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Articulu di u numaru 37, Ottobre di u 2008


Palestine ou la mort au quotidien



Il y a peu le président égyptien Hosni Moubarak affirmait que les israéliens traînaient les pieds quant à la résolution du problème national palestinien. Des propos qui rappellent la persistance d’une situation de conflits et de drames sans qu’aucune solution pérenne n’aboutisse véritablement.

Des propos qui semblent démontrer aussi que l’Etat hébreu réfute effectivement la création d’un véritable Etat palestinien sur un territoire clairement unifié, et non morcelé.

Dans ce contexte, un exemple illustrera ci-après le supplice de tout un peuple tourné dés lors vers le martyr, là ou il n’est plus d’issue que la mort ou la résignation… C’est le drame d’une famille qui vous est conté, plus exactement de Karima Abu Dalal. Karima est originaire du camp de réfugiés de An-Nuseirat. Comme toutes les jeunes filles de son âge, Karima rêvait. Là ou tout un environnement grillagé lui signifie journalièrement qu’elle vivait sur un territoire surveillé, un apartheid qui ne dit pas son nom, Karima rêvait qu’un jour elle fonderait dans l’amour une famille et élèvera ses enfants. Elle bâtira effectivement une famille avec Maher son époux. Et mettra au monde pour sa plus grande joie un fils nommé Ahmad. Malheureusement la naissance de ce fils sera suivit d’une toute autre et triste nouvelle : Karima apprend qu’elle fait une rechute d’une terrible maladie qu’est la leucémie. La propagation de la maladie est telle qu’elle ne peut allaiter comme elle l’aurait tant aimé son fils. Karima attendait ainsi l’autorisation de se rendre en Cisjordanie pour une nouvelle et deuxième transplantation de moelle osseuse. Sa première opération fut réalisée en Egypte.

L’intensification de la maladie incite tout naturellement Karima et Maher à se rendre dans un hôpital de Naplouse, qui s’est récemment spécialisé et équipé pour les greffes de moelle osseuse. Son hospitalisation est dure, les tests de compatabilité se suivent et se poursuivent. Karima doute fortement, son moral faiblit, sa santé se dégrade. Elle se voit dépérir.

C’est dans ces conditions qu’elle voulait retourner à Gaza, pour pouvoir dire adieu à son cher petit Ahmad et sa famille. L’opération était toutefois planifiée et c’est pour cela que, après cette visite, son époux Maher la ramène à Naplouse. Maher croyait certainement au fond de lui, ce formidable espoir qu’est la vie, que Karima resterait a ses cotés. Tous deux arrivés au point de passage entre Gaza et Israël, les autorités israéliennes décident le refus de leur passage. Plusieurs organisations humanitaires parmi lesquelles Médecins Sans frontières sont rapidement informées et tentent de rémédier à ce grave empêchement.

Elles transmettent aux instances concernées les rapports sur l’état de santé préoccupant de Karima. Des lettres de recommandations sont aussi envoyées. Malgré toutes les volontés du monde, la vie de Karima se heurte à l’intransigeance des israéliens, justifiant leur refus au nom de prétendues informations sécuritaires. Karima, cette jeune femme, incapable à ce moment là de pouvoir se tenir debout et de se mouvoir est dénoncée comme une terroriste prête à commettre un attentat une fois en Israël… Et les pensées de Karima sont à ce moment là très loin de ces préjugés.

Elle se bat malgré tout pour maintenir un souffle de vie, une flamme d’espérance, pour son mari et son enfant. Elle rêve encore, comme elle rêvait hier… L’envoi de rapports supplémentaires produit par des médecins israéliens et internationaux restera sans effet. Les autorités militaires continuent de se dissimuler derrière de fumeuses informations top secrètes des services de renseignements israéliens.

La vie et le rêve de Karima se sont arrêtés le dimanche 5 octobre 2008. Ce jour là, elle fut déclarée cliniquement morte dans un hôpital de Gaza. Je laisserai pour conclure ce qu’un homme, Raymond Richa, qui s’est aussi penché sur cet affligeant évènement, écrira pour terminer son texte : Pas trop loin de cet hôpital, toujours en terre occupée de la Palestine, un ministre, celui des affaires étrangères de France, celui qui prétend être un grand défenseur des droits de l’homme, préfère passer sous silence de marbre, devant ces actes criminels perpétrés quotidiennement par l’entité sioniste. Cette dernière lui est si chère, au point de n’avoir comme souci que l’arme nucléaire iranienne. Qu’importe le silence de ce ministre puisque Karima vit dorénavant en nous, renforçant ainsi notre détermination à résister…Et je finirai ce texte pour énoncer ce que Karima signifie en arabe : Généreuse . Comme elle l’a été pour ses ami(e)s, sa famille, son mari et son enfant.

Ulivieru SAULI

 

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