La CTC, la CCI de Haute Corse, soutenues
par le Maire de Bastia, envisagent
de créer un nouveau port à la
Carbonite . Le port actuel serait
obsolète, dangereux, et inaménageable.
Ce projet est très destructeur pour
l’environnement, il serait financé par des
investisseurs privés et surtout sous tend une
logique de développement touristique de
masse. Il existe pourtant des solutions réalistes
et raisonnables qui prennent en compte
l’intérêt collectif du peuple corse.

La ville de Bastia et la Corse ont évidemment besoin
d’infrastructures portuaires modernes et performantes.
Bastia étant la destination la plus proche du continent
européen s’impose comme la porte d’entrée de la
Corse. Or les politiques menées jusqu’à présent ont
abouti à l’éparpillement des moyens. La Corse est dotée
de sept ports dont aucun ne répond véritablement aux
besoins d’échanges commerciaux modernes. Certes les
sept ports corses existent depuis bien longtemps, le plus
récent étant celui de l’Isula Rossa développé par
Pasquale Paoli. Si la Corse, au contraire des îles comparables
de Méditerranée a conservé à ces sept ports une
activité fret-passagers, au mépris de la logique économique,
c’est que le réseau des communications intérieures
n’a pas été privilégié rendant les échanges entre les
diverses régions de l’île très peu aisés.
Il faut dire que les sommes consacrées depuis 1976 à la
pseudo continuité territoriale n’ont pas été investies
dans le réseau routier et ferroviaire, même s’il faut
reconnaître leur notable amélioration depuis 30 ans.
Pour en revenir au port de Bastia, le clientélisme et son
corollaire le saupoudrage des moyens, n’ont pas permis
une remise à niveau régulière et un plan pluriannuel de
développement.
Aujourd’hui par la faute de l’incurie des décideurs
(l’état puis la CTC depuis peu) et du gestionnaire la CCI
de Bastia, il faut agir vite, très vite, car nous sommes en
régime dérogatoire, la sécurité n’est plus assurée, les
compagnies maritimes vont déserter le port, bref, la
catastrophe est proche.
Pourquoi faudrait-il construire un nouveau
port à Bastia ?
Le port actuel date effectivement de 1870, cela n’est
pas en soi un argument recevable. Il serait exigu,
enclavé, dangereux pour les manoeuvres et ne peut
accueillir les navires à venir de plus de 200 mètres.
Les insuffisances du port actuel St Nicolas.
• Manoeuvrabilité
d’après les utilisateurs, le principal grief est la sécurité
des manoeuvres. Celles-ci seraient « scabreuses »
d’après un pilote du port de Calais. La passe est étroite,
la manoeuvre se fait avec les vents dominants de travers,
les navires sont de plus en plus volumineux. Il est
vrai que leur taille moyenne augmente et que le port
aurait une dérogation pour accepter les navires de 175
m Sur cette dérogation, il n’a pas été possible d’obtenir
des éclaircissements (durée ?, réexamen ?, problèmes
de responsabilité en cas d’accident ?). Sur ce point de
la dérogation l’opacité est totale. Donc, le port serait
dangereux.
Or, en 2006, il y a eu 4630 rotations de navires, aucun
incident, une vingtaine de bateaux retardés ont dû attendre au large que les conditions météo s’améliorent,
aucun navire n’a dû être
dérouté. Les retards les plus importants
ont été de six heures. En un an,
seul 0,5 % des navires ont été retardés,
est-ce à dire que les pilotes du
port font preuve d’une témérité
extrême qui confine à l’inconscience
?
• Augmentation du trafic.
La CTC annonce une croissance
annuelle de 5 % du trafic passagers
constante soit 3,5 millions de passagers
transportés à Bastia dans 10 ans.
Le trafic fret est aujourd’hui voisin
de 1 million de tonnes, à moins d’une
augmentation conséquente de la
population on le voit mal augmenter
de 50 % en 10 ans.
Cette augmentation de trafic, qui
est une hypothèse réaliste pour la
CTC est cependant très mal répartie
dans l’année. En effet, 70 % du trafic
passagers s’effectue en 4 mois avec
une pointe extrême durant six
semaines en juillet-août.
