Le Mouvement National a été à la hauteur de l'enjeu et ressort comme le gagnant de ce
conflit. L'action du STC a été exemplaire et la mobilisation populaire qui a suivit la grande
bataille navale du Pasquale Paoli a prouvé la capacité de mobilisation des nationalistes.
Dans un article publié dans
Libération du 14 octobre,
Forcari, Nathan et Schneider
donnent le ton : " Le STC sort, paradoxalement,
gagnant… d'un conflit
perdu ". Et les journalistes, après
avoir précisé que le STC avait pris la
place de première force syndicale de
l'île, lors des prud'homales de 2002,
argumentent : " Le syndicat en a profité
pour remettre au goût du jour la
vieille revendication d'une compagnie
maritime régionale. " Enfin, pour terminer,
les journalistes parisiens expliquent
que la grève a permis à la mouvance
nationaliste de revenir au
devant de la scène, n'en déplaise à
certains ministres français.
A ce sujet, pour une mouvance qui
est censée ne plus être au centre du
jeu politique, on remarquera que les
nationalistes ont quand même fait
déplacer le ministre de l'intérieur de
la France en Corse pour commenter le
dernier communiqué du FLNC !
Le conflit que nous venons de vivre
est exemplaire en plusieurs points.
Tout d'abord, on ne peut que féliciter
les syndicalistes du STC pour leur
action symbole, pacifique et de portée
internationale, menée avec maestria
au point de faire commettre de lourdes
erreurs au gouvernement français
et en particulier son Premier ministre,
De Villepin. Celui-là même qui espérait
marquer des points en montrant la
force, celui dont le journal Le Monde
a qualifié la famille de "famille royale".
En envoyant le GIGN et les commandos
Hubert contre les marins du
STC alors qu'ils étaient en train de
manoeuvrer le bateau pour entrer au
port, la France, et avec elle le présidentiable
De Villepin, a montré son
véritable visage et ses véritables intentions
envers la Corse. Les années passent,
mais la méthode reste systématiquement
la même. Depuis Aleria, rien
n'a changé…
Ce déploiement de force était censé
empêcher les nationalistes de débarquer
en Corse, car s'ils avaient été
arrêtés au port de Bastia, ils auraient
dépendu de la justice corse, ce dont
visiblement le gouvernement français
ne voulait pas. Préférant, comme toujours
juger les gens dans l'anonymat
et le silence, si possible sans témoin. Mais, les images diffusées en boucle
par toutes les chaînes de télévision,
au lieu de montrer un gouvernement
fort, ont montré aux peuples de
France le vrai visage de leur gouvernement,
un gouvernement aux abois
prêt à faire usage de la violence, gratuitement.
A la suite de ce raté majestueux, le
gouvernement français a été obligé de
revoir sa copie, et de 100%
aux amis intimes (De
Villepin faisait déjà réviser
Walter Butler à l'ENA en
1980 ! Et le même Butler
aidera le frère de De
Villipin à entrer à l'ENA
plus tard...), on est passé à
un savant dosage entre
Connex, Butler, les salariés
de la SNCM et l'Etat français.
Mais, ce n'est pas tout.
Les nationalistes ont montré
au pouvoir politique
français qu'ils étaient
capables dans les
moments de crise de
mobiliser. Et le peuple a
répondu rapidement.
Dans les heures qui ont
suivies l'attaque du
Pasquale Paoli, des centaines
de personnes laissaient
éclater leur colère
dans les rues de Bastia.
Devant la mobilisation
grandissante, et face à la
rue déchaînée, Matignon a
une nouvelle fois reculé.
Les marins du STC ont été
libérés.
C'est en hommes libres qu'ils ont pu
défiler le lendemain dans les rues de
Bastia, avec plus de 9000 personnes,
derrière des banderoles unitaires de
tous les syndicats. L'une des plus
grandes mobilisations que la ville de
Bastia a connue depuis longtemps.
Même si la CGT a trahi tous ces
engagements en se pliant au diktat
parisien et en reprenant le travail par
un vote… stalinien ou la question
posée semblait être " voulez-vous
arrêter la grève ou reprendre le travail
? ", le STC et à travers lui, le nationalisme
en général sortent grandis de ce
conflit.
Dans un communiqué, le STC
explique que " les basses manoeuvres
du secrétaire général de la CGT
Bernard Thibault, et ses allers et
venues incessantes dans les confortables
ministères parisien y sont pour
quelque chose " dans ce renoncement
du syndicat français et appelle "
au sursaut de toutes celles et ceux qui
au sein de la population, soucieux de
la défense des services publics, ainsi
qu'aux salariés de la SNCM, lâchement
trahis par leur organisation syndicale
à rejoindre (le STC) pour organiser
la lutte qui permettra demain de
réinstaurer en lieu et place de l'entreprise
privatisée, une entité publique :
la Compagnie régionale. "
Le PNC quant à lui fait justement
remarquer que " la classe politique
corse, et particulièrement la majorité
territoriale, a été absente, négative,
alignée sur les exigences parisiennes,
incapable de se mettre à la hauteur de
l'enjeu central pour la Corse de la
maîtrise des transports ". Corsica
Nazione Indipendente précise que "
dans le domaine de la maîtrise des
transports, comme dans tous les autres
(fiscalité, développement socioéconomique,
culture, etc.) la Corse
continue à subir les mauvais choix
dictés par des forces étrangères et
incompatibles avec les intérêts de son
peuple, et, encore une fois, seules les
forces vives de ce pays proposent de
vraies solutions : un jour ou l'autre la
Corse aura sa compagnie maritime.
Ce jour là, comme ils l'ont fait pour
l'Université de Corse, ceux
qui aujourd'hui s'opposent
à cette idée n'auront qu'une
préoccupation : faire
oublier leur servilité à l'égard
de leurs maîtres parisiens,
et leur trahison des
intérêts collectifs de notre
peuple. "
A l'inverse l'Unione
Naziunale a démontré selon
le PNC " sa capacité de
résistance et de proposition,
tout en soutenant l'action
exemplaire des marins du
STC ". Enfin, le PNC
remarque que " l'esprit de
responsabilité qui a présidé
à la mise en place de la cellule
de crise souhaitée par
l'Unione Naziunale "
compte à son actif le déblocage
progressif du trafic
maritime, la non-annulation
du tour de Corse automobile,
l'accord intervenu avec
la Fédération des transports
routiers.
Une leçon importante est à retenir, la
mobilisation populaire, encore une
fois, a permis d'éviter à des nationalistes
d'aller en prison. Une leçon à
méditer pour les prochaines échéances
judiciaires à venir.
La solution pour la Corse est la maîtrise
de ses transports, tout le monde
le sait désormais, et les marionnettes
de l'Assemblée de Corse n'amusent
plus personne. Les Corses attendaient
qu'ils prennent enfin leur responsabilité,
mais comme le disait Alanu
Mosconi dans nos colonnes le mois
dernier " s'ils étaient courageux, cela
se saurait ! "
Ghjuvanni Deziu