Une délégation de Corsica Nazione Indipendente a participé à la seconde Conférence
Méditerranéenne des Nations sans Etats, qui s'est tenue les 6 et 7 novembre 2008 à Barcelone.
Différents débats ont été organisés à cette occasion, notamment sur la situation politique de la
Catalogne, de la Sardaigne, de la Sicile et de la Corse. Ont été par ailleurs abordées les questions
des langues dites minoritaires et de l'édition dans les nations sans état de la Méditerranée.
Par ailleurs, un hommage solennel a été rendu à la mémoire de Robert Estivalis, « u Catalanu
Corsu », avec une intervention de la délégation corse et la projection d'un magnifique film autour
de la vie peu commune de Robert, réalisé par nos amis catalans. L'organisation de Jordí Miró -
inlassable animateur de l'Associu Corsica Catalunya a, cette fois encore, dépassé les attentes de
tous les participants à cette manifestation, dont les actes devraient être publiés dans les semaines
à venir. U Ribombu présente ci-après un extrait de l'intervention prononcée au nom de CNI.
Intervention de Jean-Guy Talamoni : « Les nouvelles républiques »
La lecture quotidienne des journaux
(…)paraissant chaque mois a de quoi
inquiéter, et ce quel que soit le niveau
auquel on se situe. « La Corse est en
crise. » peut-on lire dans la presse
insulaire. « La France qui tombe »
nous annonce tel auteur parisien en
titre de son livre. « L'Europe est en
panne » nous dit-on après l'échec du
projet constitutionnel concocté par
nos élites technocratiques et politiques.
Quant à la planète elle-même,
elle n'est pas au mieux de sa forme :
entre les effets pervers de la mondialisation,
la destruction de la couche
d'ozone, le déséquilibre Nord-Sud et
le choc annoncé des civilisations(…)
a du souci à se faire. Chacun s'accorde
à reconnaître que nous sommes
au bord de la catastrophe.
Pourtant, ceux qui ont le pouvoir de
changer les choses poursuivent
imperturbablement leur chemin,
cramponnés à leurs certitudes, pour
les plus honnêtes, et, pour les autres,
à ce qu'ils croient être leurs intérêts.(...)
Tout espoir de redresser la
barre est-il irrémédiablement perdu ?
Peut-être pas, si un phénomène
observé depuis quelques temps se
confirme : on assiste au réveil de
vieilles nations qui pourraient bien,
demain, se constituer en nouvelles
républiques : la Catalogne, l'Irlande,
l'Ecosse, Euskadi, la Corse… Ces
républiques en devenir constitueront
peut-être, par leurs dimensions raisonnables
et la force de leurs identités,
une réponse à la crise que nous
venons d'évoquer. Elles permettront
sans doute aux peuples et aux individus
qui les composent, par le respect
de leur art de vivre et de leur façon de
participer au monde, de mieux se
positionner face aux défis du troisième
millénaire. À contre courant
d'une mondialisation inhumaine et
uniformisatrice, elles serviront le
vieux projet hégélien : accéder à
l'universel par l'approfondissement
du singulier. Mais leur avènement
suppose de satisfaire deux préalables
: d'une part, la résolution - par la
recherche d'une paix juste et durable
- des conflits actuellement en cours,
d'autre part l'acceptation par les
actuels états-nations d'une remise en
question de leurs organisations et de
leurs prérogatives, processus pouvant
conduire à l'Europe des peuples.