Le port de Bastia est donc vide 8
mois par an, connaît une bonne fréquentation
sans aucune saturation en
mai, juin, septembre, et environ six
semaines avec des pointes à 20 mouvements
de navires par jour. Pour ce
qui concerne le fret dont la quasitotalité
est transportée par les cargos
mixtes (1 par jour) il suffirait
pour répondre à une augmentation
de 50 % voire 100 % pour les plus
optimistes en 2020, de multiplier les
rotations par deux, ce qui est envisageable
à nombre de navires
constant, (et donc de postes à quai)
si le trafic s’effectue avec Livourne,
diminuant de moitié le temps de
transport (pour mémoire, le coût de
passage d’une remorque Bastia-
Livourne est inférieur de 30 % à
Bastia-Marseille sans subventions)
Les cargos mixtes actuels (Kallisté et
Pascal Paoli) qui soit dit en passant
absorbent la plus grande partie du
trafic passagers en hiver, sont très
récents, et parfaitement adaptés au
Port St Nicolas.

• L’asphyxie de la ville.
La ville de Bastia est connue pour ses
embouteillages cela n’est pas nouveau.
Cette circulation difficile
serait liée à la présence du port en
centre ville qui déverse chaque
année 750.000 véhicules dans les
rues de la cité.
La réalité est tout autre. En hiver,
période où le port est vide, le flux
des véhicules entrant dans Bastia,
est de 10.000/jour, provoquant des
encombrements alors que le port est
vide. Tout le monde peut constater
qu’en périodes de vacances scolaires,
il est très facile de circuler et
stationner dans Bastia. En juillet et
août, la ville se vide de près du tiers
de ses habitants et cela coïncide
avec la période d’afflux massif de
véhicules transitant par le port de
Bastia. Les difficultés de circulation
dans Bastia ne sont pas liées au trafic
du port mais bien au trafic
domestique qui a considérablement
augmenté ces dernières années. La
fuite des habitants hors de la ville à
cause de l’offre de logements insuffisante,
l’offre peu pertinente de
transports collectifs nécessitant
l’usage de sa voiture pour aller travailler,
l’absence de parcs de stationnement
à l’entrée de la ville permettant
de garer sa voiture pour la
journée, l’absence d’une gare routière,
tout cela de par la responsabilité
de la municipalité de Bastia, aux
affaires depuis trente ans, est la
véritable cause de l’asphyxie de la
ville.
• Les retombées économiques
Il faut en distinguer trois types.
les retombées du fonctionnement du
port actuel sont importantes pour la
région bastiaise, le déplacement du
site portuaire ne les modifiera pas ou
peu, seule l’augmentation du trafic
espérée créera des emplois, mais
celle-ci peut se réaliser sur le site
actuel. Pour la phase des travaux on
annonce près de 3000 emplois, mais
peu d’entreprises corses pourront soumissionner à ce marché, et il est
fort probable que la réalisation en
échoira à un groupe de BTP de taille
européenne, les emplois ne bénéficieront
donc pas à la Corse, seuls
resteront quelques marchés annexes
de transport ou autres. Il y a enfin
l’emploi lié à l’activité touristique
supplémentaire générée par l’augmentation
du trafic. Actuellement le
secteur touristique représente 10 %
du PIB de la Corse et crée environ
4000 emplois (équivalent temps plein
annuel)
Le renforcement du trafic,
voire sa multiplication par
deux durant une courte
période de 3 mois au plus
ne peut que créer des
emplois saisonniers peu
qualifiés, peu rémunérateurs
et ne pouvant offrir
aux jeunes corses une perspective
de carrières et un
projet social durable.
L’accentuation de la prépondérance
du transport
passagers maritime
renforce l’hypersaisonalité
de l’activité touristique, ne
créé pas d’emplois permettant de
vivre décemment toute l’année,
favorise le travail dissimulé et ne
permet pas aux entreprises touristiques
d’investir pour leur développement
en l’absence de recettes d’activité
étalées sur au moins huit mois.
• La filière nautique
Si le port de commerce est déplacé à
la Carbonite, le bassin St Nicolas est
libéré, et peut alors changer d’affectation.
D’après la CCI, on pourrait y
créer 900 anneaux de plaisance,
accueillir les grandes unités et les
navires de croisière. D’autre part, ce
port de plaisance serait largement
ouvert sur la ville et on pourrait y
construire commerces et palais des
congrès. Tout cela paraît un rêve
fou.
Aucune étude de faisabilité ou de
rentabilité d’un tel port n’est produite,
qui sera propriétaire ? quels
investisseurs ? Les travaux à réaliser
seront très importants.
Par exemple, par fort vent d’est, il y
a un mètre de houle dans le bassin.
