes unis constituent la première force d’opposition au clan et à la dépossession collective ».


Le Mouvement National public, l’union et la clandestinité

Confronté à l’idée fausse d’une perte de vitesse politique des mouvements nationalistes publics, le FLNC ne croit pas « que le mouvement national soit en perte de vitesse. Sa philosophie, ses propositions sont largement partagées par toutes les couches sociales de notre peuple. Son enracinement n’est même plus à contester : il demeure la principale alternative à toute sortie de crise ».

En ce qui concerne l’union des nationalistes, celle-ci « est positive et constructive. C’est un souci permanent chez nous. Du traité du Fiumorbu à aujourd’hui, nous n’avons eu de cesse d’oeuvrer dans ce sens. L’union est une constante que l’évolution politique de la situation nous amène à évaluer régulièrement. Plus que l’union, c’est l’unité stratégique et patriotique qui nous incombe le plus, et que nous lançons à la réflexion de chacune et chacun ».

Pour ce qui est du rôle des élus nationalistes à l’Assemblée de Corse, issus de la coalition Unione Naziunale, qui a totalisé 25000 voix au 2e tour des Territoriales en 2004, « la manipulation de la communication, la désinformation systématique font que très souvent les initiatives et propositions politiques des élus nationalistes (…) sont volontairement étouffées pour tenter de relativiser la réalité et la portée de leurs actions.

Toutefois, la nature autoritaire et en même temps soumise, de l’Exécutif territorial en place nécessite, selon nous, une opposition plus offensive beaucoup plus grande et parfaitement lisible, qui doit dépasser le cadre de cette collectivité, aujourd’hui totalement inféodée à Paris. Elle nécessite tout autant une stratégie de rupture qui ne doit laisser place à de quelconques contorsions politiciennes.

Cet Exécutif là compte tenu de la nature de ses imbrications véreuses, est à combattre et à abattre ».


En ce qui concerne les priorités stratégiques de l’ensemble des nationalistes, elles doivent converger « sur un droit international qui est le droit pour chaque peuple à décider librement de son avenir. C’est-à-dire, pour notre peuple, à un moment donné de son évolution, à vivre l’exercice du droit à l’autodétermination et de choisir le statut le plus adéquat pour garantir l’émergence en tant que Nation de sa communauté historique et de destin. Cela sous-tend que notre combat repose sur des critères de principe comme la terre, le foncier, le patrimoine, la langue, la culture, le développement économique et social et surtout le peuple. Evidemment, cela découle d’une projection stratégique sur laquelle peuvent et doivent se retrouver toutes les forces patriotiques (…) devra inévitablement se nourrir des rapports de force que peut et doit susciter le mouvement national uni face à l’Etat français, et des évolutions statutaires graduelles conséquentes ».

Après avoir évoqué ce droit imprescriptible à l’autodétermination, inscrit dans la charte des Nations Unis, le Front réaffirme qu’en ce qui le concerne il reste fidèle au fil historique de son combat, à savoir l’émergence en final « d’un Etat Corse indépendant ». Objectif qui, notamment en Europe, se matérialise continuellement « sur les multiples prises de conscience des peuples et Nations sans Etat (…) leur quête d’émancipation et de souveraineté démontre que le choix de l’indépendance est plus que jamais d’actualité (Monténégro, Irlande du Nord, Pays Basques) ».


L’avenir

« L’ancrage de notre Organisation, le but recherché par les forces vives (…) d’une unité plus conséquente, font que, malgré la répression, malgré les coups assénés, l’espoir est permis de voir aboutir un processus de sortie de crise. La Corse ne peut être à contre-courant de ce qui se passe en Europe (…) ne peut indéfiniment vivre prise en étau par le parti de l’anti corse, avec l’affairiste Camille de Rocca Serra pour la droite et le national réactionnaire Emile Zuccarelli pour la gauche.

L’avenir et l’espoir appartiennent au mouvement patriotique et à tous les Corses soucieux de l’intérêt collectif, dès lors qu’à l’instant présent ils puisent dans ses capacités unificatrices la force stratégique adéquate pour inverser le constat alarmant d’une situation conflictuelle, et construire la résistance nécessaire pour ériger la Corse en actrice souveraine de son destin ».

Batti Lucciardi

 

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