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Articulu di u numaru 26, ghjugnu di u 2007


Le Mouvement National, seul alternative au clanisme





Le mouvement national a toujours affirmé que son engagement politique devait s'articuler autour de trois axes majeurs : lutte institutionnelle , lutte de masse , lutte armée . L'efficacité de son action dépendant de la complémentarité de ces luttes . Dans ce tryptique , l'occupation du terrain institutionnel a toujours fait débat au sein des structures militantes , tant il est vrai qu'en l'absence d'un corps électoral corse , il est difficile d'accorder un total crédit à un résultat électoral .Le seul enseignement à tirer de toutes les élections passées est que le mouvement national est la seule force politique qui bénéficie de l'adhésion du peuple corse . Pour preuve , son égale implantation dans le moindre village de Corse , au contraire des forces clanistes , concentrées , dans la plus pure tradition féodale , dans les zones d'influence des chefs de clan . On peut dire avec certitude que si demain Zuccarelli se présentait sous le sigle UMP et Rocca Serra sous celui du PRG , cela ne changerait rien à leurs scores respectifs , parce-que leur force électoral tient essentiellement du clientélisme . Dès lors , à la lumière de ce constat , nombre de militants de la cause nationale sont en droit de se demander : a quoi cela sert-il d'aller aux élections ?

D'abord de donner la parole aux femmes et aux hommes libres de ce pays , à celles et à ceux qui ne se sentent pas redevables pour un emploi ou un quelconque service rendu et qui n'entendent pas remettre plus longtemps leur destin entre les mains de ceux qui précisément , depuis des générations ont conduit la Corse dans un état de délabrement économique , social , culturel et moral , unique en Méditerranée .

Ensuite pour signifier à l'Etat français que son entreprise de substitution de population , initiée dès le début du 19°siècle n'était pas achevée et que tout au contraire , nombreux sont les corses qui entendent reconstruire leur Nation humiliée par la force des armes .

Et enfin , envoyer un message d'espoir aux prisonniers politiques pour qu'ils sachent que le mouvement unanime entend bien arracher une solution politique qui seule pourra mettre un terme à leur calvaire .


Une élection française

Certes . Mais il faut rappeler aux plus réticents et aux plus sceptiques que les élections municipales et territoriales sont aussi des élections françaises . On peut penser que le peuple corse reconnu dans ses droits saura rompre avec le modèle démocratique français et favorisera l'expression de la démocratie directe , beaucoup plus adaptée à sa démographie et à sa culture , mais pour l'heure la Corse est sous la tutelle de l'administration française . Et la question qui se pose n'est pas tant de savoir si telle ou telle élection est plus ou moins favorable au mouvement national , mais bien de dire ce que l'on peut attendre d'une élection législative dans le cas qui nous occupe et des élections en général .

En dépit des déclarations péremptoires d'agents spéciaux infiltrés dans les médias et qui annoncent régulièrement la fin du mouvement national , ce dernier ne cesse de s'affirmer comme la seule alternative au clanisme . Ses idées irriguent la société corse toute entière comme en témoigne sa forte implantation dans le monde syndical , associatif , dans les chambres consulaires et plus généralement partout où s'expriment les forces vives de ce pays . Et s'il est vrai que sa représentativité électorale ne traduit pas son impact politique réel , il n'en progresse pas moins sur un terrain institutionnel miné par un clanisme qui sait parfaitement exploiter les peurs , profiter du délabrement du tissus économique et du conservatisme naturel à toute population vieillissante .

Dans ces conditions le fait de privilégier la lutte institutionnelle au détriment des autres équivaudrait à entretenir l'illusion réformiste selon laquelle il serait possible d'aménager le système dans le sens des intérèts collectifs du peuple corse , alors que c'est par la rupture avec le système que ces intérèts seront pris en compte . A quoi sert , par exemple , de parler de développement économique si la question préalable du développement pour qui , n'est pas posée . Il en va de mème pour la question de l''aménagement du territoire ou de la maitrise du foncier , car le traitement sectoriel des problèmes se fait toujours contre l'intérèt collectif du peuple corse . D'ailleurs mème quand l'Assemblée de Corse fait preuve de sagesse et demande majoritairement , la reconnaissance du peuple corse , l'enseignement obligatoire de sa langue ou le rapprochement des prisonniers politiques , l'Etat français répond par la négative ,parceque pour lui il n'existe ni peuple corse , ni nation corse .

Mais les limites de l'espace institutionnel français ne doivent cependant pas servir de prétexte pour l'ignorer . Tant que le peuple corse n'aura pas défini son corps électoral et n'aura pas mis en place ses propres institutions , il faudra combattre le clanisme partout où il sévit et particulièrement sur son terrain privilégié : l'institutionnel français .

C'est là tout le sens de notre engagement dans cette élection législative et c'est aussi l'occasion de renforcer l'union stratégique du mouvement national , sachant très bien qu'il y a d'autres luttes à venir .

Dumenicu Tognotti

 

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