Ce slogan qui commence
à apparaître, ici ou là,
sur les murs de l'île,
témoigne d'un rejet massif du
peuple corse pour ce plan
insensé, concocté par l'Etat et
ses valets locaux : Camille de
Rocca Serra et Ange Santini en
tête. Alors que la Corse est touchée
de plein fouet par une
crise économique et sociale
sans précédent, l'exécutif de
l'Assemblée cherche à imposer
un faux développement basé
essentiellement sur la notion
d'économie résidentielle. Le
PADDUC représente un danger
éminent pour notre pays, car il
induit l'idée d'une marginalisation
des Corses sur leur propre
terre. Ainsi se profile avec ce
plan de « non-développement
durable » une mise en coupe
réglée et une mise en vente de
la terre, un accaparement de
nos sites, une explosion des
prix et de la spéculation. Cela
est inacceptable. En effet, à travers
ce PADDUC se pose en filigrane
la question essentielle de
la terre et de l'existence et du
devenir des Corses sur celle-ci.
La leur. Les Corses n'ont pas
vocation à se paupériser, à vivre
dans des réserves d'indiens ou à
devenir des sujets de curiosités
pour des peigne-culs fortunés.
Si Camille de Rocca Serra aime
prendre l'apéro avec ses amis
français de la jet set et si Ange
Santini aime jouer les Franck
Dubosc dans le camping de la
pinède à Calvi ça les regarde,
mais c'est certainement pas
l'affaire de l'immense majorité
des Corses qu'ils ont pour habitude
de prendre, régulièrement
et faussement, à témoin à longueur
d'année pour masquer
leurs turpitudes. Ceux qui sont
favorables au PADDUC ont des
intérêts personnels à faire valoir
qui ne sont pas ceux, collectifs,
de peuple corse. Comment
accepter les propos de Camille
de Rocca Serra lorsqu'il dit aux
médias que le débat doit se
faire à l'Assemblée de Corse et
non dans la rue ? C'est clair. On
cherche à confisquer le débat
démocratique avec la société
civile car justement l'avis majoritaire
de la rue n'est pas celui
des élus UMP à la CTC qui
voteront sans broncher, avec le
bras à demi-levé, en faveur du
PADDUC…De même, comment
interpréter le refus d'Ange
Santini d'évoquer, courant septembre
à l'antenne de France 3,
le flou qui entoure la cartographie
de la commune de Calvi,
et plus précisément là ou se
situent des terrains lui appartenant
dans la pinède qui est
actuellement un espace dit
remarquable? Peut-être qu'il y a
une volonté de les déclasser et
de les faire pleinement fructifier,
mais pas seulement de
pommes de pin… L'enjeu est
donc d'importance car il va
engager la Corse pour les 30
prochaines années. C'est pour
cela que le PADDUC doit être
combattu et battu. L'intérêt de
la Corse n'est pas celui des
clans et de leurs amis, parmi
lesquels de grands groupes qui
lorgnent depuis quelques
temps sur les transports, sur
notre terre, notre eau, nos
forêts… Un défi majeur auquel
les militants nationalistes
devront faire face avec détermination
et rigueur pour mettre
en échec les visées du donneur
d'ordre, l'Etat français, étrangement
silencieux et prudent,
mais pour qui le PADDUC
représente beaucoup afin
d'éradiquer ce que représente
la Corse, politiquement et culturellement,
par l'aliénation, la
colonisation de peuplement et
le génocide ethnique.
Battì Lucciardi