L’affaire que les Bastiais avaient surnommé “la guerre des plaques” est en passe de se
terminer, le bon sens ayant prévalu. Il y aura bien une plaque sous le buste (ho pardon
le “bas-relief”) de Pasquale de’Paoli, rue César Campinchi, à Bastia, grâce à l’initiative
du collectif I Naziunali.
La maire de Bastia a donc eu
la sagesse de trouver une
solution acceptable en ce
qui concerne le texte de la plaque
qui sera apposée sous le bas-relief
de Pasquale de’Paoli. Alors que le
collectif avait suspendu sa participation
aux réunions de la commission
patrimoine de la ville de Bastia
et avait placé la mairie face à ses
propres responsabilités, c’est finalement
une décision sage qui a été
prise, puisque sur le texte de cette
plaque, écrit en trois langues, on
pourra y lire que Paoli était le père
de la patrie, un homme des
Lumières, le général en chef de la
Corse indépendante, mais également
premier président du
Directoire Départemental (ce qui
semble être aux yeux de la municipalité
bastiaise la grande oeuvre de
Pasquale de’Paoli) et le fondateur
de l’Université de Corse. La mention
que la commission patrimoine
voulait mettre au sujet de la
Révolution française a finalement
disparu, cela aurait été du révisionnisme
que de la mettre sans rien
rajouter d’autre, car si Paoli est reçu
en triomphe à Paris par la
Constituante, le Roi et les révolutionnaire,
ce n’est pas parce qu’il
adhère aux idéaux de la Révolution,
mais bien parce que ce sont les
idées de liberté pour lesquelles il
s’était battu et qu’il avait mises en
pratique qui triomphent. Cependant,
il ne faut pas oublier qu’au moment
où les Jacobins prennent le dessus
sur les Girondins, la Convention
appelle à sa barre Paoli (99 % des
gens qui s’y sont présentés ont été
“coupés en deux”). Et Paoli est
déclaré traite à la Rupublique française.
La Corse entière se soulève
derrière lui et rompt avec la France.
Alors, oui, on aurait pu parler de la
révolution, mais il aurait fallu entrer
dans les détails pour éviter de faire
de Paoli un partisant de l’actuel
République française comme certains
aimeraient à le faire croire.
Cette histoire de la plaque aura
démontrer la capacité des représentants
de la mairie de Bastia de
s’adapter à toutes les situations,
n’hésitant pas à dire publiquement
que la mairie avait prévu de commémorer
Paoli, justement en mettant
une plaque à cet endroit !
Heureusement que l’honnêteté
intellectuelle de certains a permis
de rétablir publiquement la vérité,
la municipalité n’avait rien prévu,
et elle a été obligée de réagir par
l’action du collectif I Naziunali.
Une plaque sera déposée, et même
un colloque organisé.
Preuve s’il en était besoin que la
mobilisation populaire a toujours eu
des effets positifs.
Marzulinu