Il y a quelques semaines,
d’anciens lycéens corses
qui avaient débaptisé le
Lycée Marbeuf en 1984 ont
décidé de commémorer le
bicentenaire de la mort de
Pasquale de’Paoli à Bastia
puisque la mairie de cette
ville n’avait pas pris la
peine de le faire.
Tout en invitant les nationalistes de la
région à venir se joindre à eux, ils ont
déposé une plaque sous le buste du père
de la Patrie. Une commémoration festive
avec des chants, de nombreux drapeaux
corses, un prêtre venu bénir la
plaque et des patriotes qui ont tiré des
salves d’honneur (avec des cartouches à
blanc).
La profanation
Deux jours plus tard, dans l’obsurité
du petit matin, des employés de la mairie
dûment mandatés venaient en
cachette profaner cette plaque en la
volant. En réponse à cette provocation
les differents corses qui avaient participé
à la pose de cette plaque ont décidé
de se réunir en collectif qui a pris le
nom de I Naziunali.
Les membres de ce collectif se sont
rendus en masse, à près de 200, à la
mairie de Bastia pour demander qu’on
lui restitue la plaque bénie, pendant que
certains élus expliquaient qu’ils avaient
justement l’intention de déposer une
plaque à cet endroit.
Des représentants de la mairie ont
reçu les membres du collectif. Dans un
excès de collaboration zélée, la mairie
avait pris soin de donner la plaque à la
police politique de la DNAT qui est
entrée dans ce dossier à cause d’un
attentat non revendiqué contre une
annexe de la mairie, attentat avec lequel
le collectif n’a bien entendu rien à voir.
La mairie recule
Les responsables des Naziunali ont
malgré tout gardé leur calme et une réunion
constructive à pu commencer. Les
responsables de la mairie ont alors
reconnu publiquement qu’ils n’avaient
jamais eu l’intention de déposer de plaque
à cet endroit, mais qu’ils y étaient
désormais favorables. A la demande du
collectif, la marie a accepté que I
Naziunali participent à la commission
patrimoine de la mairie qui aura pour
mission de choisir le texte de la plaque.
Les représentants du collectif ont participé
à une première réunion de discussions
au sein de cette commission et ont
fait savoir qu’ils resteront vigilants et
qu’ils n’apporteront pas leur caution à
un texte qui serait révisionniste.
Manifestation
festive
Pour commémorer dignement le
bicentenaire de Paoli, le collectif I
Naziunali a organisé une manifestation
festive dans les rues de Bastia. Près de
2000 personnes ont manifesté aux sons
des tambours en suivant une vingtaine
de cavaliers et de charettes. En tête de
cortège, deux commédiens en tenues
d’époque représentaient Pasquale
de’Paoli et l’un de ses gardes.
A la fin de la manifestation, après
avoir déposé un immense bouquet de
fleurs aux pieds du buste du père de la
patrie, les porte-parole du collectif ont
fait des discours où ils ont expliqué que
“L’accunsentu di Pasquale de’Paoli
per l’ideale di a Rivuluzione francese
hè naturale perchè ùn hè micca solu u
babbu di a patria, ma hè dinù u babbu
di a Rivuluzione francese, perchè ne hà
purtatu ellu u primu i lumi chì l’anu
fatta !” Puis deux appels solennels ont
été lançés, le premier à tous les nationaux
corses pour que dans chaque
région, ils s’organisent pour se raproprier
notre histoire en fêtant les héros
comme Ghjuvan Petru Gaffori à Corti
en apposant par exemple une plaque à
l’endroit où il a été assissiné. Puis,
s’adressant aux élus de l’Assemblée de
Corse, les porte-parole leur ont rappelé
qu’ils avaient désormais la possibilité
de changer certaines lois en Corse et
qu’ils avaient le devoir de faire inscrire
dans tous les programmes scolaires
l’histoire de la Corse et de Pasquale
de’Paoli. Les élus de l’Unione
Naziunale relayeront cette demande à
l’Assemblée.
Felice Bacciochi