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Articulu di u numaru 24, aprile di u 2007


Palazzu Naziunale : le siège du gouvernement
de la Corse indépendante





En 1755, lorsque Pasquale de’Paoli devient général en chef de la Corse et qu’il déclare l’indépendance, il a besoin de choisir une capitale pour installer son gouvernement. Il choisit Corti, et notamment l’ancien Palazzo della signoria, construit vers 1570, qui avait abrité par le passé des officiers génois notamment le lieutenant de la province de Corti.

Il doit alors doter ce bâtiment de tous les attributs d’un siège de gouvernement. Il faut savoir qu’à l’époque, le Palazzu Naziunale compte un étage de moins.

Paoli n’a aucune prédisposition pour vivre dans le luxe, mais il fera des efforts car il percevra très tôt l’importance de l’image qu’il donnera de lui même et de son gouvernement à l’extérieur. Il sera par exemple très attentif à la tenue vestimentaire des messagers corses.

Paoli donna comme l’explique Jean Pulicani (conférence donnée à la bibliothèque du Palazzu Naziunale pour le centenaire du retour des Cendres de Paoli, le 4 septembre 1989), un certain décorum pour le service la vaiselle employée ou la diversité des plats servis.

Le Palazzu Naziunale abrite également les prisons d’Etat, dans son rez-de-chaussée. C’est un gros problème pour Paoli, car lorsque les prisonniers entendent que Paoli est là, ils se mettent à hurler toute la nuit et il dort très mal.

Il prendra ainsi la décision d’aménager un appartement pour recevoir les hôtes de marque à un autre endroit, dans le couvent St François, dont il ne reste aujourd’hui plus que le fameux clocher. Il utilisera lui-même occasionnellement ce logement pour se reposer.


Les animaux du gouvernement

Dans le Palazzu, Paoli installe aussi les archives gouvernementales. Les Génois avaient eu beaucoup de mal à se protéger des souris qui causaient des dégâts considérables dans les archives.

Paoli a l’idée de mettre des chats, au nombre de cinq qui seront nourris aux frais... du gouvernement ! Paoli avait également un ou plusieurs cursini qui montaient la garde devant sa chambre, dont un, Nasone, auquel il devait tenir tout particulièrement au point de l’avoir amené en exil avec lui à Londres.

En 68, il y avait aussi un perroquet, sans doute arrivé de Tunis, deux autruches, et un “tigre” qui devait être un femelle guépard, cadeaux du Bey de Tunis.


Les habitants du Palazzu

Au rez-de-chaussée du Palazzu, se trouvait la garde du Palazzu, composée de 5 soldats et d’un officier. Il y avait une sentinelle en fraction en permanence.

La garde personnelle de Paoli qui l’accompagnait et l’escortait dans tous ces déplacements était composée d’une cinquantaine d’hommes qui étaient logés chez l’habitant à Corti comme lors des déplacements.

Le père Valentini était le trésorier du Royaume. Il réglait les dépenses de l’Etat, notamment l’entretien du Palazzu. Il y avait un garde des Sceaux dont le rôle était d’authentifier tous les courriers ou acte officiels, son fils était chargé de l’organisation des receptions et de l’accueil des invités. On trouvait également dans le Palazzu le docteur personnel du général.

En plus des secrétaires intérimaires suivant les besoins, il y avait un secrétaire particulier. Le Palazzu payait également un chasseur pour approvionner la cuisine en gibier. Des pallefreniers s’occupaient du cheval de Paoli, du mulet chargé de transporté son lit de camp en déplacement et vers la fin du Royaume du cheval arabe offert par le Bey de Tunis en 68. Paoli avait également un valet de chambre.

Un chef avait 5 ou 6 personnes à son service, et le maître d’hôtel deux.


Histoire et avenir

En revanche, le Palazzu n’abrite pas les locaux de l’Université de Corse contrairement à une idée répandue. En fait, l’Université est logée dans la Casa Rossi, un maison aujourd’hui détruite, au-dessus de la place Paoli, dans l’alignement de la statue et de la fontaine. On remarque d’ailleurs qu’il manque un bâtiment à cet endroit.

Il serait intéressant aujourd’hui de pouvoir recréer dans le Palazzu Naziunale l’aménagement de l’époque paoline et d’en faire un musée sur Paoli. Cela permettrait d’avoir un lieu de mémoire supplémentaire sur cette époque au lieu de le confiner au rôle, certes prestigieux, de présidence de l’Université, mais qui le coupe du grand public.

Ghjuvan Filippu Antolini

 

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