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Articulu di u numaru 24, aprile di u 2007


Paolisti ?





L’année s’y prête, ce bicentenaire de la mort de Paoli le permet. Les commémorations se succèdent et se ressemblent. Qu’elles viennent du courant des nationalises, émanation des nationaux, I Naziunali, ou de la classe politique dite traditionnelle, terme qui signifie claniste, parfois elles se mêlent.

Et, sur la forme, à juste titre car, il faut le dire, Paoli appartient à tous, à I Naziunali, aux Corses, aux non Corses, aux humanistes et constitutionalistes aussi.

C’est d’ailleurs là, disonsle, sa force principale, son universalité. Alors il est malvenu de se plaindre, de dénoncer même ce que nous savons être des tentatives de récupération médiatique par les enfants spirituels du Traité de Versailles, ou plutôt des Traités de Versailles, à commencer par celui du 15 mai 1768. Et il faut le dire car c’est une réalité première, ils sont nombreux ceux pour qui une République peut s’arroger des droits sur des peuples, sur des hommes « sans leur consentement libre et spontané ».

Oui, ils sont nombreux, ils ont proliféré comme le ferait la vermine, eux les fils du Partitu Francese, présent en Corse bien avant Ponte Novu, ne l’oublions pas.

Paoli décéda en février 1807, loin de sa Patrie et, selon toute vraisemblance, sans progéniture, sans descendance. È l’altri ? È noi ? Chì simu ?

Là est le véritable sujet de débat s’il faut en chercher un afin de ne pas verser dans le sacramental consensus angélisant. Ils étaient pourtant des mille et des cents, même au soir de la défaite, même après une bataille, celle du mois de mai 1769. Ils venaient de toutes les classes sociales, librement, sans aucune contrainte, adhérant à l’idéal de la Révolution Nationale, ayant pris les armes pour elle.

Ils étaient de tous les villages, de toutes les Pieve, de toutes nos régions, un Peuple en mouvement, un Peuple en lutte. Savezvous, savons-nous que chacun d’entre nous a eu au moins 1 si ce n’est 2, 4 ou 8 aïeuls qui ont eu, un jour, ce courage de quitter leur condition humaine, leur rang dans la société, bourgeois ou paysans, lettrés ou bergers, pour saisir un fusil, un stylet, un arcusgiu, una catana.

Ils étaient des milliers et pourtant l’Histoire dit qu’ils ne furent pas plus de 300 à suivre le vieux Général de la Nation dans son exil. Et très vite, beaucoup rentrèrent en Corse, beaucoup rentrèrent dans le rang, courbant l’échine, lui tournant le dos. Deux siècles ont passé, c’est vrai. Non, n’inventons pas l’Histoire, Paoli n’eût pas de descendance. Mais eux, les nationaux, eux les révoltés, eux les miliciens, eux ont laissé, à sa place, une nombreuse descendance.

Là est peut-être enfin le débat. Je ne crois pas que nous soyons les enfants de Paoli, cela serait un rêve et il serait trop beau.

Je suis certain que nous sommes nombreux, des mille et des cents, à ne pas être les fils des esclaves de Versailles et de ses traités honteux.

Je rêve que nous nous affirmions enfin comme les descendants des Naziunali, des miliciens, des combattants. Aucun d’entre vous, aucun d’entre nous n’a le droit de rejeter cette hérédité qu’il porte en lui, aucun d’entre nous n’a le droit de nier, de renier, ses origines.

Aucun d’entre nous n’a le droit de refuser de prendre les armes que nos ancêtres nous ont laissées.

Faisons ensemble la démonstration que nous sommes encore véritablement les fils de nos pères, d’I Naziunali. Peu importe le projet, peu importe l’indépendance ou ses formes.

Ayons cet amour de la Nation que le plus modeste berger du Niolu a su avoir, sans besoin de projet de société en 110 propositions, sans garanties aucunes que celle de savoir que c’est sa vie, toute sa vie qu’il engage pour servir la Patrie.

Montrons-nous dignes enfin de ceux qui avaient les deux pieds posés sur les pierres du pont étroit de Ponte Novu afin d’être certains que nous n’avons pas rejoint, ultime trahison, les troupes du partitu francese, les rangs des colonisés.

Faisons-le, et vite, et autrement, et mieux, et plus solidairement qu’aujourd’hui car alors il ne servirait à rien de parler de cet homme qui traversa un jour, par hasard notre Histoire, u nostru Pasquale di Paoli.

Carlu Pieri

 

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