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Articulu di u numaru 21, ghjennaghju di u 2007


In mimoria à Marcu Maria



L’associu “Marcu Maria” propose d’honorer la mémoire des morts et déportés suite à la répression française des années 1774 et 1775 in Niolu. L’objectif immédiat de cette association est d’élever une stèle à la mémoire du jeune patriote, Marcu Maria Albertini, pendu le 24 Juin 1774, à un châtaignier de Corscia, à l’aube de la Saint Jean, alors qu’il n’avait que 15 ans disent la vox populi, les voceri et lamenti. Selon d’autres sources, il aurait eu 17 ans. De toutes les manières, c’est un mineur qui a été pendu. Longtemps ces périodes de répression féroce ont été tenues cachées, “Acqua in bocca” disaient nos anciens quand ils étaient questionnés sur ces faits.

“S’obeisce à chì cumanda” était la formule qui concluait les rares correspondances, à leur famille, des déportés de Toulon dont on connaît aujourd’hui le sinistre destin.

L’emprunte de cette époque explique, en partie, les faits lointains ou évènements proches qui ont secoué et secouent encore notre île. Certaines souffrances actuelles, certains évènements proches trouvent probablement, leur origine, plongent leurs racines, dans l’injustice de ce passé proche.

Le voile de l’oubli semblait devoir recouvrir cette page d’histoire, notre Histoire. Aujourd’hui, le temps fait que ce voile peut et se doit d’être levé.

Aujourd’hui, notre conscience collective en fait une exigence. Il s’agit d’un devoir imprescriptible de mémoire et du respect du à nos ancêtres. Le non-dit provoque des troubles graves. Pour les responsables de l’association Marcu Maria, lever le non-dit permet de trouver la sérénité et la paix intérieure.

Lever les non-dits permet d’ouvrir et d’imposer le dialogue. Sapendu qual’elli sò è di quale elli ne sò, i populi si ponu apre à l’avvene, et oeuvrer collectivement et à égalité à l’histoire universelle. La vérité et notamment la vérité historique ne peut être que porteuse de paix. Oeuvrer à cela est l’objectif de l’association Marcu Maria.

Ce monument érigé à la mémoire d’un jeune patriote niulincu pourrait devenir le symbole de la jeunesse victime en Corse, comme ailleurs, de toutes les répressions, de toutes les injustices. A travers Marcu Maria c’est à notre peuple, à nos anciens et à tous les Gavroche de l’humanité que les responsables de l’association proposent de rendre hommage.

A travers Marcu Maria, fils de notre terre, c’est au respect de la jeunesse et à l’espoir de liberté qu’elle porte qu’ils appelent. Pour la concrétisation de ce projet de stèle l’association s’adresse aux Corses :

“Notre projet, une placette sur laquelle se trouvera un’aghja au centre de laquelle germe et grandit une graine, corde de pendu à l’envers, en bronze, symbole de vie montant vers la lumière. Un bas relief en albâtre donnera l’image d’un visage jeune apaisé et souriant, tourné vers l’avenir. Les baroni de l’aghja, en cercle non fermé, sorte de granitula, représenteront l’ensemble des déportés, onze autres immortaliseront les pendus privés, en outre, de sépulture durant quarante jours, dont celui de Marcu Maria Albertini en granit blanc.”

Les travaux pour la réalisation de cet espace ont déjà commencé. Il va de soit qu’à la fin de ces travaux la société corse éprise de liberté sera conviée à l’inauguration.

Les responsables de l’association Marcu Maria appellent tous les démocrates soucieux d’antirévisionnisme et épris de vérité historique à se joindre à eux.

Les dons, uniquement par chèque à l’ordre de Marcu Maria sont à faire parvenir à l’adresse suivante :

Associu Marcu Maria, 63 casa Catena, 20 224 Corscia (Téléphone 04 95 60 13 35 ou 06 22 49 06 67).

Di ghjugnu, in fratellanza, per accende è accatizzà u focu di a mimoria, per fà piccià u focu di San Ghjuvà...

Henri Joseph Alfonsi

 

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