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Articulu di u numaru 22, farraghju di u 2007


Les affrontements inter-palestiniens



Un mouvement de Libération Nationale quelle que soit sa quête justifiée d’émancipation nationale et aussi sociale n’échappe pas souvent aux divergences et aux contradictions, voire aux vicissitudes d’une lutte que l’ennemi dominateur peut observer positivement, exploiter voire susciter…

Il en va ainsi, avec ses réalités spécifiques, de la Palestine confrontée à la fois, aux menées armées et sanglantes de Tsahal, la puissante formation militaire israélienne, et aux affrontements inter-palestiniens opposant certains tenants du Fatah et du Hamas.


Une cinglante actualité…


C’est à priori, telle une goutte d’eau qui fait déborder le vase, à cause de l’annonce faite par le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas d’élections présidentielle et législatives anticipées, que sont survenus les affrontements inter – palestiniens, qui ne cessent de se succéder tant dans la bande de gaza qu’en Cisjordanie. Des affrontements opposant des militants du Fatah aux militants du Hamas et qui souvent se terminent – hélas – dans le sang, démentant pour le moment les appels lancés ici et là à l’unité nationale. Il y a peu, encore une fois, l’actuel responsable du gouvernement palestinien Ismaïl Haniyeh exhortait « toutes les parties à s’en tenir à l’accord de réconciliation »… Il y a peu, au même moment, des hommes du Fatah faisaient feu sur une manifestation à Naplouse d’une manifestation de milliers de militants du Hamas…


La complexité historique

Au-delà d’une conjoncture, la complexité de la question palestinienne repose sur des éléments déterminant son avenir. Les accords d’Oslo – pour citer ceux – là – ont démontré la possibilité d’une solution politique amenant l’Etat israélien à admettre le principe d’un Etat palestinien. Mais les principes sont souvent démentis par les faits, et l’Intifada depuis 2000 rappelle la complexité d’une situation ou la Palestine demeure un territoire morcelé, occupé militairement – on y construit même un mur digne de l’apartheid ! -, et où Israël poursuit sa politique de colonisation et d’exploitation économique au détriment d’une communauté quasiment soumise à un quotidien d’humiliation, de pauvreté sinon de misère et de négation… Israël peut impunément continuer sa politique d’agression et de soumission et ce pour trois principales raisons :

la création d’un Etat palestinien au sens entier du terme, n’est pas majoritairement admise au sein de la classe politique israélienne malgré la réalité d’un fort mouvement pacifiste ;

Israël bénéficie pour cette approche du soutien intégral des Etats- Unis.

Le silence imposé ou complice d’une communauté internationale, malgré la marge de manoeuvre de l’O.N.U.

Les accords d’Oslo (1993) ont certes ouvert une perspective, mais n’ont pas répondu à la globalité complexe du problème posé. La situation actuelle le rappelle.


L’émergence du Hamas

Les atermoiements des politiques internationales, minées à la fois par les intentions réelles des conservateurs israéliens et américains, n’ont pas permis à l’autorité palestinienne, y compris du temps historique de Yasser Arafat, de prendre toute la place qui était la sienne sur les territoires qui lui ont été accordés.

Même l’Europe qui n’est pas du tout opposée à la mise en place d’un Etat palestinien n’a pu influencer le sort imparti à toute une communauté qui malgré des accords, malgré des aides et des apports financiers, n’a vu ni connu une substantielle évolution de développement social et économique. Les détournements opérés au sein des institutions palestiniennes au détriment des besoins collectifs et vitaux ont commencé à détourner nombre de couches sociales défavorisées d’un pouvoir perçu comme « gangrené » au bénéfice d’une association au départ religieuse, caritative dont l’installation progressive et le maillage sur l’ensemble de la société auront une traduction politique conséquente lors des dernières législatives de cette année puisque le Hamas devient le mouvement politique majoritaire ayant à charge de constituer le nouveau gouvernement palestinien. Entre – temps le Hamas, malgré la liquidation physique de ses principaux dirigeants a démontré sa capacité militaire à frapper sur le sol israélien et à lui asséner de sanglants revers.


La communauté internationale

Au même titre que Georges Bush hier, et selon le choix sélectif de Ariel Sharon de ne pas reconnaître en Yasser Arafat l’homme politique des possibles négociations d’alors, le gouvernement israélien aujourd’hui à travers Ehud Olmert et toujours avec l’actuel président américain se refusent de reconnaître – malgré l’incontestable démonstration démocratique – la victoire du Hamas et de voir en lui un acteur d’éventuelles négociations. L’Union Européenne adopte le même principe.

Et dans cette campagne d’isolement international, les aides et versements financiers sont gelés, axphyxiant de fait l’économie palestinienne… des mouvements de protestations sociales commencent à se faire sentir ici et là, tel les fonctionnaires de la sécurité non payés, exacerbant ainsi une situation et une confrontation entre le Hamas isolé et le président de l’autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, détenteur des sympathies de la communauté internationale.

Le Hamas malgré sa nouvelle expérience du pouvoir persiste dans son refus de reconnaître historiquement l’Etat d’Israël, s’isolant plus qu’il ne l’était au niveau des nations et peuples constitués, et malgré les tentatives très fragiles et sans succès de la Russie – pour citer cet exemple – de tenter de briser l’ostracisme dont il est sujet…


Un tout autre choix

La récente rencontre entre Mahmoud Abbas et Ehud Olmert à Jérusalem a confirmé le choix international – après l’annonce des élections anticipées – de « l’interlocuteur ». Ehud Olmert n’en a pas fait secret : Parmi les gestes de « bonne volonté » proposés, la levée des restrictions de mouvement imposées aux palestiniens et le retrait de plusieurs barrages en Cisjordanie, le transfert des taxes qu’Israël perçoit pour la Palestine et qui ne sont plus versées depuis mars, la dote de plusieurs centaines de fusils d’assaut en Cisjordanie pour renforcer la garde du président.

Pendant ce temps là, le premier ministre Ismaïl Haniyeh continue de dénoncer comme illégitimes et anti constitutionnelles ces élections anticipées… Un fait est acquis pour le moment : l’échec d’une unité nationale qui aurait pu avoir raison des manoeuvres internationales de division et de manipulation…


L’incertitude

Il n’en reste pas moins que le calcul supposé de ces élections anticipées – une défaite du Hamas – n’est pas forcément le meilleur. Si une grande partie de la communauté internationale mise sur cette supposition, rien en l’état actuel des choses n’étaye cette approche. Ainsi certains pays du Moyen Orient, l’Egypte, l’Arabie Saoudite et la Jordanie envisagent plutôt une nouvelle victoire du Hamas aux législatives et aussi à la présidentielle. Il est vrai qu’actuellement c’est bel et bien le Hamas qui contrôle la trêve, et qui détient également le soldat israélien capturé, deux éléments qui dans la situation actuelle pèsent.

Ainsi si le scénario venait à se reproduire, les conditions de conflit iraient certainement en s’amplifiant… En attendant Israël continue sa politique de colonies, construisant au sud de Jérusalem un projet de 13 000 unités de logement dont l’objectif à terme est d’entourer par le biais de plusieurs colonies la ville historique en question…

Ulivieru Sauli

 

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