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Articulu di u numaru 30, Ottobre di u 2007


Un conseil des ministres en corse
Pour quoi faire ?



Que faut-il attendre de la tenue en Corse du Conseil des Ministres ? Pas grand chose assurément...

S’il en était autrement, nous ferions volontiers amende honorable. Mais si l’on se réfère au dernier passage de SARKOZY et à son discours méprisant et suffisant, il est à craindre de devoir entendre de la bouche de ses très fidèles ministres, les mêmes lieux communs, les mêmes contrevérités que le président de la France est venu asséner ici, comme si le peuple Corse était un peuple infantile. Les thèmes qui ont servi de support au show médiatique de SARKOZY méritent une toute autre approche que celle qui en a été faite par ce dernier, fort du soutien des béni-ouioui qui président l’Assemblée de Corse.


Le développement économique

C’est la tarte à la crème de tous les gouvernants qui refusent de considérer la question nationale Corse dans sa globalité. Faudraitil d’abord avoir l’honnêteté d’analyser l’économie de la Corse avant que de prétendre la développer. Pour n’importe quel économiste, l’économie de la Corse se définit comme une économie de type colonial, caractérisée par la fuite de ses éléments de base et par l’arrivée massive de produits fabriqués à l’extérieur. Privés de l’étape intermédiaire de la fabrication des produits, la Corse ne peut prétendre à la prospérité. Privée également de la maîtrise de ses transports et de ses moyens d’échange, elle est condamnée à l’assistanat et à la mendicité. Cette situation conséquente à la conquête militaire française, est allée s’aggravant jusqu’à menacer aujourd’hui l’existence même du peuple Corse, car, à ce phénomène classique d’économie coloniale qui a provoqué un exil massif des corses vient s’ajouter maintenant une entreprise de dépossession de la terre, planifiée en particulier à travers le PADDUC. Dès lors, parler dans ces conditions de développement économique devient une imposture qu’il convient de dénoncer et de combattre comme telle.


La langue Corse

Quand on connaît l’hostilité du gouvernement français à la charte européenne des langues minoritaires, il n’y a pas grand-chose à attendre de ce dernier, en dehors des efforts d’annonce dont il est coutumier. D’ailleurs, quand SARKOZY affirme ne pas être hostile à ce que les jeunes Corses apprennent « la langue de leurs grands-pères », on comprend bien que dans son esprit, la langue Corse est une langue morte, donc un objet d’étude. Il ignore sans doute que la transmission de cette langue n’a jamais cessé de se faire, car même minorisée sur sa terre, privée de statut, elle est toujours portée par un peuple vivant, toutes générations confondues. Mais c’est certainement ce peuple là que SARKOZY ne veut pas voir.


Les prisonniers politiques

La question du rapprochement des prisonniers politiques ne devrait même pas se poser. Le rapprochement est prévu par la loi française. L’assemblée de Corse en a manifesté le souhait. Il est pourtant à craindre que seule une infime minorité puisse bénéficier du rapprochement car il ne faut pas ignorer ici la volonté de vengeance de l’Etat français et de ses élites face à la lutte d’un peuple qu’ils croyaient avoir définitivement soumis. Il suffit d’entendre la haine des propagandistes du système, distillée comme un venin sur les grands médias français, dès qu’il s’agit de la question nationale Corse. D’autre part, il faut bien comprendre que les prisonniers politiques Corses sont pour l’Etat français des otages dont ils entendent bien se servir dans le rapport conflictuel avec la Corse et qui risque fort de perdurer. La piètre prestation de Rachida DATI lors de sa promenade Corse est significative du peu d’intérêt que le gouvernement SARKOZY porte à cette question.

Mais pour cette question là, comme pour les autres, seul un nouveau rapport de force pourra inverser sa politique. On le sait bien, le colonialisme ne connaît pas la raison. Pour en finir avec les sujets abordés par SARKOZY et qui risquent fort d’être repris par ses ministres, il y a bien sûr celui de la criminalisation de la lutte du peuple Corse. Un sujet récurrent. Après la conquête, les patriotes qui résistaient à la présence française étaient appelés : bandits. Rien n’a changé dan le langage du vainqueur. Mais se saisir d’un minable fait divers pour tenter de criminaliser une lutte est indigne, cela l’est d’autant plus quand c’est un ex-ministre de l’intérieur qui n’ignore rien des méandres du banditisme et qui s’y emploie. En Corse où chacun sait qui est qui, ce genre de manipulation de l’opinion n’a aucune chance de réussir. Mais il est vrai que la Corse n’a jamais été au coeur des préoccupations de l’Etat français. Et le conseil des ministres de la fin Octobre risque fort de le confirmer.

DUMENICU TOGNOTTI

 

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