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Articulu di u numaru 26, ghjugnu di u 2007


Un port de 300 millions d'euros à Bastia,
est-ce bien raisonnable ?





La CTC, la CCI de Haute Corse, soutenues par le Maire de Bastia, envisagent de créer un nouveau port à la Carbonite . Le port actuel serait obsolète, dangereux, et inaménageable. Ce projet est très destructeur pour l’environnement, il serait financé par des investisseurs privés et surtout sous tend une logique de développement touristique de masse. Il existe pourtant des solutions réalistes et raisonnables qui prennent en compte l’intérêt collectif du peuple corse.



La ville de Bastia et la Corse ont évidemment besoin d’infrastructures portuaires modernes et performantes. Bastia étant la destination la plus proche du continent européen s’impose comme la porte d’entrée de la Corse. Or les politiques menées jusqu’à présent ont abouti à l’éparpillement des moyens. La Corse est dotée de sept ports dont aucun ne répond véritablement aux besoins d’échanges commerciaux modernes. Certes les sept ports corses existent depuis bien longtemps, le plus récent étant celui de l’Isula Rossa développé par Pasquale Paoli. Si la Corse, au contraire des îles comparables de Méditerranée a conservé à ces sept ports une activité fret-passagers, au mépris de la logique économique, c’est que le réseau des communications intérieures n’a pas été privilégié rendant les échanges entre les diverses régions de l’île très peu aisés.

Il faut dire que les sommes consacrées depuis 1976 à la pseudo continuité territoriale n’ont pas été investies dans le réseau routier et ferroviaire, même s’il faut reconnaître leur notable amélioration depuis 30 ans. Pour en revenir au port de Bastia, le clientélisme et son corollaire le saupoudrage des moyens, n’ont pas permis une remise à niveau régulière et un plan pluriannuel de développement.

Aujourd’hui par la faute de l’incurie des décideurs (l’état puis la CTC depuis peu) et du gestionnaire la CCI de Bastia, il faut agir vite, très vite, car nous sommes en régime dérogatoire, la sécurité n’est plus assurée, les compagnies maritimes vont déserter le port, bref, la catastrophe est proche.


Pourquoi faudrait-il construire un nouveau port à Bastia ?

Le port actuel date effectivement de 1870, cela n’est pas en soi un argument recevable. Il serait exigu, enclavé, dangereux pour les manoeuvres et ne peut accueillir les navires à venir de plus de 200 mètres.

Les insuffisances du port actuel St Nicolas.

• Manoeuvrabilité


d’après les utilisateurs, le principal grief est la sécurité des manoeuvres. Celles-ci seraient « scabreuses » d’après un pilote du port de Calais. La passe est étroite, la manoeuvre se fait avec les vents dominants de travers, les navires sont de plus en plus volumineux. Il est vrai que leur taille moyenne augmente et que le port aurait une dérogation pour accepter les navires de 175 m Sur cette dérogation, il n’a pas été possible d’obtenir des éclaircissements (durée ?, réexamen ?, problèmes de responsabilité en cas d’accident ?). Sur ce point de la dérogation l’opacité est totale. Donc, le port serait dangereux.

Or, en 2006, il y a eu 4630 rotations de navires, aucun incident, une vingtaine de bateaux retardés ont dû attendre au large que les conditions météo s’améliorent, aucun navire n’a dû être dérouté. Les retards les plus importants ont été de six heures. En un an, seul 0,5 % des navires ont été retardés, est-ce à dire que les pilotes du port font preuve d’une témérité extrême qui confine à l’inconscience ?

• Augmentation du trafic.

La CTC annonce une croissance annuelle de 5 % du trafic passagers constante soit 3,5 millions de passagers transportés à Bastia dans 10 ans. Le trafic fret est aujourd’hui voisin de 1 million de tonnes, à moins d’une augmentation conséquente de la population on le voit mal augmenter de 50 % en 10 ans.

Cette augmentation de trafic, qui est une hypothèse réaliste pour la CTC est cependant très mal répartie dans l’année. En effet, 70 % du trafic passagers s’effectue en 4 mois avec une pointe extrême durant six semaines en juillet-août.

