Nous avons décidé symboliquement de tenir cette conférence de presse devant le Trésor Public
car cet organisme semble être le nouvel outil de répression choisi par l’Etat français pour s’en
prendre aux patriotes corses.
Depuis quelque temps, la Corse est en
proie à une fièvre républicaine à nulle
autre pareille. Le clan frétille, s’agite,
sautille, et court dans tous les sens quand
cette fièvre devient comme aujourd’hui
ministérielle. Chacun veut sa photo,
chacun veut sa place, chacun attend la
visite présidentielle s’annonce comme un
don du ciel. Tous les ingrédients de la vie
et de la survie du clan sont réunis, tous
à la fois… Pendant ce temps là, il est
une Corse qui se tait, la Corse des vrais
Corses, ceux qui ont eu le courage de dire
non, de dire non à un génocide culturel,
de dire non au prédateurs de toutes
sortes, de dire non aux fossoyeurs en
tous genres, de dire non à la destruction
de notre culture multimillénaire, de dire
non tout simplement à notre disparition en
tant que peuple, à ce souffle d’îlien venu
du fond des âges. Cette Corse se tait et
elle pleure. Elle subit l’injustice depuis des
siècles. Elle pleure ses enfants disparus
en luttant. Elle pleure les siens exilés
dans les bagnes parisiens. Elle pleure
tant de souffrances de tant de familles.
Elle pleure tant de sacrifices. Elle pleure
ses longues années de détention inutiles.
Elle pleure ses procès expéditifs. Le sort
de ses familles écartelées, saignées aux
quatre veines pour se rendre à Paris pour
maintenir un lien familial indestructible
ne fusse qu’une poignée de secondes. A
l’injustice, la France à rajouté la torture
financière. Les familles des prisonniers
politiques corses sont dans des situations
d’extrême détresse, n’en déplaise à
ceux qui ripaillent sous les ordres de la
République. La France a foulé aux pieds
ses propres lois, aujourd’hui, elle doit
rendre justice à tous ces Corses, au moins
sur le plan financier et nous insistons,
en réalité, au contraire, au lieu de faire
amande honorable et d’indemniser tant de
familles corses qui se sont sacrifiées, la
République française poursuit son oeuvre
de destruction en condamnant lourdement
de manière déraisonnable, sur le plan
financier, des patriotes corses. Elle s’en
prend à leurs maigres biens, en prison
comme à l’extérieure. Elle tente de saisir
tout ce qui est saisissable. Aujourd’hui
l’indécence est atteinte lorsque des
familles épuisées sont saisies lourdement.
Nous voulons ici aujourd’hui dénoncer le
cas de nombreux corses, de nombreuses
familles que l’on accule à la ruine,
Comment peut-on parler de dialogue, de
main tendu, comment peut-on envisager
un avenir serein à la Corse si la meilleure
partie d’elle-même est traitée de la sorte ?
Que l’on ne vienne pas nous dire que
ce sont des menaces. Ce que nous
demandons, c’est tout simplement le
bon sens. Puisque le président de la
République française se déplace avec tout
son gouvernement, nous lui adressons
respectueusement cette demande. A-til
compris, veut-il comprendre la Corse ?
Qu’il n’oublie pas que la compréhension
de ce pays ne passe pas seulement par le
chant des sirènes clanistes.
Nous nous réjouissons des récentes
prises de position de l’ensemble de la
classe politique corse en faveur du retour
de nos prisonniers politiques sur leur
terre, qui ne font là que l’écho du peuple
corse qui a bien compris depuis que le
CAR le dénonce qu’il y a un problème à
ce niveau, que la France est hors la loi et
qu’il est temps que les choses changent
rapidement, que nos prisonniers n’ont que
trop souffert.
Cependant, si ces prises de position
courageuse nous confortent dans notre
combat contre la double peine qui est
infligée à des patriotes corses qui se sont
battus pour cette terre, qui l’ont défendu
et qui en payent aujourd’hui le prix fort,
force est de constater que pendant que
le Président de la République française
fait semblant de jouer la carte de
l’apaisement, ses services s’activent pour
envoyer d’autres militants nationalistes
à Paris, comme toujours sur la base de
dossiers vides.
Mais depuis quelques temps, c’est
une autre forme de répression qui se
généralise, et nous sommes obligés de
constater qu’il ne s’agit plus là d’une
double peine, mais bien d’une triple peine,
puisqu’à la prison et l’exil, s’ajoutent maintenant des peines financières qui déjà
lorsqu’elles ne touchent que les prisonniers
ou les anciens prisonniers politiques sont
de véritables exclusions de la société.
