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Mubilisazione pupulare per i prigiuneri


Le CAR a réussi son pari, mobiliser, faire parler du problème des prisonniers politiques et faire savoir au peuple corse qu'il a une Histoire bien différente de celle de la France.


Une manifestation, dans les rues de Bastia, pendant les vacances d'été, un jour férié, veille d'un pont de quatre jours… Il était difficile de trouver plus d'obstacles pour une manifestation nationaliste !

Pourtant, les organisateurs ont réussi leur pari. Des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Bastia pour crier haut et fort " Libertà ". Des centaines selon la presse, (et sans doute des dizaines selon la police), mais peu importe, le CAR a atteint ses objectifs. En plein mois de juillet, le jour de la fête nationale des Français, tous les médias corses ont parlé du problème des prisonniers politiques corses, et notamment celui du rapprochement des prisonniers condamnés. Et puis, les nationalistes ont également réussi à faire passer un autre message au peuple corse. Le 14 juillet est effectivement une date hautement symbolique et d'une importance capitale dans l'Histoire de la Corse. Et cette réappropriation de l'Histoire était une manière de prouver une fois de plus que le système scolaire et l'Etat français falsifient notre histoire en la passant sous silence et en la falsifiant (on apprend toujours en 2005 dans les écoles de Corse que les Gaulois étaient nos ancêtres, comme on l'apprenait en 1930 au Sénégal ou en Algérie). Mais qu'il est difficile pour un Etat, autoproclamé patrie des droits de l'Homme, de reconnaître que la conquête de la Corse, en faite d'être une oeuvre civilisatrice, a été un choc culturel pour les Corses. Cette conquête a permis à la France de l'Ancien Régime, celle dans laquelle on se prosternait devant un roi de droit divin, celle qui ne connaissait pas les mots " égalité, vote ou encore démocratie " de conquérir militairement un Etat souverain qui avait proclamé, un certain 14 juillet 1755, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, puis le suffrage universel, le vote des femmes, la séparation des pouvoirs entre le législatif et l'exécutif, en fait un Etat qui était la première démocratie de type moderne en Europe, la Corse indépendante de Pasquale de' Paoli.

Cette manifestation aura permis aux nationalistes de rester mobilisés, d'expliquer les mensonges de l'Etat français, de parler du problème de la négation de notre histoire. Il appartient aujourd'hui à Paris de renouer les fils du dialogue pour aller vers une solution qui ne pourra être que politique, au problème corse. La solution répressive échouera, c'est écrit dans notre Histoire, personne n'a jamais réussi à mettre à terre le peuple corse en lui donnant des coups de bâtons.

Le cortège de la manifestation a pris une direction qui n'a pas manqué de surprendre et d'affoler les forces de répression présentes. Au lieu de descendre classiquement le boulevard Paoli, a traversa pour les Bastiais, qui était déserte en ce jour férié, les organisateurs de la manifestation avaient prévu de descendre par la place Saint-Nicolas. Les nombreux passants ont ainsi pu voir défiler les nationalistes et les entendre crier " Libertà ".

Quand les forces répressives présentes ont compris l'itinéraire de la manifestation, nous avons pu assister à une scène cocasse : les gardes mobiles se sont précipités, en se bousculant, dans le hall de l'immeuble du maire de Bastia au fond de la place, sans doute pour le protéger des méchants nationalistes qui allaient passer devant ! Mais les nationalistes n'ont pas tenté de pénétrer dans cet immeuble, ils se sont contentés d'interpeller dignement les élus " traîtres à la Nation corse qui réclament chaque jour un peu plus de répression " en leur demandant d'écouter la voix du peuple (pardon, de la population) au nom duquel (de laquelle) ils prétendent parler. Et les manifestants ont alors redoublé de force pour scander sous les fenêtres de l'appartement de la dynastie qui règne sur Bastia depuis plus d'un demi-siècle " Libertà ".

Le cortège s'est ensuite rendu devant la préfecture de Bastia pour prononcer deux discours politiques très appréciés des manifestants. Le responsable du CAR a parlé des prisonniers politiques corses et un ancien prisonnier politique est venu témoigner que l'on pouvait incarcérer les hommes pendant des années sans leur ôter leur foi patriotique.

Ensuite, la manifestation s'est disloquée dans le calme, et les nationalistes n'ont pas répondu aux regards haineux des forces répressives présentes, de manière ostentatoire, devant la préfecture. C'est dans la dignité que les manifestants sont repartis chez eux, en ce jour férié, pour laisser les gens qui voulaient assister au feu d'artifice profiter de leur soirée. Corsica Nazione Indipendente qui prépare activement les Ghjurnate de Corti attend aujourd'hui une réponse politique à cette mobilisation populaire qui faisait suite à celle d'Aiacciu qui avait fait descendre 5 000 personnes dans les rues d'Aiacciu. Il faudra espérer que cette fois, la voix des milliers de Corses présents à Bastia franchira le col de Vizzavona pour arriver jusqu'au cours Grandval, dans le bureau des présidents de l'Assemblée et jusqu'à Paris. Le Mouvement National a fait preuve, à travers la politique menée par l'Unione Naziunale de sa capacité à créer les conditions de la paix. On attend toujours un geste politique de l'Etat français.

Mais, quoi qu'il en soit, qu'il était plaisant en ce soir de 14 juillet, d'entendre les gens dans la rue féliciter le maire de Bastia pour son beau (et sans doute très coûteux) feu d'artifice donné… en l'honneur de Pasquale de Paoli !

Marzulinu

 

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