Le port de Bastia est donc vide 8 mois par an, connaît une bonne fréquentation sans aucune saturation en mai, juin, septembre, et environ six semaines avec des pointes à 20 mouvements de navires par jour. Pour ce qui concerne le fret dont la quasitotalité est transportée par les cargos mixtes (1 par jour) il suffirait pour répondre à une augmentation de 50 % voire 100 % pour les plus optimistes en 2020, de multiplier les rotations par deux, ce qui est envisageable à nombre de navires constant, (et donc de postes à quai) si le trafic s’effectue avec Livourne, diminuant de moitié le temps de transport (pour mémoire, le coût de passage d’une remorque Bastia- Livourne est inférieur de 30 % à Bastia-Marseille sans subventions) Les cargos mixtes actuels (Kallisté et Pascal Paoli) qui soit dit en passant absorbent la plus grande partie du trafic passagers en hiver, sont très récents, et parfaitement adaptés au Port St Nicolas.



• L’asphyxie de la ville.


La ville de Bastia est connue pour ses embouteillages cela n’est pas nouveau. Cette circulation difficile serait liée à la présence du port en centre ville qui déverse chaque année 750.000 véhicules dans les rues de la cité.

La réalité est tout autre. En hiver, période où le port est vide, le flux des véhicules entrant dans Bastia, est de 10.000/jour, provoquant des encombrements alors que le port est vide. Tout le monde peut constater qu’en périodes de vacances scolaires, il est très facile de circuler et stationner dans Bastia. En juillet et août, la ville se vide de près du tiers de ses habitants et cela coïncide avec la période d’afflux massif de véhicules transitant par le port de Bastia. Les difficultés de circulation dans Bastia ne sont pas liées au trafic du port mais bien au trafic domestique qui a considérablement augmenté ces dernières années. La fuite des habitants hors de la ville à cause de l’offre de logements insuffisante, l’offre peu pertinente de transports collectifs nécessitant l’usage de sa voiture pour aller travailler, l’absence de parcs de stationnement à l’entrée de la ville permettant de garer sa voiture pour la journée, l’absence d’une gare routière, tout cela de par la responsabilité de la municipalité de Bastia, aux affaires depuis trente ans, est la véritable cause de l’asphyxie de la ville.

• Les retombées économiques

Il faut en distinguer trois types.

les retombées du fonctionnement du port actuel sont importantes pour la région bastiaise, le déplacement du site portuaire ne les modifiera pas ou peu, seule l’augmentation du trafic espérée créera des emplois, mais celle-ci peut se réaliser sur le site actuel. Pour la phase des travaux on annonce près de 3000 emplois, mais peu d’entreprises corses pourront soumissionner à ce marché, et il est fort probable que la réalisation en échoira à un groupe de BTP de taille européenne, les emplois ne bénéficieront donc pas à la Corse, seuls resteront quelques marchés annexes de transport ou autres. Il y a enfin l’emploi lié à l’activité touristique supplémentaire générée par l’augmentation du trafic. Actuellement le secteur touristique représente 10 % du PIB de la Corse et crée environ 4000 emplois (équivalent temps plein annuel)

Le renforcement du trafic, voire sa multiplication par deux durant une courte période de 3 mois au plus ne peut que créer des emplois saisonniers peu qualifiés, peu rémunérateurs et ne pouvant offrir aux jeunes corses une perspective de carrières et un projet social durable.

L’accentuation de la prépondérance du transport passagers maritime renforce l’hypersaisonalité de l’activité touristique, ne créé pas d’emplois permettant de vivre décemment toute l’année, favorise le travail dissimulé et ne permet pas aux entreprises touristiques d’investir pour leur développement en l’absence de recettes d’activité étalées sur au moins huit mois.

• La filière nautique

Si le port de commerce est déplacé à la Carbonite, le bassin St Nicolas est libéré, et peut alors changer d’affectation.

D’après la CCI, on pourrait y créer 900 anneaux de plaisance, accueillir les grandes unités et les navires de croisière. D’autre part, ce port de plaisance serait largement ouvert sur la ville et on pourrait y construire commerces et palais des congrès. Tout cela paraît un rêve fou.

