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Articulu di u numaru 24, aprile di u 2007


Eram mai de de 20 000 personas !





Le 17 mars, dans les rues de Beziers, à l’appel du collectif « Anem ! per la lenga occitana, oc ! », plus de 20 000 personnes ont manifestées pour rappeler la réalité d’une langue et d’une culture. Une langue et une culture mise à mal par un centralisme français débridé, anachronique avec la construction européenne et en totale inadéquation avec les droits universels que sont le droit à la différence et les droits de chaque peuple à choisir librement son destin.

Un environnement défavorable


Le collectif qui comprend les organisations suivantes, Institut d’Estudis Occitans, le Felibrige (mouvement fondé en 1854 par Frédéric Mistral pour défendre la langue d’oc), la Fédération des Enseignants de Langue et Culture d’Oc de l’Education nationale), les calandreta (écoles occitanes associatives laïques), l’association de parents d’élèves Oc-Bi et enfin la Conselh de la Joventut d’Oc (plateforme de jeunesse d’Oc), dénonce une situation alarmante : « la langue occitane est particulièrement menacée par l’absence de politique positive pour sa transmission ». Une situation qui, à l’échelle de la France centraliste n’est hélas pas nouvelle, et il suffit pour s’en convaincre d’analyser sous cet angle linguistique et culturel les territoires bretons, basques, alsaciens, catalans, savoyards, et corses.


Et la Charte ?

Le collectif énumère ainsi un certain nombre de mesures susceptibles selon lui de recréer « un environnement favorable à l’enseignement de la langue et dans la langue, à la création culturelle en occitan, à la présence de la langue dans les médias électroniques, audiovisuels et écrits, à son emploi dans la vie publique et sociale. » Des propositions pesées, adéquates mais qui se heurtent à l’indifférence et à l’hostilité des pouvoirs publics français qui récusent cette aspiration à vivre sa différence au nom d’une citoyenneté républicaine…

Quand Marine le Pen du Front National s’offusque de l’usage du breton en Bretagne, elle ne traduit pas seulement la position de son parti post – fasciste, elle reprend cet état d’esprit qui transcende les formations de droite et de gauche françaises pour qui la France est « une et indivisible » et pour laquelle il n’existe qu’une seule langue, le français… Et au moment de la construction européenne, ils sont nombreux à jeter aux orties, malgré des apparences bien trompeuses, cette charte européenne des langues minoritaires…


Le blocage constitutionnel

Nicolas Dupont-Aignan, candidat du sigle « Debout pour la République » (sic !) dénonce « l’encouragement aux langues minoritaires et régionales qui menace l’intégrité de la République ». L’UMP à travers Nicolas Sarkozy, peu ou prou, reprend une position similaire.

Celui qui prétend se lancer dans une « large et profonde révision de la constitution » se fait très frileux dés lors qu’il aborde la question de la ratification de la Charte. A Caen, le 9 mars dans son discours il précise qu’il ne sera pas favorable à la charte européenne des langues régionales, car il ne veut pas que demain, « un juge européen ayant une expérience historique du problème des minorités différente de la nôtre puisse décider qu’une langue régionale doit être considérée comme langue de la République au même titre que le français »… Des oppositions philosophiques de fond, outrancièrement jacobines et qui s’appuient surtout sur le verrou constitutionnel français qui condamne à l’avance toute possibilité d’application de cette charte européenne…


Les masques de la tromperie…

Ainsi quand Ségolène Royal s’engage par courrier en réponse au questionnaire de l’association bretonne d’Ar Falz au nom du « respect des identités régionales » à parapher la charte, elle laisse toutefois un trouble sur la portée de son geste. Même François Bayrou, locuteur occitan tient plus ou moins les mêmes propos.

Jacques Chirac, il y a quelques années affichait sa sympathie pour cette charte, il n’a rien fait pour aller dans son sens. Et la situation corse, avec des votes répétés sur la reconnaissance du peuple corse, unanimement par une assemblée territoriale s’est toujours opposée au refus constitutionnel français…


Au-delà d’une manifestation…

La manifestation populaire de Beziers rappelle au-delà des impasses prévisibles inhérentes au centralisme français, la réalité de situations des peuples soumis à la dangerosité d’une uniformisation politique pensée à Paris. Car à travers les langues et les cultures, ce sont bel et bien les droits des peuples qui sont niés parce que remettant en cause un ordre et un système, un espace conquis et des frontières établies.

Ces manifestations, ces luttes, comme celles du peuple occitan marquent toutefois la vitalité d’expressions collectives identitaires qui rappellent qu’au-delà et par-dessus la France, il existe de toutes autres réalités que des combats porteront un jour à reconnaissance, au nom du droit international à la langue, à la culture, à la différence et surtout au nom du droit à choisir librement son destin.

Ulivieru Sauli

 

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