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Articulu di u numaru 40, Ghjennaghju 2009


Conférence Méditerranéenne des Nations sans Etats



Une délégation de Corsica Nazione Indipendente a participé à la seconde Conférence Méditerranéenne des Nations sans Etats, qui s'est tenue les 6 et 7 novembre 2008 à Barcelone. Différents débats ont été organisés à cette occasion, notamment sur la situation politique de la Catalogne, de la Sardaigne, de la Sicile et de la Corse. Ont été par ailleurs abordées les questions des langues dites minoritaires et de l'édition dans les nations sans état de la Méditerranée. Par ailleurs, un hommage solennel a été rendu à la mémoire de Robert Estivalis, « u Catalanu Corsu », avec une intervention de la délégation corse et la projection d'un magnifique film autour de la vie peu commune de Robert, réalisé par nos amis catalans. L'organisation de Jordí Miró - inlassable animateur de l'Associu Corsica Catalunya a, cette fois encore, dépassé les attentes de tous les participants à cette manifestation, dont les actes devraient être publiés dans les semaines à venir. U Ribombu présente ci-après un extrait de l'intervention prononcée au nom de CNI.

Intervention de Jean-Guy Talamoni : « Les nouvelles républiques »


La lecture quotidienne des journaux (…)paraissant chaque mois a de quoi inquiéter, et ce quel que soit le niveau auquel on se situe. « La Corse est en crise. » peut-on lire dans la presse insulaire. « La France qui tombe » nous annonce tel auteur parisien en titre de son livre. « L'Europe est en panne » nous dit-on après l'échec du projet constitutionnel concocté par nos élites technocratiques et politiques.

Quant à la planète elle-même, elle n'est pas au mieux de sa forme : entre les effets pervers de la mondialisation, la destruction de la couche d'ozone, le déséquilibre Nord-Sud et le choc annoncé des civilisations(…) a du souci à se faire. Chacun s'accorde à reconnaître que nous sommes au bord de la catastrophe.

Pourtant, ceux qui ont le pouvoir de changer les choses poursuivent imperturbablement leur chemin, cramponnés à leurs certitudes, pour les plus honnêtes, et, pour les autres, à ce qu'ils croient être leurs intérêts.(...) Tout espoir de redresser la barre est-il irrémédiablement perdu ? Peut-être pas, si un phénomène observé depuis quelques temps se confirme : on assiste au réveil de vieilles nations qui pourraient bien, demain, se constituer en nouvelles républiques : la Catalogne, l'Irlande, l'Ecosse, Euskadi, la Corse… Ces républiques en devenir constitueront peut-être, par leurs dimensions raisonnables et la force de leurs identités, une réponse à la crise que nous venons d'évoquer. Elles permettront sans doute aux peuples et aux individus qui les composent, par le respect de leur art de vivre et de leur façon de participer au monde, de mieux se positionner face aux défis du troisième millénaire. À contre courant d'une mondialisation inhumaine et uniformisatrice, elles serviront le vieux projet hégélien : accéder à l'universel par l'approfondissement du singulier. Mais leur avènement suppose de satisfaire deux préalables : d'une part, la résolution - par la recherche d'une paix juste et durable - des conflits actuellement en cours, d'autre part l'acceptation par les actuels états-nations d'une remise en question de leurs organisations et de leurs prérogatives, processus pouvant conduire à l'Europe des peuples.

 

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