Aucune étude de faisabilité ou de rentabilité d’un tel port n’est produite, qui sera propriétaire ? quels investisseurs ? Les travaux à réaliser seront très importants. Par exemple, par fort vent d’est, il y a un mètre de houle dans le bassin. N’a t’on pas tiré les leçons de la verrue Port Toga. D’après la CCI, ce port pourrait servir d’hivernage aux navires de commerce (cela paraît bien hypothétique) c’est bien l’aveu implicite de la vacuité de ce port de plaisance en hiver. Il semblerait que l’on mette une fois de plus dans ce dossier la charrue avant les boeufs. Il en va de l’économie comme de la biologie ce n’est pas l’organe qui créé la fonction, mais bien l’inverse.



Le projet Port Carbonite se justifie t’il à l’horizon 2020 ?

Un tel projet qui devrait atteindre 300 millions d’euros doit impérativement s’intégrer dans une réflexion globale, à l’échelle de la Corse, sur les transports.

On ne peut penser un tel projet seulement pour Bastia et sa région, il ne s’agit pas ici de remettre sur le tapis l’équilibre des équipements ou des administrations entre Bastia et Ajaccio, il s’agit de penser aux communications internes et externes de la Corse, à leur efficacité et à leur justification en termes de rentabilité.

Si un investissement énorme est réalisé à Bastia et que par ailleurs la CTC continue à entretenir et développer tous les ports secondaires, si la CTC persiste à imposer, à grands frais de continuité territoriale, des liaisons maritimes déficitaires vers des ports où les navires débarquent moins de dix remorques, alors cet investissement ne sera pas rentable pour la Corse.


Il est donc indispensable avant de lancer un tel projet que l’Assemblée de Corse réponde à plusieurs questions :

que doivent devenir les ports secondaires ?

quelle doit être la part de l’aérien dans le trafic passager ?

quelle doit être la place du tourisme dans l’économie corse ?

quelles infrastructures routières et ferroviaires modernes sont de nature à améliorer les communications intérieures ?

quel développement économique veut-on pour les cinquante ans à venir ?



A ce jour, toutes ces questions restent en suspend. Le PADDUC tarde à venir, le débat reste ouvert et la Corse ne peut faire l’économie de ce débat avant de projeter la réalisation de telles infrastructures.

• La nécessité de l’étalement annuel du trafic.

Le trafic fret est assez stable en tonnage durant l’année, le pic d’activité étant novembre. Les ports existants sont suffisants pour l’absorber, surtout si L4on convient enfin de la nécessité de rééquilibrer nos approvisionnements en faveur de l’Italie.

Bastia est à 4 heures de Livourne, six heures de Gênes, Porto-Vecchio à 6 heures de Civita Vecchia. Si les infrastructures routières permettaient de relier Bastia à Porto Vecchio en moins de deux heures et à Ajaccio dans le même temps, il n’y aurait pas besoin de prévoir des rotations vers Ajaccio qui sont aujourd’hui nécessitées par la vétusté de notre réseau de communications internes.

Le trafic passager est réalisé à près de 80 % entre mai et septembre, pendant cette période le trafic de juillet et août est deux fois, voire trois fois plus important qu’en juin et septembre. Pourquoi de telles statistiques ? Le passager maritime provient en grande majorité du continent français, il s’agit de vacanciers, couples avec enfants, qui ne peuvent prendre leurs congés que du 3 juillet au 28 août. Pour 2007, les compagnies maritimes prévoient une offre de 7 millions de passages, si l’on suit les perspectives de croissance des concepteurs du projet, dans 10 ans il y aura 11 à 12 millions de passages dont 70 % concentrés sur trois mois.

Cela est inacceptable pour au moins deux raisons. Quatre, voire cinq millions de visiteurs sur une si courte période engorgeraient totalement la Corse et de surcroît nous ne pourrions adapter notre offre hôtelière en si peu de temps, sauf à construire de gigantesques camps de vacances ce qui n’est pas tolérable.

L’étalement de la fréquentation touristique, son accroissement progressif et adapté à la remise à niveau des infrastructures d’accueil ne peut se faire que par le développement du transport aérien. Toutes les autres îles de la méditerranée comparables à la Corse se sont engagées depuis longtemps dans cette voie. Or, en Corse, la part du trafic passagers en provenance de l’étranger (hors France) reste stable depuis 10 ans à 3 %.

