Prônée lors de la dernière assemblée
générale de Corsica Nazioni
Indipendenti par deux sections,
Aiacciu et celle de 'u suttanacciu ",
adoptée à la majorité par cette même assemblée générale,
l'idée d'un pole " lutte de libération nationale et
indépendance " a été l'objet d'un débat public lors des
dernières Ghjurnati Internaziunali di Corti. Une idée et
un débat qui peuvent être prometteurs…
Une logique stratégique
Les sections conceptrices du pôle en question avaient
pour perspective de structurer autour d'une philosophie
et d'un programme politique les formations se reconnaissant
dans les fondamentaux de la Lutte de Libération
Nationale et de l'indépendance. C'est-à-dire de constituer
une dynamique stratégique propre qui loin d'affaiblir
le mouvement national ne pourrait que l'enrichir et
surtout le rendre plus lisible dans ses différentes approches
d'avenir.
Une plus grande lisibilité
Cette analyse d'un pôle - qui peut aussi se définir comme
un axe - permet effectivement et selon le schéma actuel
du mouvement national, de déterminer de façon plus
lisible et précise les courants qui le composent. Mieux -
et sauf à remettre en cause les convergences patriotiques
- elle ne pourrait que rendre plus efficace l'articulation
sur des bases programmatiques communes du pole
autonomo - nationaliste (d'autres diront réformistes ou
évolutionnistes) et du pole lutte de libération nationale
et indépendance.
Le règlement politique du fait national corse est logiquement
concerné par cette articulation.
Un riche débat
Les intervenants du débat ouvert sur ce thème lors des
Ghjurnati di Corti ont manifesté un aperçu positif de
cette proposition, à des nuances près.
Pour Petru Poggioli du Fronte Populari, " la clarification
de Corsica Nazioni Indipendenti arrive à point nommé, et
Fronte Populari accueille favorablement cette proposition
". Petru précise que " l'aghjenti oghji un capiscini piu
nudda e si dumandani quali so i cumpunenti di l'unioni ?
" en affirmant que justement " l'union n'est pas la confusion
" et que " les positions de Unioni Naziunali tirent le
nationalisme vers le bas. La confusion sert les ennemis
de notre peuple ".
Pour Paulu Felici Benedetti, de " u Rinnovu " la perception
du pole est un peu plus particulière. Paulu Felici
aborde principalement la question de la confiance et
réaffirme son opposition à un front d'organisations, ces
dernières étant jugées comme " héritières des fractions
du passé ". Il critique bien évidemment Unioni Naziunali
qui correspond selon lui à " un regroupement d'organisations
voir d'individus " et ce, pour une " stratégie individuelle
". Il défend " un mouvement de masse, un mouvement
populaire à moyen et long terme ", et dans l'immédiat
il réaffirme la position initiale de son organisation,
s'appuyant plutôt sur " un regroupement par des solidarités
conjoncturelles " vers un " mouvement à tendance "
dont il estime difficile la construction.
Paulu Quastana enfin, dont on connaît la récente trajectoire
individuelle, salue clairement la mise en place du
pole. Il la salut d'autant plus qu'il étaye sa nécessité par
son refus de " trouver des solutions dans le système
actuel, car c'est une illusion ", et appuie son explication
par des référents à la fois simples mais fondamentaux à
savoir par " un peuple, un territoire, une langue, une culture,
parfois une religion, et surtout un état souverain ".
Il exprime également son pessimisme sur la situation
actuelle en disant que " notre terre change de main " et
que surtout - et on partage ici son soucis - " il faut faire
vite ! ".
Edifier une dynamique
D'autres composantes sont appelées à participer à ce
débat, voire à s'investir pour mettre en place effectivement
cette dynamique de lutte de libération nationale
vers l'indépendance.
En lançant une telle initiative, Corsica Nazioni
Indipendenti qui a toujours opté pour une vision et une
pratique de l'union franchit un tout autre pas en projetant
une stratégie philosophique et politique qui transcende
le cadre actuel de Unioni Naziunali, mais qui ne
remet pas en cause les convergences patriotiques
spécifiques aux deux principaux courants du
nationalisme.
Il faut eu égard à l'analyse actuelle de la situation du
pays, effectivement " aller vite ", et affirmer - plus qu'afficher
- sur tous les espaces de la lutte publique la force,
l'ancrage et le dynamisme de la Lutte de Libération
Nationale. L'objectif étant ici double : construire progressivement
la réalité d'une souveraineté nationale, et
arracher à l'état français les droits nationaux qu'il nous a
volé par la force et le sang il y a plus de deux
siècles…
Ulivieru SAULI