L’élection présidentielle
française est démonstrative
du rôle des médias dans la
vie politique du pays, de
son influence, de ses orientations,
et de ses manipulations.
Au pays des droits de
l’homme, la presse est et
demeure sous influence,
particulièrement avec un
ministre de l’intérieur, candidat
pour la circonstance…
Vers une
main-mise ?
Il y a peu, certaines formations
politiques, pas toujours de gauche,
ont dénoncé publiquement
l’instrumentalisation politique
d’une certaine presse. Récemment
le journal « le Matin » mettait en
évidence le comportement très
orienté de la société audiovisuelle
ETC (Etude Technique et
Communication), présentée comme
très proche de l’UMP et fournisseur
de nombreux documents concernant
en l’occurrence Nicolas
Sarkozy…
La réputation professionnelle de la
société lui permettrait ainsi de délivrer
manifestement au travers
d’images maîtrisées, un portrait
plus que subliminal du candidat de
la droite…
Les « boules puantes
» de Sarkozy…
Karl Laské, journaliste au quotidien
« Libération » n’hésite pas à
comparer Nicolas Sarkozy à « un
lanceur de boules puantes ». Ainsi
sa connaissance et son relationnel
très appuyé de certains patrons de
presse, de Robert Hersant jusqu’à
Martin Bouygues, et surtout sa corrélation
fonctionnelle, due à son
ministère, avec les renseignements
généraux et la DST, feraient de
l’homme un manipulateur patenté
du monde journalistique, au point
que toujours dans « Le Matin », on
n’hésite pas à parler de climat
étouffant…
Un réseau de
« sans grades »
On prête même au candidat libéral
la constitution d’une cour de « sans
grades » qui, toujours selon le quotidien,
« espionnent pour lui à l’intérieur
des rédactions, recevant en
compensation des informations
exclusives ou des promesses de promotions
». Son amitié avec les
rédacteurs en chef et les chefs des
services politiques ne suffisant sans
doute pas pour promouvoir ce portrait
prometteur et porteur à l’aube
de ces futures élections présidentielles…
D’une presse
à l’autre…
En attendant au Pays Basque sous
domination française, certains journaux
et journalistes n’ont qu’à bien
se tenir !!! Le club de la presse du
Pays basque a fait savoir récemment
que la section de recherches
de la gendarmerie de Pau a fait procéder
sous convocation du parquet
de Paris à un relevé d’empreintes
digitales de dix journalistes et d’une
stagiaire de la rédaction de la radio
associative bas navarraise en langue
basque Irule giko irratia.
Pour cette radio, la méthode - non
éthique - est dénoncée comme
« une intimidation, une pression
exercée par le pouvoir judiciaire ».
On connaît le refus de Nicolas
Sarkozy de prendre en considération
la réalité territoriale du pays
basque et de son aspiration à l’autodétermination,
on connaît tout
autant ses liens politiques avec le
Parti Populaire espagnol héritier
direct du Franquisme, on comprend
de par sa fonction ministérielle sa
volonté affichée de réprimer la
résistance « abertzale » ou ce qui
peut lui ressembler… et l’on devine
pourquoi cette radio associative se
trouve soudainement sous les projecteurs
d’une unité de pandores…
Liberté j’écris
ton nom
C’est bel et bien sous cette prétendue
démocratie française si chère à
Valéry Giscard d’Estaing, qu’un
candidat à la présidentielle, instrumentalise
d’une part, réprime de
l’autre, une presse dès lors qu’elle
ne serve ni ses intérêts, ni sa personne.
A l’aube d’un septennat que
Nicolas Sarkozy précise comme
« en rupture » si il est élu, il se
peut que bien des médias n’aient
plus l’objectivité et la déontologie
nécessaires de leur fonction, rabaissant
le rôle d’une certaine presse à
ne plus être qu’une courroie de
transmission…
Ulivier Sauli