N’a t’on pas tiré les leçons de la verrue
Port Toga. D’après la CCI, ce port
pourrait servir d’hivernage aux navires
de commerce (cela paraît bien
hypothétique) c’est bien l’aveu
implicite de la vacuité de ce port de
plaisance en hiver. Il semblerait que
l’on mette une fois de plus dans ce
dossier la charrue avant les boeufs. Il
en va de l’économie comme de la
biologie ce n’est pas l’organe qui
créé la fonction, mais bien l’inverse.
Le projet Port Carbonite se justifie
t’il à l’horizon 2020 ?
Un tel projet qui devrait atteindre
300 millions d’euros doit impérativement
s’intégrer dans une réflexion
globale, à l’échelle de la Corse, sur
les transports.
On ne peut penser un tel projet seulement
pour Bastia et sa région, il
ne s’agit pas ici de remettre sur le
tapis l’équilibre des équipements ou
des administrations entre Bastia et
Ajaccio, il s’agit de penser aux communications
internes et externes de
la Corse, à leur efficacité et à leur
justification en termes de rentabilité.
Si un investissement énorme est
réalisé à Bastia et que par ailleurs la
CTC continue à entretenir et développer
tous les ports secondaires, si
la CTC persiste à imposer, à grands
frais de continuité territoriale, des
liaisons maritimes déficitaires vers
des ports où les navires débarquent
moins de dix remorques, alors cet
investissement ne sera pas rentable
pour la Corse.
Il est donc indispensable avant de
lancer un tel projet que
l’Assemblée de Corse réponde à
plusieurs questions :
que doivent devenir les ports
secondaires ?
quelle doit être la part de l’aérien
dans le trafic passager ?
quelle doit être la place du tourisme
dans l’économie corse ?
quelles infrastructures routières
et ferroviaires modernes
sont de nature à améliorer
les communications intérieures
?
quel développement économique
veut-on pour les cinquante
ans à venir ?
A ce jour, toutes ces questions
restent en suspend. Le
PADDUC tarde à venir, le
débat reste ouvert et la Corse
ne peut faire l’économie de
ce débat avant de projeter la
réalisation de telles infrastructures.
• La nécessité de l’étalement
annuel du trafic.
Le trafic fret est assez stable en tonnage
durant l’année, le pic d’activité
étant novembre. Les ports existants
sont suffisants pour l’absorber, surtout
si L4on convient enfin de la
nécessité de rééquilibrer nos approvisionnements
en faveur de l’Italie.
Bastia est à 4 heures de Livourne, six
heures de Gênes, Porto-Vecchio à 6
heures de Civita Vecchia. Si les infrastructures
routières permettaient de
relier Bastia à Porto Vecchio en
moins de deux heures et à Ajaccio
dans le même temps, il n’y aurait
pas besoin de prévoir des rotations
vers Ajaccio qui sont aujourd’hui
nécessitées par la vétusté de notre
réseau de communications internes.
Le trafic passager est réalisé à près
de 80 % entre mai et septembre,
pendant cette période le trafic de
juillet et août est deux fois, voire
trois fois plus important qu’en juin
et septembre. Pourquoi de telles statistiques ? Le passager maritime provient
en grande majorité du continent
français, il s’agit de vacanciers,
couples avec enfants, qui ne peuvent
prendre leurs congés que du 3 juillet
au 28 août. Pour 2007, les compagnies
maritimes prévoient une offre
de 7 millions de passages, si l’on suit
les perspectives de croissance des
concepteurs du projet, dans 10 ans il
y aura 11 à 12 millions de passages
dont 70 % concentrés sur trois mois.
Cela est inacceptable pour au moins
deux raisons. Quatre, voire cinq millions
de visiteurs sur une si courte
période engorgeraient totalement la
Corse et de surcroît nous ne pourrions
adapter notre offre hôtelière
en si peu de temps, sauf à construire
de gigantesques camps de vacances
ce qui n’est pas tolérable.
L’étalement de la fréquentation touristique,
son accroissement progressif
et adapté à la remise à niveau des
infrastructures d’accueil ne peut se
faire que par le développement du
transport aérien. Toutes les autres
îles de la méditerranée comparables
à la Corse se sont engagées depuis
longtemps dans cette voie. Or, en
Corse, la part du trafic passagers en
provenance de l’étranger (hors
France) reste stable depuis 10 ans à
3 %.
