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Articulu di u numaru 21, ghjennaghju di u 2007


Main basse sur les parkings bastiais ?



A la date du 31 mai 2007, la convention de concession pour l’exploitation du parking Saint Nicolas, qui lie depuis 1981 la municipalité de Bastia et la société VINCI, ne sera pas renouvelée. Cette situation n’est pas sans inquiéter les salariés qui craignent pour leur devenir. Pour en savoir plus sur cette question, nous avons rencontré le délégué syndical STC des parkings bastiais, Rinatu Berrettini.

U Ribombu : Quelle est la situation actuelle au sein des parkings bastiais ?

Rinatu Berrettini :
La situation est floue et, par conséquent, préoccupante. En effet, depuis quelques semaines, des rumeurs circulaient sur la non-reconduction de la convention de concession des parkings entre la Mairie de Bastia et Vinci. L’information m’a été confirmée, le 21 novembre au cours d’un rendez- vous officiel, par le 1er adjoint au Maire, Ange Rovere. Celui-ci m’a indiqué qu’une Régie Autonome de droit privé a été constituée, son directeur déjà nommé, et qu’elle sera chargée, dès le 1er juin 2007, de la gestion des parkings St Nicolas ainsi que des futurs parkings du Fangu et de la Place d’Armes. Le parking du Marché n’est dans l’immédiat pas concerné, dans la mesure où le bail de concession court encore sur une dizaine d’années.

Après cette entrevue, j’ai averti de la situation le Président de VINCI, Mr Grand, qui n’était absolument pas au courant, malgré des contacts permanents entre la société et la Mairie.

Depuis, VINCI, à ses demandes d’explication, se serait heurtée à des fins de non recevoir de la part de la municipalité. Mr Rovere a également signalé que les anciens employés de VINCI seraient maintenus dans leurs emplois, selon l’article 122-12 du code du travail, et que plusieurs embauches, une dizaine, étaient prévues.

Toutefois, à ce jour, les salariés ont la désagréable impression d’être les otages d’un conflit politico-financier larvé entre VINCI et la Mairie de Bastia. Ils n’ont aucune garantie sur leur avenir, et ce d’autant plus qu’une réunion d’information, programmée pour la fin décembre, ne s’est pas tenue.


U Rib. : Pourquoi êtes vous si inquiet malgré les “promesses” de la Mairie de Bastia ?

Rinatu Berrettini :
Nous le sommes doublement, dans la mesure où, d’une part, au sein de VINCI, nous sommes déjà des salariés de seconde zone par rapport à nos collégues français en matière de salaires, de mutuelles, d’équipements et, de l’autre, nos relations avec la Mairie ne sont pas bonnes.

Ces dix derniéres années, il y a eu trois grands conflits majeurs, 1996 – 1998 – 2001, et ils se sont tous soldés par des procédures pénales et prud’hommales. Dans ces affaires, la Mairie n’a jamais joué son rôle de médiatrice et ne s’est jamais prononcée en faveur des travailleurs.

Elle a toujours adopté la politique de l’autruche, alors même qu’elle a des liens étroits, de par les conventions, avec la société VINCI. Il faut savoir, que la Mairie a un droit de regard sur les salariés et les salaires ! A titre d’exemple, à sa demande expresse, le Député-Maire peut demander le licenciement ou la mutation d’un salarié !

Par ailleurs, en 1995, nous avons appris que les employés corses de VINCI n’avaient pas de 13e mois, à la différence des milliers d’autres employés de VINCI basés en France. Cette non-attribution était liée, lors de la signature de la convention de 1981, à une demande de Jean Zuccarelli. Il ne voulait pas de différences salariales avec ses employés municipaux, sous prétexte qu’ils n’avaient pas de 13e mois !

De plus, en raison de notre opposition, parfois musclée, nous pensons également, que le changement de direction pourrait permettre à la Mairie, à terme, de remplacer le personnel STC par des employés plus dociles, éventuellement membres d’un syndicat maison.


U Rib. : Que comptez vous faire dans les prochaines semaines pour faire évoluer cette situation ?

Rinatu Berrettini :
L’heure sera à la mobilisation. En effet, après notre action syndicale de sensibilisation de la population, les 24 et 25 décembre, où nous avons offert la gratuité des parkings aux automobilistes, nous demandons aux parties de clarifier, de régulariser, la situation. Nous exigeons, dans les plus brefs délais, la tenue d’une réunion entre la Mairie, VINCI et les employés, afin de lever toutes les hypothèques.

Si cela n’était pas le cas, comme nous l’avons fait depuis plus de 10 ans, nous prendrons toutes nos responsabilités syndicales, dans cet énième opus d’une symphonie en deux temps, apparemment sans chef d’orchestre.

Propos recueillis par Battì Lucciardi

 

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