Accolta

Accolta Cap'articulu Attualità Pulitica Ghjustizia Internaziunale I Prigiuneri Fiure Cultura Abbunamentu Cuntatti Ligame


Articulu di u numaru 38, Nuvembre di u 2008


PADDUC Innò !



Ce slogan qui commence à apparaître, ici ou là, sur les murs de l'île, témoigne d'un rejet massif du peuple corse pour ce plan insensé, concocté par l'Etat et ses valets locaux : Camille de Rocca Serra et Ange Santini en tête. Alors que la Corse est touchée de plein fouet par une crise économique et sociale sans précédent, l'exécutif de l'Assemblée cherche à imposer un faux développement basé essentiellement sur la notion d'économie résidentielle. Le PADDUC représente un danger éminent pour notre pays, car il induit l'idée d'une marginalisation des Corses sur leur propre terre. Ainsi se profile avec ce plan de « non-développement durable » une mise en coupe réglée et une mise en vente de la terre, un accaparement de nos sites, une explosion des prix et de la spéculation. Cela est inacceptable. En effet, à travers ce PADDUC se pose en filigrane la question essentielle de la terre et de l'existence et du devenir des Corses sur celle-ci. La leur. Les Corses n'ont pas vocation à se paupériser, à vivre dans des réserves d'indiens ou à devenir des sujets de curiosités pour des peigne-culs fortunés.

Si Camille de Rocca Serra aime prendre l'apéro avec ses amis français de la jet set et si Ange Santini aime jouer les Franck Dubosc dans le camping de la pinède à Calvi ça les regarde, mais c'est certainement pas l'affaire de l'immense majorité des Corses qu'ils ont pour habitude de prendre, régulièrement et faussement, à témoin à longueur d'année pour masquer leurs turpitudes. Ceux qui sont favorables au PADDUC ont des intérêts personnels à faire valoir qui ne sont pas ceux, collectifs, de peuple corse. Comment accepter les propos de Camille de Rocca Serra lorsqu'il dit aux médias que le débat doit se faire à l'Assemblée de Corse et non dans la rue ? C'est clair. On cherche à confisquer le débat démocratique avec la société civile car justement l'avis majoritaire de la rue n'est pas celui des élus UMP à la CTC qui voteront sans broncher, avec le bras à demi-levé, en faveur du PADDUC…De même, comment interpréter le refus d'Ange Santini d'évoquer, courant septembre à l'antenne de France 3, le flou qui entoure la cartographie de la commune de Calvi, et plus précisément là ou se situent des terrains lui appartenant dans la pinède qui est actuellement un espace dit remarquable? Peut-être qu'il y a une volonté de les déclasser et de les faire pleinement fructifier, mais pas seulement de pommes de pin… L'enjeu est donc d'importance car il va engager la Corse pour les 30 prochaines années. C'est pour cela que le PADDUC doit être combattu et battu. L'intérêt de la Corse n'est pas celui des clans et de leurs amis, parmi lesquels de grands groupes qui lorgnent depuis quelques temps sur les transports, sur notre terre, notre eau, nos forêts… Un défi majeur auquel les militants nationalistes devront faire face avec détermination et rigueur pour mettre en échec les visées du donneur d'ordre, l'Etat français, étrangement silencieux et prudent, mais pour qui le PADDUC représente beaucoup afin d'éradiquer ce que représente la Corse, politiquement et culturellement, par l'aliénation, la colonisation de peuplement et le génocide ethnique.

Battì Lucciardi

 

Sur le même thème

© U Ribombu Internaziunale — 2008