Seule l’ouverture de lignes régulières vers les grandes capitales européennes permettra de diversifier notre clientèle, de la répartir sur huit mois de l’année donnant aux entreprises touristiques une réelle lisibilité annuelle de leur activité. Une entreprise ne peut investir, ne peut fidéliser et former son personnel si elle ne travaille que 3 mois dans l’année, c’est une règle de simple bon sens.

Le port de Bastia doit être un instrument au service d’une politique économique définie par la collectivité Corse. Ce n’est pas en créant un port gigantesque à Bastia qu’on décrètera le progrès économique et social de la Corse.

• La chimère Carbonite.

La CTC, la Cci de Haute Corse et la ville de Bastia qui défendent ce projet de 300 millions d’euros mettent en avant la sécurité, l’asphyxie de la ville, le développement supposé linéaire du trafic, et le possible abandon de Bastia par les compagnies maritimes qui ne pourraient plus y faire accoster leurs navires de plus de 200 mètres.

Avec les sommes engrangées par ces mêmes compagnies au titre des OSP et de la subvention de continuité territoriale (plus de 100 millions d’euros par an) il y a peu de chances que ces opérateurs privés laissent échapper un tel pactole. Restent deux écueils majeurs à contourner : l’atteinte environnementale, surtout la destruction de 70 hectares de posidonies, sans possibilité de les replanter ailleurs. Ces herbiers sont protégés par de multiples conventions internationales et ont un intérêt écologique majeur Ils servent de frayère aux poissons, sont une ressource alimentaire et permettent par la photosynthèse de capter le COÅ et de produire de l’oxygène comme le fait une forêt terrestre. Certes la destruction du millième de l’herbier de posidonies autour de la Corse ne saurait arrêter nos bâtisseurs. Qu’en seraitil s’il fallait raser soixante dix hectares d’oliviers ?

Il faut signaler aussi la possibilité de dégraissement des plages de l’Arinella et de la Marana avec pour conséquence des dégâts irréparables sur l’étang de Chiurlinu. En d’autres lieux les digues même de petite taille ont modifié très sensiblement le linéaire côtier. Qu’en sera t’il avec une digue de 500 mètres au droit de l’Arinella ?

Certes les études réalisées par un cabinet d’experts dit «indépendant » sont rassurantes voire lénifiantes, un peu trop certainement pour être totalement honnêtes.

L’écueil financier n’est pas moindre. A ce jour, la CTC n’a pas de budget sur le PEI, et ce jusqu’en 2018 pour financer ce projet. La CCI annonce qu’elle peut en financer 30 % quid des 70 % restants ? On parle de financement privé, à ce niveau il s’agira d’un port privé aux mains de qui ? Quel investisseur peut mettre dans la corbeille 200 millions d’euros, Vinci ou Veolia ?


Doit-on encore attendre la bonne volonté de l’état français et tendre la sébile ?

Une fois ce port Carbonite réalisé, il faudra financer la reconversion du port St Nicolas, peut être là aussi sollicitera t’on un investisseur privé, peut être le même ce qui permettra à Bastia de voir sa façade maritime totalement privatisée échapper à la puissance publique et conduire son développement selon sa propre logique de profit étrangère aux intérêts collectifs des bastiais et plus généralement des corses.

Ce projet de Port Carbonite est à rejeter pour de multiples raisons. Il est coûteux et à ce jour non financé sauf à le privatiser. Il ne sera que deux mois par an à un taux de remplissage de 75 % et donc largement surdimensionné 10 mois sur douze. Il est destructeur pour l’environnement, le trait de côte et retire à la pêche locale une vaste zone de prises.

Ce projet enfin sous tend une politique économique où le tourisme de masse est mis en avant. Un tourisme déstructurant, inadapté à nos infrastructures, renforçant la saisonnalité et la précarité de cette activité. Un tourisme où une clientèle désargentée, prédatrice du milieu naturel par son nombre et sa concentration en juillet août dominera.

Le projet du Port Carbonite doit être aujourd’hui écarté, faut-il pour autant que le port de Bastia reste en l’état ?

• Des propositions réalistes

La CTC qui a en charge les ports de la Corse depuis 2002, consciente des améliorations à apporter au port de Bastia a acté un ensemble de travaux d’aménagement dit phase 0. Ces travaux ont été votés par l’Assemblée de Corse et sont financés. Ils sont de nature à améliorer grandement et rapidement le fonctionnement du port.

