L’associu “Marcu Maria” propose
d’honorer la mémoire des
morts et déportés suite à la
répression française des années 1774 et
1775 in Niolu. L’objectif immédiat de
cette association est d’élever une stèle à
la mémoire du jeune patriote, Marcu
Maria Albertini, pendu le 24 Juin 1774,
à un châtaignier de Corscia, à l’aube de
la Saint Jean, alors qu’il n’avait que 15
ans disent la vox populi, les voceri et
lamenti. Selon d’autres sources, il aurait
eu 17 ans. De toutes les manières, c’est
un mineur qui a été pendu. Longtemps
ces périodes de répression féroce ont été
tenues cachées, “Acqua in bocca”
disaient nos anciens quand ils étaient
questionnés sur ces faits.
“S’obeisce à chì cumanda” était la formule
qui concluait les rares correspondances,
à leur famille, des déportés de
Toulon dont on connaît aujourd’hui le
sinistre destin.
L’emprunte de cette époque explique,
en partie, les faits lointains ou évènements
proches qui ont secoué et
secouent encore notre île. Certaines
souffrances actuelles, certains évènements
proches trouvent probablement,
leur origine, plongent leurs racines,
dans l’injustice de ce passé proche.
Le voile de l’oubli semblait devoir
recouvrir cette page d’histoire, notre
Histoire. Aujourd’hui, le temps fait que
ce voile peut et se doit d’être levé.
Aujourd’hui, notre conscience collective
en fait une exigence. Il s’agit d’un
devoir imprescriptible de mémoire et du
respect du à nos ancêtres. Le non-dit
provoque des troubles graves. Pour les
responsables de l’association Marcu
Maria, lever le non-dit permet de trouver
la sérénité et la paix intérieure.
Lever les non-dits permet d’ouvrir et
d’imposer le dialogue. Sapendu
qual’elli sò è di quale elli ne sò, i populi
si ponu apre à l’avvene, et oeuvrer collectivement
et à égalité à l’histoire universelle.
La vérité et notamment la
vérité historique ne peut être que porteuse
de paix. Oeuvrer à cela est l’objectif
de l’association Marcu Maria.
Ce monument érigé à la mémoire d’un
jeune patriote niulincu pourrait devenir
le symbole de la jeunesse victime en
Corse, comme ailleurs, de toutes les
répressions, de toutes les injustices. A
travers Marcu Maria c’est à notre peuple,
à nos anciens et à tous les Gavroche
de l’humanité que les responsables de
l’association proposent de rendre hommage.
A travers Marcu Maria, fils de
notre terre, c’est au respect de la jeunesse
et à l’espoir de liberté qu’elle
porte qu’ils appelent. Pour la concrétisation
de ce projet de stèle l’association
s’adresse aux Corses :
“Notre projet,
une placette sur laquelle se trouvera
un’aghja au centre de laquelle germe et
grandit une graine, corde de pendu à
l’envers, en bronze, symbole de vie
montant vers la lumière. Un bas relief
en albâtre donnera l’image d’un visage
jeune apaisé et souriant, tourné vers
l’avenir. Les baroni de l’aghja, en cercle
non fermé, sorte de granitula, représenteront
l’ensemble des déportés, onze
autres immortaliseront les pendus privés,
en outre, de sépulture durant quarante
jours, dont celui de Marcu Maria
Albertini en granit blanc.”
Les travaux pour la réalisation de cet
espace ont déjà commencé. Il va de soit
qu’à la fin de ces travaux la société
corse éprise de liberté sera conviée à
l’inauguration.
Les responsables de l’association
Marcu Maria appellent tous les démocrates
soucieux d’antirévisionnisme et
épris de vérité historique à se joindre à
eux.
Les dons, uniquement par chèque à
l’ordre de Marcu Maria sont à faire parvenir
à l’adresse suivante :
Associu
Marcu Maria, 63 casa Catena, 20 224
Corscia (Téléphone 04 95 60 13 35 ou
06 22 49 06 67).
Di ghjugnu, in fratellanza, per accende
è accatizzà u focu di a mimoria, per fà
piccià u focu di San Ghjuvà...
Henri Joseph Alfonsi