Grâce à la solidarité : échec à la répression
Au cours d'une conférence de presse commune,
tenue à Bastia, Corsica Nazione
Indipendente et Ghjuventù Indipendentista
ont dénoncé l'acharnement judiciaire dont
est victime Michel Giraschi, responsable de la
GI et militant exemplaire de CNI à Porti
Vechju.
Condamné en février dernier à 4 mois de prison avec sursis,
18 mois de privation de droits civiques et 600€
d'amende, pour sa participation - au demeurant non avérée
- à des incidents survenus lors de la manifestation de
soutien à Jean-Guy Talamoni, en mars 2004, Michel
Giraschi a vu sa peine définitive être transformée le 23
mai dernier selon les termes suivants : 18 mois de privation
des droits civiques et une amende de 4800€. Soit
40€/jours durant 4 mois qui peuvent être commués en
120 jours de prison si le payement n'est pas effectué !
Parenu fole da veru…ma ghjè trista verità…!
Pour Corsica Nazione Indipendente et Ghjuventù
Indipendentista cette situation est intolérable, et résulte
de la volonté d'éliminer judiciairement des militants
publics. Comme l'ont signalé les deux mouvements, "
Micheli Giraschi est un militant public connu (…) membre
et élu du syndicat étudiant Ghjuventù Indipendentista
(…) membre de l'exécutif de Corsica Nazione
Indipendente (…) conducteur de la liste Corsica
Nazioni/Unità aux dernières municipales de la cité du sel
en 2000 (…) investi au sein de la démarche Unioni pà una
soluzioni pulitica è dritti naziunali dans le cadre des
élections législatives 2007 ".
Au-delà des faits reprochés, il a été rappelé que cette
peine a été prononcée alors qu'il y n'y a pas de preuves
matérielles pour étayer l'accusation de sa participation
supposée. A ce titre, " l'avocat général n'hésite pas à évoquer
les doutes quant à la certitude de cette participation
". Pourtant, Michel Giraschi est essentiellement
condamné non pas pour sa participation supposée par la
police mais au regard de sa défense lors du procès. En
effet, il avait, en février dernier, devant le tribunal de
Bastia, refusé de s'expliquer sur des faits auxquels il était
étranger eu égard à son engagement politique et militant.
Une position courageuse qui vise à ne pas donner de
légitimité à une pseudo accusation sans fondements et
preuves.
Ainsi, la condamnation du 23 mai dernier s'apparente à
une persécution, car " non contente de l'avoir exclu de la
possibilité de participer aux prochaines municipales de
Porti Vechju, l'institution judiciare, dans sa hargne, précipite
ses prérogatives interdisant à Micheli Giraschi, dès
le 9 juin, de participer aux élections législatives de sa
circonscription en tant qu'assesseur, et donc de voter
pour la démarche politique dont il est adhérent. Qui plus
est, la sommation affecte également en terme de temps
le montant de son amende, à régler sous quinze jours
sinon à défaut, d'être incarcéré et sans possibilité d'étalement
du paiement de cette amende… "
Pour CNI et la GI, cela s'appelle un acharnement politicojudiciare
autoritaire, arbitraire et anti-démocratique
qu'il était nécessaire de dénoncer car une nouvelle fois,
l'autorité judiciare a accompagné l'autorité politique
dans sa volonté de neutraliser le mouvement national.
Heureusement, face à l'arbitraire, la solidarité des
Corses envers les siens s'est de nouveau manifesté de
manière éclatante. En effet, le samedi 16 juin, s'est
tenue une soirée de soutien à Michel Giraschi, à
Palumbaghja, sur le thème " Pà ch'iddu ùn andessi micca
in prighjò ". Une centaine de personne a permis de réaffirmer
que la solidarité n'est une nouvelle fois pas un
vain mot en Corse. Cette soirée a été animée au comptoir
par plusieurs chanteurs, dont certains issus du
groupe Tarranu, et la somme demandée par la justice a
été quasiment réunie.
Une mobilisation salutaire qui permet à un patriote de
rester libre, auprès de sa famille, de ses amis et de son
peuple.
Batti Lucciardi