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Dicembre di u 2006


Colloque sur la paix du PNC : oui, mais…


L’initiative du PNC de créer des conditions d’une sortie de crise au problème corse est intéressante et louable, puisque toute démarche allant dans le sens de l’apaisement se doit d’être soutenue. Cependant, la méthode utilisée, et matérialisée le 25 novembre à Corti en présence notamment de représentants basques du PNV et irlandais du SDLP, apparaît comme mal choisie.

En effet, car, d’une part, pour illustrer ce à quoi pourrait ressembler le futur processus corse, seules des formations basques et irlandaises modérées ont été invitées, et, d’autre part, on semble oublier que le mouvement de libération, solidaire politiquement de la clandestinité, est l’une des composantes fondamentales à la résolution du problème corse.

Or, si le SDLP et le PNV sont de farouches adversaires de la lutte de l’IRA et de ETA, le PNC n’ignore certainement pas que ces organisations clandestines ont été pleinement associées aux discussions politiques. Elles détenaient, pour l’IRA, ou détiennent, pour ETA, une partie des clefs à la résolution des conflits. Ne pas les adjoindre aurait été incompréhensible.

En Corse, la situation est toute autre. La paix n’est pas d’actualité. Nous sommes englués dans la crise, et la question corse est uniquement abordée sous l’angle répressif. Ces dernières années, deux initiatives importantes sont restées lettre morte : la trêve, sans conditions, du FLNC et la politique de « main tendue » des élus d’Unione Naziunale. Force est de constater que dans l’immédiat Paris préfère la guerre. Dans six mois auront lieu en France des élections importantes, qui permettront, peut-être, de changer les choses.

Le PNC laisse entendre, selon un article récent de Corse Matin, que Paris semble observer de manière bienveillante son initiative, notamment du côté du PS. On peut également penser que quelques sphères UMP ont quelques regards attentifs à ce sujet.

Mais, quel que soit l’interlocuteur, la paix, la vraie, passe inévitablement par la prise en compte du caractère politique de la question corse, ainsi que la nécessité de trouver une solution négociée à un conflit larvé qui dure depuis trente ans. Le peuple corse à des droits et ne serait se contenter de simples réformettes administratives. En cas de dialogue, toutes les parties impliquées devront être concernées.

Si ça « passe » cela se fera avec tout le monde. Idem si ça « casse ». Trop de sang et de larmes ont été versés, et aujourd’hui encore des dizaines de patriotes croupissent dans les prisons pour un idéal. L’enjeu ne doit pas être partisan car il concerne les intérêts supérieurs et collectifs du peuple corse. Aux nationalistes, unis et solidaires, de s’en montrer à la hauteur.

Battì Lucciardi

 

© U Ribombu Internaziunale — 2006