Le monde dans lequel nous vivons doit-il changer ?
Voilà une question qui fait débat au sein de la société, aussi
bien d’un point de vue politique qu’institutionnel !
Débattent ceux qui sont pour un changement, comme ceux qui
sont contre.
De quoi parlent-ils ? Du monde, le nôtre, celui qu’ils gèrent à
leur guise, celui qu’ils font et défont en fonction d’intérêts.
Les nôtres, allez-vous me dire ? Non, même pas ! Les intérêts
qui préoccupent nos décideurs, les seuls, sont ceux de quelques
financiers qui ont décidé de se partager « le gâteau » et par là
même, de nous enfermer dans une relation de dominant à
dominé.
Pour autant, est-ce aussi simple ? Aujourd’hui, la mondialisation,
cette pilule que l’on a voulu nous faire avaler, cette panacée
vantée à tout bout de champ au début des années 90 par les
grands de ce monde, apparaît totalement inadaptée à guérir l’humanité
des maux dont elle victime.
Attardons-nous quelque peu sur la pathologie dont souffre la
majeure partie des Hommes qui peuplent notre terre.
Faut-il avoir fait serment à Hippocrate, faut-il être un spécialiste
en la matière, pour déceler un mal vivre ? Non ! Car malheureusement
ce mal vivre et prégnant : en Afrique, en Asie, en
Europe, mais aussi dans les pays développés, et bien sûr dans le
nôtre, la Corse, qui malheureusement n’échappe pas à la règle.
La mondialisation est tellement inadaptée à nos sociétés, que
de plus en plus de chefs d’Etat et de politiques, qui hier préconisaient
une thérapie de choc, semblent aujourd’hui vouloir revoir
l’ordonnance, proposant la mondialisation à dose homéopathique.
Pour autant ont-ils un autre concept à proposer, au cas où
ce traitement serait tout aussi inefficace que le précédent ?
Nous pouvons en douter pour une bonne et simple raison, le
praticien ne décide plus, seul compte l’avis de l’industriel qui
maîtrise le marché. Parfois la pression exercée par ces derniers
est telle, qu’ils n’hésitent pas à utiliser la bonne vieille saignée,
laissant derrière eux des plaies béantes, que ce soit au niveau
écologique, social ou économique.
Vous l’aurez donc compris le terme de mondialisation, utilisé
ici, n’est autre qu’un substantif “politiquement correct”, qui
tend à humaniser la globalisation.
Constatons tout d’abord que ceux qui défendent mordicus la
dite “mondialisation”, ont l’esprit d’une fertilité démesurée,
pour parer leur plaidoyer de toutes les vertus. La notion de
liberté est d’ailleurs savamment employée et revient sans cesse
comme un leitmotiv. Ainsi, ils nous parlent de liberté d’entreprendre,
en occultant le fait que les banques ne prêtent que sous
garanti de solvabilité, excluant de facto une majorité d’Hommes
qui ne disposent ni d’un capital suffisant sous forme d’apport
personnel, ni de bien à hypothéquer.
Ils nous parlent aussi de liberté de circulation des biens et des
capitaux, omettant de préciser que cette mesure favorise la délocalisation
d’entreprises vers des pays, où la main d’oeuvre de
par son coût et son statut, est corvéable à merci. Dans les secteurs
comme la santé et l’éducation, ils s’empressent d’appliquer
la politique de privatisation de l’OMC. Pour justifier leurs
choix ils prônent là encore l’esprit de liberté. Dans les faits ils
galvaudent cet esprit lui donnant une connotation mercantile,
favorisant ainsi l’élitisme et la disparité de traitement, en bradant
des secteurs qui devraient garantir l’équité pour tous. Pour
les résumer, dans le monde d’aujourd’hui tout devrait pouvoir
s’acheter et se vendre.
Faut-il pour autant regretter l’époque de la bipolarisation Est-
Ouest ? Etre nostalgique du Stalinisme ou de certain régime
s’en réclamant ? Certainement pas !
Le mur de Berlin est tombé, et c’est une bonne chose.
Toutefois, nous pouvons parfois avoir la désagréable impression,
qu’il est tombé sur les pieds ou plutôt sur la « gueule » de
ceux qui l’ont poussé, le peuple lui-même.
Où est donc l’alternative me direz-vous ? Sûrement pas dans
des systèmes totalitaires !
Elle doit découler d’une démocratie participative, où les associations
de citoyens, les représentants des plus démunis,
auraient une réelle faculté d’action en tant que force de proposition,
mais aussi en tant qu’acteurs partenaires des décideurs.
La Corse pourrait sembler épargnée par cette sombre description,
mais ceci n’est que temporaire, il nous faut d’ores et déjà
anticiper et observer ailleurs ce qui ce fait. Il existe aujourd’hui
dans le monde, des exemples de choix de sociétés qui gomment
les injustices et permettent un espoir de changement, particulièrement
en Amérique du Sud, où les Etats de ce continent ont
trop souvent subi les influences étrangères.
Ces pays entament actuellement une réelle politique d’émancipation
nationale et sociale. Pour exemple, le Brésil où Monsieur
LOULA, un ancien syndicaliste a été réélu président de la république
et, où il dynamise l’économie de son pays en tenant
compte de la dimension sociale.
Citons également pour la Bolivie, son Président DIEGO
MORALES, qui n’est autre que le premier indigène élu à la tête
de cet Etat, et qui a pour principal cheval de bataille la redistribution
équitable des terres aux paysans, spoliés jusque là par de
grands propriétaires terriens.
Nous terminerons par UGO CHAVEZ, Président du
Venezuela, qui a imposé, aux grands groupes pétroliers exploitant
l’or noir de son pays, une redistribution des dividendes,
mesure très largement favorable aux intérêts nationaux et
sociaux. Ces exemples sont en soi des révolutions, révolutions
qui doivent en partie nous inspirer, et en partie seulement, car il
n’existe aucun modèle de révolution transposable à l’identique !
La révolution n’est pas un concept stéréotypé, elle est plurielle
et évolutive, doit tenir compte des spécificités des pays, des
peuples, des cultures.
L’Homme ne doit pas s’adapter à cette dernière, c’est elle qui
doit s’adapter à lui !
Et même si nous sommes attentifs à ce qui ce fait en Amérique
du Sud, nous nous devons de contribuer à l’évolution du monde
en bâtissant notre propre révolution.
Hasta a la vitor... (pardon)... Vince per ùn more !
U Pisanu