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Articulu di u numaru 25, maghju di u 2007


LE MUR DE LA HONTE





A la veille du premier tour de l'élection présidentielle française, la manifestation unitaire organisée par le mouvement patriotique sous le mot d'ordre " Resistenza " a rassemblé plusieurs milliers de personnes. Une démarche populaire susceptible de rappeler à tous ces candidats d'une conjoncture septennale, la pérennité d'un problème posé qui n'a “pour l'heure” pas encore trouvé la voie d'une solution pérenne. Pour la première fois, sur le chemin traditionnel de la marche entre la gare et la préfecture sise à Aiacciu, un barrage fut érigé par les forces répressives en grand nombre ce jour là, et pas seulement en uniforme de service… Un barrage sous la forme d'une grille inamovible haute de plus de deux mètres rendant l'accès habituel de la dislocation infranchissable…

Un message clair


Cette grille porte à elle seule toute la symbolique d'une politique ultra - répressive remise à l'ordre du jour depuis l'avènement de Nicolas Sarkozy au ministère français de l'intérieur. Et son successeur de quelques semaines - François Baroin - ne fait que s'inscrire dans la continuité… Une grille lourde de signification qui, au-delà des colères momentanées et compréhensibles du moment porte un message très clair à l'égard de celles et de ceux qui portent en eux un rêve corse.


Du jamais vu !!!

Selon " Corse - Matin " - qui ne partage pas notre philosophie - et en date du dimanche 22 avril 2007, un élu " local " se serait écrié - avec justesse - : " Je n'ai jamais vu une chose pareille, on se croirait en guerre ! ". Il est vrai que de mémoire d'homme aucune manifestation n'a eu à se trouver confronter à un tel mur !!! La répression politique qui, sous Perben et Sarkozy, s'est renforcée d'un point de vue juridique s'est tout autant enrichie de moyens techniques, électroniques et informatiques…


La portée du mur

Le mur en dit long sur les valeurs dites démocratiques de la vision ultra-libérale prônée par le candidat de l'U.M.P. Nicolas Sarkozy, surtout à l'égard de la Corse. Il aura certes pour défenseur ses plus fidèles caciques - Camille de Rocca - Serra en tête -, qui louent ses soi disant promesses tenues à l'encontre de l'île sauf bien évidemment - mais le sujet est si dérangeant - le rapprochement promis et jamais réellement effectué des prisonniers politiques corses…


Au-delà d'un score

Pour autant avec 36,54% pour la Haute - Corse, 37,54% pour la Corse du Sud, Nicolas Sarkozy, au lendemain de cette manifestation réalise en Corse un score qui ne peut se balayer d'un seul revers de main. Ce score, à rapprocher de celui obtenu en France (30,4%) traduit certes la complexité du corps électoral du système en place ou l'absence de référents juridiques propres à l'identité corse induit de toutes autres projections, mais surtout rappelle face à la formidable machine de guerre de l'U.M.P. la nécessité pour le Mouvement Patriotique d'affronter - y compris sur ses propres espaces - le centralisme français.

Il est ainsi toujours regrettable, au nom d'une prétendue idéologie souvent infantile et controversée, d'accuser les formations patriotiques qui s'y présentent unies sur ces espaces, " d'électoralisme " surtout lorsque le soucis premier de toutes ces organisations est de combattre et d'impulser partout ou cela est possible, un état autoritaire et ses sicaires à travers une démarche commune de résistance et de construction.


La réalité d'un tout autre score électoral

Au moment ou ce texte est rédigé, le second tour n'est pas encore passé. Pour son auteur, l'importance ne réside pas dans l'élection attendue de Nicolas Sarkozy ou celle supposée de Ségolène Royal. Un tout autre score retient son attention, prenant appui sur l'analyse ci - dessous. La récente cantonale du Celavu Mezzana a mis en exergue, une nouvelle fois avec1371 voix pour le candidat nationaliste Ghjuvanni Biancucci, la prédominance, face aux forces politiques traditionnelles et courroies de transmission du système en place, d'une seconde force politique incontournable qu'est le mouvement patriotique.


Un résultat qui doit en appeler d'autres.

Toutes les projections à venir, portées sur l'avenir, axées sur un socle commun stratégique, et ambitieuses quand aux initiatives à prendre ne doivent souffrir d'aucun atermoiement circonstanciel, à moins de laisser - par rapport aux enjeux actuels de dimension significative - l'accessoire prendre le dessus sur l'essentiel.

La complémentarité de tous les terrains de lutte reste une priorité.

" Jamais les corses n'ont été aussi peu nombreux sur leur terre " a rappelé avec conviction Ghjuvan Maria Poli ce samedi 21 avril. Il dit vrai, et pas seulement à la seule lecture de ces listes électorales françaises qui donnent une toute autre lecture des élections - quelle qu'en soit la nature - du système en place. Un rappel qui a valeur de constat et qui suppose que le Mouvement Patriotique puise dans toutes ses forces et ressources existentielles la maturité révolutionnaire susceptible d'arracher à l'intransigeance d'une France réactionnaire les droits les plus élémentaires qui lui reviennent, dont celui de la reconnaissance du Peuple Corse.

Ulivieri SAULI

 

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