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Articulu di u numaru 25, maghju di u 2007


Mobilisation populaire in Aiacciu





Le samedi 21 avril, à la veille du 1er tour de l’élection présidentielle française, les nationalistes sont, une nouvelle fois, descendus massivement dans les rues pour dénoncer l’actuelle politique coloniale de l’Etat français en Corse, et pour apporter un soutien fraternel aux prisonniers politiques. Cette manifestation organisée par le Comité Anti Répression en collaboration avec la coordination du Fium’Orbu, dans des conditions difficiles en raison de l’actualité répressive, a connu un grand succès populaire.

En effet, près de 5000 personnes se sont déplacées pour lancer un message fort à l’Etat, en lui rappelant que le peuple corse n’a pas vocation à disparaître sous les fourches de la répression et de la normalisation, et qu’il a des droits politiques à faire valoir. Cette mobilisation a également témoigné d’une solidarité sans faille aux prisonniers politiques et à leur famille. Les prisonniers ne sont pas des soldats perdus, des marginaux coupés des réalités. Ce sont, au contraire, la force consciente de ce peuple, et, en ce jour, nos compagnons étaient à nos côtés : dans les esprits et dans les coeurs.

Le nombre, la force, la détermination de la manifestation ont fait impression, et ce d’autant plus que la ville d’Aiacciu avait été littéralement quadrillée par des détachements de CRS et autres gardes mobiles. Chose rare, une grille anti-émeute, de 2 mètres de hauteur, a été dressée au niveau de la Poste, afin d’empêcher les gens d’avancer en direction de la Préfecture…un triste spectacle digne des pires régimes fascistes d’Amérique latine des années 70. De plus, les accès à la ville étaient également soumis à des contrôles de gendarmerie, avec ordre de fouiller sans distinction toutes les voitures et de prendre les identités – nom et prénom – de toutes les personnes qui étaient à l’intérieur ! Même les gens qui se promenaient ce jour-là ont le plaisir d’avoir été fichés, ce qui témoigne de la dérive sécuritaire du Pouvoir en Corse et une d’atteinte élémentaire aux libertés individuelles et aux droits de chaque citoyen. Par ailleurs, il est à noter que les argousins n’ont pas attendu la fin des discours pour actionner leur gaz lacrymogène pour disloquer, à leur manière, la manifestation. De nombreux passants, souvent accompagnés de jeunes enfants, ont pu eux aussi apprécier les méthodes particulières de la police française…

De plus, il est désolant de constater, mais c’est malheureusement une habitude, que certains organes de presse, notamment corses, prennent dorénavant la fâcheuse habitude de chiffrer la participation en fonction des renseignements communiqués par la police et non pas par rapport à ce qu’ils voient. C’est ainsi que l’on a pu entendre que ce rassemblement avait réuni environ « 400 personnes », après avoir même été qualifié « d’une poignée » à son commencement, sur les ondes régionales de Radio France et France Télévision. Certes il a été précisé (pour éventuellement se couvrir ?) que ces chiffres sont ceux donnés par la police. Mais, en fin de compte, ce sont aussi les seuls qui ont été dits et qui ont fait, par conséquent, foi auprès des téléspectateurs et des auditeurs. Heureusement que la photo de « une » publiée le lendemain par Corse-Matin balayait tous ces comptes d’apothicaires ratés, et permettait de restituer la réalité du nombre dans les rues d’Aiacciu.

Au plan politique, ce qu’il faut néanmoins retenir de cette journée c’est avant tout la capacité de mobilisation des nationalistes pour soutenir les prisonniers politiques et leur volonté de refuser le sombre avenir que réserve l’Etat français au peuple corse. Cette réponse est un fait politique d’importance, une riposte cinglante, et n’en déplaise aux tenants du système les nationalistes sont toujours là et ils représentent encore et toujours la seule force crédible et progressiste. Le problème corse reste une question hautement politique, et d’actualité, pour une France qui s’apprête à élire son nouveau chef d’Etat. A méditer, à Paris comme à Aiacciu.

Battì Lucciardi

 

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