A la veille du premier tour de l'élection
présidentielle française, la manifestation
unitaire organisée par le mouvement
patriotique sous le mot d'ordre "
Resistenza " a rassemblé plusieurs milliers
de personnes. Une démarche populaire susceptible
de rappeler à tous ces candidats d'une
conjoncture septennale, la pérennité d'un problème
posé qui n'a “pour l'heure” pas encore
trouvé la voie d'une solution pérenne. Pour la
première fois, sur le chemin traditionnel de la
marche entre la gare et la préfecture sise à
Aiacciu, un barrage fut érigé par les forces
répressives en grand nombre ce jour là, et pas
seulement en uniforme de service… Un barrage
sous la forme d'une grille inamovible haute de
plus de deux mètres rendant l'accès habituel de
la dislocation infranchissable…
Un message clair
Cette grille porte à elle seule toute la symbolique d'une
politique ultra - répressive remise à l'ordre du jour
depuis l'avènement de Nicolas Sarkozy au ministère français
de l'intérieur. Et son successeur de quelques semaines
- François Baroin - ne fait que s'inscrire dans la continuité…
Une grille lourde de signification qui, au-delà des
colères momentanées et compréhensibles du moment
porte un message très clair à l'égard de celles et de ceux
qui portent en eux un rêve corse.
Du jamais vu !!!
Selon " Corse - Matin " - qui ne partage pas notre philosophie
- et en date du dimanche 22 avril 2007, un élu "
local " se serait écrié - avec justesse - : " Je n'ai jamais
vu une chose pareille, on se croirait en guerre ! ". Il est
vrai que de mémoire d'homme aucune manifestation n'a
eu à se trouver confronter à un tel mur !!! La répression
politique qui, sous Perben et Sarkozy, s'est renforcée d'un
point de vue juridique s'est tout autant enrichie de
moyens techniques, électroniques et informatiques…
La portée du mur
Le mur en dit long sur les valeurs dites démocratiques de
la vision ultra-libérale prônée par le candidat de l'U.M.P.
Nicolas Sarkozy, surtout à l'égard de la Corse. Il aura certes
pour défenseur ses plus fidèles caciques - Camille de
Rocca - Serra en tête -, qui louent ses soi disant promesses
tenues à l'encontre de l'île sauf bien évidemment -
mais le sujet est si dérangeant - le rapprochement promis
et jamais réellement effectué des prisonniers politiques
corses…
Au-delà d'un score
Pour autant avec 36,54% pour la Haute - Corse, 37,54%
pour la Corse du Sud, Nicolas Sarkozy, au lendemain de
cette manifestation réalise en Corse un score qui ne peut
se balayer d'un seul revers de main. Ce score, à rapprocher
de celui obtenu en France (30,4%) traduit certes la
complexité du corps électoral du système en place ou
l'absence de référents juridiques propres à l'identité
corse induit de toutes autres projections, mais surtout
rappelle face à la formidable machine de guerre de
l'U.M.P. la nécessité pour le Mouvement Patriotique d'affronter
- y compris sur ses propres espaces - le centralisme
français.
Il est ainsi toujours regrettable, au nom d'une prétendue
idéologie souvent infantile et controversée, d'accuser
les formations patriotiques qui s'y présentent unies sur
ces espaces, " d'électoralisme " surtout lorsque le soucis
premier de toutes ces organisations est de combattre et
d'impulser partout ou cela est possible, un état autoritaire
et ses sicaires à travers une démarche commune de
résistance et de construction.
La réalité d'un tout autre score électoral
Au moment ou ce texte est rédigé, le second tour n'est
pas encore passé. Pour son auteur, l'importance ne réside
pas dans l'élection attendue de Nicolas Sarkozy ou celle
supposée de Ségolène Royal. Un tout autre score retient
son attention, prenant appui sur l'analyse ci - dessous. La
récente cantonale du Celavu Mezzana a mis en exergue,
une nouvelle fois avec1371 voix pour le candidat nationaliste
Ghjuvanni Biancucci, la prédominance, face aux
forces politiques traditionnelles et courroies de transmission
du système en place, d'une seconde force politique
incontournable qu'est le mouvement patriotique.
Un résultat qui doit en appeler d'autres.
Toutes les projections à venir, portées sur l'avenir, axées
sur un socle commun stratégique, et ambitieuses quand
aux initiatives à prendre ne doivent souffrir d'aucun atermoiement
circonstanciel, à moins de laisser - par rapport
aux enjeux actuels de dimension significative - l'accessoire
prendre le dessus sur l'essentiel.
La complémentarité de tous les terrains de lutte reste
une priorité.
" Jamais les corses n'ont été aussi peu nombreux sur leur
terre " a rappelé avec conviction Ghjuvan Maria Poli ce
samedi 21 avril. Il dit vrai, et pas seulement à la seule
lecture de ces listes électorales françaises qui donnent
une toute autre lecture des élections - quelle qu'en soit
la nature - du système en place. Un rappel qui a valeur
de constat et qui suppose que le Mouvement Patriotique
puise dans toutes ses forces et ressources existentielles
la maturité révolutionnaire susceptible d'arracher à l'intransigeance
d'une France réactionnaire les droits les
plus élémentaires qui lui reviennent, dont celui de la
reconnaissance du Peuple Corse.
Ulivieri SAULI