A l’occasion du bicentenaire de la mort de Pasquale Paoli
(1807/2007), l’heure semblait à la concorde pour fêter cet événement
en donnant le nom d’une rue, d’une place, voire d’un petit
square à Pascal Paoli, tant l’immense dimension de cet homme
politique, législateur et citoyen du monde, semblait reconnue par
tout un chacun.
C’était sans compter sur le jacobonisme des élus socialistes de la
ville de Pais qui, saisis par monsieur Espinoza, adjoint au maire du
XIIe arrondissement, à la requette de la Fédération des associations
corses de Paris Ile-de-France, ont opposé une incompréhensible
fin de non recevoir !
Faut-il y voir une nouvelle manifestation “corsophobe” comme le
pense le président Pierre-Jean Andrei, particulièrement déçu, ou
tout simplement l’expression d’un nationalisme français étroit et
inquiétant ?
La question se pose avec acuité lorsque l’on sait qu’aux Etats
Unis, à Rome ou à Londres, Paoli est bien présent.
Reste que les socialistes parisiens, fort attachés aux droits de toutes
les “minorités” quand il ne s’agit pas de la Corse, ont perdu une
belle occasion de saluer comme il se devait l’un des plus grands
défenseurs des droits de l’Homme et de l’esprit républicain authentique.
Il est certes plus facile de proclamer les droits des hommes et des
peuples quand ils se situent à des milliers de kilomètres de distance
et de se dire attachés à l’intérêt général quand il s’agit de celui des
autres.
Après cela, comment s’étonner que Blum, Jaurès ou Mendès
France soient revendiqués par d’autres que les prétendus “Hommes
de gauche” ?
A bien y réfléchir, cet ostracisme démontre, s’il en était encore
besoin, que Paris ne vaut même plus une messe ou un banquet
républicain. Dans cette boulimie cocardière, le comportement de la
municipalité de Bastia retrouve toute sa signification...
Chì scumpientu !
Vincent Stagnara