Il s’agit de créer au nord-est entre le quai nord et le port Toga un terre plein de 3 hectares. Actuellement la surface des terre pleins est de 4 hectares et permet le stationnement de 2300 véhicules.

La destruction du tenon du poste 8 qui rétrécit la passe d’entrée et coupe le quai est en deux postes. Enfin, la création entre quai des martyrs et môle sud d’un quai d’accueil des navires de croisière. Nous proposons que cette phase 0 soit réalisée très rapidement et renforcée.

Un des problèmes du port St Nicolas est la sécurité incendie lorsqu’il arrive que 2000 véhicules stationnent sur le port en attente.

La création de 3 hectares de terre-pleins nouveaux et le doublement de la surface par un étage de parking doit permettre le stockage de 3000 véhicules. C’est la capacité de trois ferry volumineux. Ce nouveau parc permettra la libération des voies de circulation pour les véhicules de sécurité incendie. Pour parfaire cette sécurité incendie, outre la formation du personnel du port aux risques feux de navires nous proposons, comme à l’aéroport, la veille sur place d’un camion de lutte spécialisé et du personnel y afférant.

Pour ce qui concerne l’ouverture du port sur la ville, nous proposons un passage piétons sécurisé avec sas, au droit du rond point Nogues, pour que les passagers en transit aient la possibilité de visiter Bastia, alors qu’actuellement ils quittent immédiatement la ville (ce phénomène étant d’ailleurs accentué dans l’option Carbonite par la création d’une liaison routière directe avec le rond point de Furiani) Nous proposons sur le terre plein de l’Arinella la création d’un parking gratuit, surveillé, de 1000 places, autorisant 24 heures de stationnement aux passagers en transit. Ce parking sera relié à Bastia centre par le train et pourra servir en basse saison de parc de stationnement gratuit pour les véhicules entrant dans Bastia, diminuant d’autant l’engorgement de la ville.

Ces premières réalisations de phase 0 renforcées sont très rapidement réalisables si la volonté politique existe. Elles permettront de résoudre le problème de stationnement, de sécurité des passagers et d’accueillir des navires de croisières en pleine ville.

Pour ce qui concerne la période de pointe de trafic d’été nous proposons qu’un planning d’étalement évitant l’engorgement du port soit négocié entre la CCI et les compagnies maritimes pour utiliser pleinement les plages horaires de rotation entre 6 heures et 23 heures. Enfin, en cas d’hyper trafic, ce qui est le cas pendant 3 ou 4 week-ends, certains navires devront débarquer leurs passagers à Ile Rousse ou à Porto Vecchio pour ceux venant d’Italie. Ces deux ports ont d’ailleurs été récemment améliorés et peuvent absorber la crête de trafic estival.

Dans un deuxième temps, nous proposons l’étude d’une jetée prolongeant le quai est en direction du sud-est, de 250 m. Cette jetée permettra l’accueil des unités de plus de 200m, elle protègera le vieux port de la houle qui détruit régulièrement le quai sud et a nécessité la séparation du bassin.

Cette protection du vieux port permettra de libérer 300 anneaux de plaisance et d’en affecter aux pêcheurs une partie pour leurs activités de vente. La plaisance de passage, les unités de plus de 20 m pourront aussi s’amarrer le long du môle génois réaménagé Enfin, il faut envisager dans l’anse de Ficaghjola un mouillage forain, relié au vieux port et à la citadelle par des chemins piétonniers. Ceci absorbera la pointe estivale des plaisanciers.

Il y a donc des solutions pour améliorer le fonctionnement du port de Bastia, pour accueillir les navires de croisière et les plaisanciers, sans se lancer dans un projet très coûteux financièrement et écologiquement. Cela n’empêchera nullement la ville de Bastia d’aménager la ZAC de la Carbonite et de mettre en valeur la plage de l’Arinella.

Une alternative est possible au Bastia ville de transit et à la logique du tourisme de masse, à condition d’intégrer l’ensemble des données économiques, sociales, environnementales, et de replacer la Corse dans son environnement méditerranéen.

Clément Filippi

 

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