Il y a peu le président égyptien
Hosni Moubarak affirmait que les
israéliens traînaient les pieds quant
à la résolution du problème national
palestinien. Des propos qui rappellent
la persistance d’une situation de
conflits et de drames sans qu’aucune
solution pérenne n’aboutisse véritablement.
Des propos qui semblent
démontrer aussi que l’Etat hébreu
réfute effectivement la création d’un
véritable Etat palestinien sur un territoire
clairement unifié, et non morcelé.
Dans ce contexte, un exemple
illustrera ci-après le supplice de tout
un peuple tourné dés lors vers le martyr,
là ou il n’est plus d’issue que la
mort ou la résignation… C’est le
drame d’une famille qui vous est
conté, plus exactement de Karima
Abu Dalal. Karima est originaire du
camp de réfugiés de An-Nuseirat.
Comme toutes les jeunes filles de son
âge, Karima rêvait. Là ou tout un environnement
grillagé lui signifie journalièrement
qu’elle vivait sur un territoire
surveillé, un apartheid qui ne dit
pas son nom, Karima rêvait qu’un jour
elle fonderait dans l’amour une
famille et élèvera ses enfants. Elle
bâtira effectivement une famille avec
Maher son époux. Et mettra au monde
pour sa plus grande joie un fils
nommé Ahmad. Malheureusement la
naissance de ce fils sera suivit d’une
toute autre et triste nouvelle : Karima
apprend qu’elle fait une rechute d’une
terrible maladie qu’est la leucémie. La
propagation de la maladie est telle
qu’elle ne peut allaiter comme elle
l’aurait tant aimé son fils. Karima
attendait ainsi l’autorisation de se rendre
en Cisjordanie pour une nouvelle
et deuxième transplantation de
moelle osseuse. Sa première opération
fut réalisée en Egypte.
L’intensification de la maladie incite
tout naturellement Karima et Maher à
se rendre dans un hôpital de
Naplouse, qui s’est récemment spécialisé
et équipé pour les greffes de
moelle osseuse. Son hospitalisation
est dure, les tests de compatabilité se
suivent et se poursuivent. Karima
doute fortement, son moral faiblit, sa
santé se dégrade. Elle se voit dépérir.
C’est dans ces conditions qu’elle voulait
retourner à Gaza, pour pouvoir
dire adieu à son cher petit Ahmad et
sa famille. L’opération était toutefois
planifiée et c’est pour cela que, après
cette visite, son époux Maher la
ramène à Naplouse. Maher croyait
certainement au fond de lui, ce formidable
espoir qu’est la vie, que Karima
resterait a ses cotés. Tous deux arrivés
au point de passage entre Gaza et
Israël, les autorités israéliennes décident
le refus de leur passage. Plusieurs
organisations humanitaires parmi lesquelles
Médecins Sans frontières sont
rapidement informées et tentent de
rémédier à ce grave empêchement.
Elles transmettent aux instances
concernées les rapports sur l’état de
santé préoccupant de Karima. Des lettres
de recommandations sont aussi
envoyées. Malgré toutes les volontés
du monde, la vie de Karima se heurte
à l’intransigeance des israéliens, justifiant
leur refus au nom de prétendues
informations sécuritaires. Karima,
cette jeune femme, incapable à ce
moment là de pouvoir se tenir debout
et de se mouvoir est dénoncée
comme une terroriste prête à commettre
un attentat une fois en Israël…
Et les pensées de Karima sont à ce
moment là très loin de ces préjugés.
Elle se bat malgré tout pour maintenir
un souffle de vie, une flamme d’espérance,
pour son mari et son enfant.
Elle rêve encore, comme elle rêvait
hier… L’envoi de rapports supplémentaires
produit par des médecins israéliens
et internationaux restera sans
effet. Les autorités militaires continuent
de se dissimuler derrière de
fumeuses informations top secrètes
des services de renseignements israéliens.
La vie et le rêve de Karima se
sont arrêtés le dimanche 5 octobre
2008. Ce jour là, elle fut déclarée cliniquement
morte dans un hôpital de
Gaza. Je laisserai pour conclure ce
qu’un homme, Raymond Richa, qui
s’est aussi penché sur cet affligeant
évènement, écrira pour terminer son
texte : Pas trop loin de cet hôpital,
toujours en terre occupée de la
Palestine, un ministre, celui des affaires
étrangères de France, celui qui prétend
être un grand défenseur des
droits de l’homme, préfère passer sous
silence de marbre, devant ces actes
criminels perpétrés quotidiennement
par l’entité sioniste. Cette dernière lui
est si chère, au point de n’avoir
comme souci que l’arme nucléaire iranienne.
Qu’importe le silence de ce
ministre puisque Karima vit dorénavant
en nous, renforçant ainsi notre
détermination à résister…Et je finirai
ce texte pour énoncer ce que Karima
signifie en arabe : Généreuse .
Comme elle l’a été pour ses ami(e)s,
sa famille, son mari et son enfant.
Ulivieru SAULI