Mais ce qui c’est passé cette semaine
dépasse tous les entendements. Ce n’est
pas à un prisonnier que l’on s’en est pris,
mais à son épouse, Michèle Alessandri !
Femme exemplaire, mariée à un militant
et ami de grande valeur, Petru Alessandri.
Malgré la condamnation terrible de son
mari à une peine d’emprisonnement à
perpétuité pour son engagement politique
qui laisse peu d’espoir, Michèle a décidé
de continuer à soutenir son mari en étant
toujours à ses côtés.
En début de semaine, les services du
Trésor Public ont bloqué les comptes
de Michèle Alessandri pour exiger d’elle
qu’elle rembourse la somme farfelue de
150 000 euro correspondant aux frais
engagés pour la reconstruction de la
gendarmerie de Petrusedda, détruite par
un commando du groupe sans cigle en
1997. Le salaire de Michèle Alessandri
a été saisi de manière éhontée afin
qu’elle ne puisse plus quitter l’île pour
rendre visite à son mari, ses comptes
ont été bloqués. C’est une première
dans l’Histoire du nationalisme corse, ce
n’est plus au militant à qui l’on s’en prend
financièrement, mais à son épouse ! Il ne
reste même plus à Michèle Alessandri
les quelques centaines d’euro qu’elle
possédait et qu’elle venait de gagner
après un mois de dur travail, pour vivre et
élever dignement ses enfants.
C’est en fait bien évidemment Petru
que l’on voulait atteindre, et ce n’est
pas innocent à quelques semaines de
l’ouverture du procès d’Yvan Colonna
au cours du quel Petru doit apporter un
important témoignage, puisqu’il s’est
à plusieurs reprises accusé d’avoir été
l’auteur de l’assassinat pour lequel
Yvan Colonna sera jugé. On tente tout
simplement de faire pression sur Petru
pour qu’il n’assume plus ses actes et que
l’on puisse condamner lourdement un
patriote corse innocent de plus.
Nous demandons à la classe politique
corse de se mobiliser pour que cesse
immédiatement cette injustice et pour
que Michèle Alessandri et ses enfants
puissent vivre dignement du fruit du travail
de leur mère. Si les poursuites et les
brimades à l’encontre de Michèle devaient
continuer, nous déclinons par avance
toute responsabilité dans les incidents qui
pourraient survenir lors des occupations
des locaux des Trésors Publics de Corse
que nous ne manquerons pas de mener.
Nous ne laisseront pas agir impunément
cet organisme, nous sommes aux côtés de
Petru et de sa famille et nous demandons
aux Corses de l’être avec nous.
Devons-nous faire le calcul de ce que la
non application de la loi envers Petru coûte
depuis 8 longues années à sa famille ?
Avez-vous une idée de ce que coûte un
déplacement à Paris ou à Lannemezan
pour une famille ? Avion, taxi, restaurant,
hôtel, journée de travail non payée… sans
parler de toutes ses semaines où la famille
ne peut pas se déplacer, alors que si la
loi était appliqué et si Petru était incarcéré
au près des siens, sur sa terre, sa famille
pourrait venir le voir toutes les semaines,
comme une immense majorité des
détenus français ! A combien devons-nous
chiffrer ce manque et cette absence ?
Nous allons être très clair, les prisonniers
politiques corses et encore plus leur famille
ne doivent rien à l’Etat français, c’est l’Etat
français qui leur doit les années de prison
qu’il leur fait subir pour avoir défendu
cette terre de Corse et plus encore, les
années d’exil qu’il leur impose, en étant
hors la loi, aujourd’hui la Corse entière
en a conscience et nous n’attendront pas
l’hypothétique construction d’une nouvelle
prison dans 3, 4 ou 5 ans pour que nos
prisonniers rentrent sur leur terre.
Que les ministres français comprennent
bien que nous ne laisserons plus continuer
à venir manger du figatellu et du brocciu
sur nos marchés comme s’ils étaient
en France, s’ils continuent à traiter nos
prisonniers politiques de la sorte !
Nous exigeons l’arrêt immédiat de toutes
poursuites financières contre les patriotes
corses et leur famille déjà si durement
éprouvées par la violation de ses propres
lois par l’Etat français. Nous exigeons un
moratoire financier général concernant
tous les patriotes corses, qu’ils soient
emprisonnés ou libérés. Nous demandons
l’application de la loi et le retour de tous
les Corses sur leur terre.
Comité Anti Répression