Seule l’ouverture de lignes régulières
vers les grandes capitales européennes
permettra de diversifier notre
clientèle, de la répartir sur huit mois
de l’année donnant aux entreprises
touristiques une réelle lisibilité
annuelle de leur activité. Une entreprise
ne peut investir, ne peut fidéliser
et former son personnel si elle ne
travaille que 3 mois dans l’année,
c’est une règle de simple bon sens.
Le port de Bastia doit être un instrument
au service d’une politique économique
définie par la collectivité
Corse. Ce n’est pas en créant un port
gigantesque à Bastia qu’on décrètera
le progrès économique et social de la
Corse.
• La chimère Carbonite.
La CTC, la Cci de Haute Corse et la
ville de Bastia qui défendent ce projet
de 300 millions d’euros mettent
en avant la sécurité, l’asphyxie de la
ville, le développement supposé
linéaire du trafic, et le possible
abandon de Bastia par les compagnies
maritimes qui ne pourraient
plus y faire accoster leurs navires de
plus de 200 mètres.
Avec les sommes engrangées par ces
mêmes compagnies au titre des OSP
et de la subvention de continuité territoriale
(plus de 100 millions d’euros
par an) il y a peu de chances que ces
opérateurs privés laissent échapper
un tel pactole. Restent deux écueils
majeurs à contourner : l’atteinte
environnementale, surtout la destruction
de 70 hectares de posidonies,
sans possibilité de les replanter
ailleurs. Ces herbiers sont protégés
par de multiples conventions internationales
et ont un intérêt écologique
majeur Ils servent de frayère aux
poissons, sont une ressource alimentaire
et permettent par la photosynthèse
de capter le COÅ et de produire
de l’oxygène comme le fait une
forêt terrestre. Certes la destruction
du millième de l’herbier de posidonies
autour de la Corse ne saurait
arrêter nos bâtisseurs. Qu’en seraitil
s’il fallait raser soixante dix hectares
d’oliviers ?
Il faut signaler aussi la possibilité de
dégraissement des plages de
l’Arinella et de la Marana avec pour
conséquence des dégâts irréparables
sur l’étang de Chiurlinu. En d’autres
lieux les digues même de petite
taille ont modifié très sensiblement
le linéaire côtier. Qu’en sera t’il avec
une digue de 500 mètres au droit de
l’Arinella ?
Certes les études réalisées par un
cabinet d’experts dit «indépendant
» sont rassurantes voire lénifiantes,
un peu trop certainement
pour être totalement honnêtes.
L’écueil financier n’est pas moindre.
A ce jour, la CTC n’a pas de budget
sur le PEI, et ce jusqu’en 2018 pour
financer ce projet. La CCI annonce
qu’elle peut en financer 30 % quid
des 70 % restants ? On parle de
financement privé, à ce niveau il
s’agira d’un port privé aux mains de
qui ? Quel investisseur peut mettre
dans la corbeille 200 millions d’euros,
Vinci ou Veolia ?
Doit-on encore attendre la bonne
volonté de l’état français et tendre
la sébile ?
Une fois ce port Carbonite réalisé, il
faudra financer la reconversion du
port St Nicolas, peut être là aussi
sollicitera t’on un investisseur privé,
peut être le même ce qui permettra
à Bastia de voir sa façade maritime
totalement privatisée échapper à la
puissance publique et conduire son
développement selon sa propre logique
de profit étrangère aux intérêts
collectifs des bastiais et plus généralement
des corses.
Ce projet de Port Carbonite est à
rejeter pour de multiples raisons. Il
est coûteux et à ce jour non financé
sauf à le privatiser. Il ne sera que
deux mois par an à un taux de remplissage
de 75 % et donc largement
surdimensionné 10 mois sur douze. Il
est destructeur pour l’environnement,
le trait de côte et retire à la
pêche locale une vaste zone de prises.
Ce projet enfin sous tend une
politique économique où le tourisme
de masse est mis en avant. Un tourisme
déstructurant, inadapté à nos
infrastructures, renforçant la saisonnalité
et la précarité de cette activité.
Un tourisme où une clientèle
désargentée, prédatrice du milieu
naturel par son nombre et sa concentration
en juillet août dominera.
Le projet du Port Carbonite doit être
aujourd’hui écarté, faut-il pour
autant que le port de Bastia reste en
l’état ?
• Des propositions réalistes
La CTC qui a en charge les ports de la
Corse depuis 2002, consciente des
améliorations à apporter au port de
Bastia a acté un ensemble de travaux
d’aménagement dit phase 0. Ces travaux
ont été votés par l’Assemblée
de Corse et sont financés. Ils sont de
nature à améliorer grandement et
rapidement le fonctionnement du
port.
Il s’agit de créer au nord-est entre le
quai nord et le port Toga un terre
plein de 3 hectares. Actuellement la surface des terre pleins est de 4 hectares et permet le
stationnement de 2300 véhicules.
La destruction du tenon du poste 8 qui rétrécit la passe
d’entrée et coupe le quai est en deux postes.
Enfin, la création entre quai des martyrs et môle sud
d’un quai d’accueil des navires de croisière.
Nous proposons que cette phase 0 soit réalisée très rapidement
et renforcée.
Un des problèmes du port St Nicolas est la sécurité incendie
lorsqu’il arrive que 2000 véhicules stationnent sur le
port en attente.
La création de 3 hectares de terre-pleins nouveaux et le
doublement de la surface par un étage de parking doit
permettre le stockage de 3000 véhicules. C’est la capacité
de trois ferry volumineux. Ce nouveau parc permettra
la libération des voies de circulation pour les véhicules
de sécurité incendie.
Pour parfaire cette sécurité incendie, outre la formation
du personnel du port aux risques feux de navires nous
proposons, comme à l’aéroport, la veille sur place d’un
camion de lutte spécialisé et du personnel y afférant.
Pour ce qui concerne l’ouverture du port sur la ville,
nous proposons un passage piétons sécurisé avec sas, au
droit du rond point Nogues, pour que les passagers en
transit aient la possibilité de visiter Bastia, alors qu’actuellement
ils quittent immédiatement la ville (ce phénomène
étant d’ailleurs accentué dans l’option
Carbonite par la création d’une liaison routière directe
avec le rond point de Furiani) Nous proposons sur le terre
plein de l’Arinella la création d’un parking gratuit, surveillé,
de 1000 places, autorisant 24 heures de stationnement
aux passagers en transit. Ce parking sera relié à
Bastia centre par le train et pourra servir en basse saison
de parc de stationnement gratuit pour les véhicules
entrant dans Bastia, diminuant d’autant l’engorgement
de la ville.
Ces premières réalisations de phase 0 renforcées sont
très rapidement réalisables si la volonté politique existe.
Elles permettront de résoudre le problème de stationnement,
de sécurité des passagers et d’accueillir des navires
de croisières en pleine ville.
Pour ce qui concerne la période de pointe de trafic d’été
nous proposons qu’un planning d’étalement évitant l’engorgement
du port soit négocié entre la CCI et les compagnies
maritimes pour utiliser pleinement les plages
horaires de rotation entre 6 heures et 23 heures.
Enfin, en cas d’hyper trafic, ce qui est le cas pendant 3
ou 4 week-ends, certains navires devront débarquer leurs
passagers à Ile Rousse ou à Porto Vecchio pour ceux
venant d’Italie. Ces deux ports ont d’ailleurs été récemment
améliorés et peuvent absorber la crête de trafic
estival.
Dans un deuxième temps, nous proposons l’étude d’une
jetée prolongeant le quai est en direction du sud-est,
de 250 m. Cette jetée permettra l’accueil des unités de
plus de 200m, elle protègera le vieux port de la houle qui
détruit régulièrement le quai sud et a nécessité la séparation
du bassin.
Cette protection du vieux port permettra de libérer 300
anneaux de plaisance et d’en affecter aux pêcheurs une
partie pour leurs activités de vente. La plaisance de passage,
les unités de plus de 20 m pourront aussi s’amarrer
le long du môle génois réaménagé
Enfin, il faut envisager dans l’anse de Ficaghjola un
mouillage forain, relié au vieux port et à la citadelle par
des chemins piétonniers. Ceci absorbera la pointe estivale
des plaisanciers.
Il y a donc des solutions pour améliorer le fonctionnement
du port de Bastia, pour accueillir les navires de
croisière et les plaisanciers, sans se lancer dans un projet
très coûteux financièrement et écologiquement. Cela
n’empêchera nullement la ville de Bastia d’aménager la
ZAC de la Carbonite et de mettre en valeur la plage de
l’Arinella.
Une alternative est possible au Bastia ville de transit et
à la logique du tourisme de masse, à condition d’intégrer
l’ensemble des données économiques, sociales, environnementales,
et de replacer la Corse dans son environnement
méditerranéen.
Clément Filippi