Pour celles et ceux qui quémandent
encore - je me
demande bien pourquoi ! -
une application sereine de la justice
(sic !) en Corse, le procès du 21
novembre 2008 leur aura démontré
que c'est bel et bien vain…
Entourés de policiers et de gendarmes
en nombre et en armes, la militarisation
de l'enceinte judiciaire
représentait un véritable message
de pression et d'intimidation sur les
prévenu(e)s et toutes celles et ceux
qui ce jour là osaient malgré le
froid, le vent et la pluie, affirmer
leur solidarité humaine et politique.
Et c'est au sein de cette même
enceinte que le dossier a disparu !!!
L'état de la justice en Corse - il y en
aurait beaucoup à dire - c'est l'Etat
tout court. Loin de cette prétendue
indépendance dont on l’affuble,
histoire de déguiser pour la circonstance
une prétendue démocratie…
En Corse la justice comme la
démocratie sont des leurres. L'état
de la justice en Corse, c'est cette
répression judiciaire et policière
omniprésente, quotidienne, ces
condamnations iniques et absurdes,
ces centaines de garde à vue et ces
dizaines de prisonniers toujours
exilés à qui l'on promet - et que
l'on trompe tout comme l'opinion
public - un rapprochement qui ne
vient jamais… L'état de la justice
en Corse, c'est donc cette fantasque
condamnation à 500 euros
d'amende pour chacun des prévenus
jugés ce 21 novembre pour soi
disant avoir piétiné - crime de lèse majesté, le gazon du messire
Clavier… ! Une condamnation qui
ne prête pas à sourire, une condamnation
qui sent la rançon déguisée,
histoire de satisfaire les délires vengeurs
de ces quelques politicards
nababs qui se sont égosillés, l'actuel
président de la collectivité territoriale
en tête pour défendre l'intouchable
ami qu'est cet altier
acteur, et à qui des centaines de
lycéennes et lycéens souhaitaient à
Portivechju ce 21 novembre, un
bon départ en lui enjoignant un «
fora ! » de circonstance…
Ils ont eu raison ce jour là, les prévenus,
de ne point se présenter. De
ne point se confondre avec les
quelques juges venus rouler les
mécaniques dans l'entourage viril
de tous ces policiers. De ne pas se
prêter à une mascarade provocatrice
dont le but recherché, l'avocat
Maître Eric Barbolosi l'a précisé,
était ni plus ni moins de neutraliser
la défense… C'est donc à la
sauvette, en toute hâte, que « justice
» (sic !) fut rendue : avec une
sentence sonnante et trébuchante
qui en ces temps de crise et de
récession est toujours bonne à
prendre…
J'ai lu avec intérêt le soutien du
président du groupe « rassembler
pour la Corse », M. Mondoloni à
l'égard de M. Ange Santini (Corse
Matin du 1er décembre 2008)
suite à la conférence de presse
de Corsica Libara dans la pinède
de Calvi. M Mondoloni prétend
ainsi voir « bafouer nos codes culturels
par ceux-la mêmes qui s'en
veulent être les gardiens ». Il fait
mine d'oublier comment ces
mêmes codes sont honnis au prime
abord (et les exemples ne manquent
pas, notamment dans la
piteuse histoire de Cala Purcina)
par celui qu'il cite dans son communiqué,
au même titre que messieurs
Santini et Polverini… Un peu
d'humilité ne ferait pas de mal… Je
lui donnerai toutefois raison sur un
point, et il me parait essentiel. C'est
effectivement « d'aller à la recherche
de l'apaisement et du dialogue
dont la Corse a besoin ». Des mots
qui pèsent de tout leur poids et de
tout leur sens aujourd'hui, mais qui
ne sauraient se limiter pour l'occasion
à un simple communiqué. Des
mots qui demandent une traduction
politique significative.
Des mots qui devraient être suivis
d'initiatives et d’actes pour mettre
un terme à une situation que beaucoup
jugent insupportable. Cela
suppose un courage politique. Et
force est de constater que jusqu'à
aujourd'hui, depuis la nouvelle
mandature territoriale (pour ne
prendre que ce repère), ce courage
fait cruellement défaut à l’exécutif
dont M. Mondoloni est si proche…
A moins tout simplement que l'on
se donne bonne conscience, histoire
d'essayer de limiter par voie
de communiqué la casse du
laxisme et des impétuosités de
ces calamiteux élus de la majorité
qui n'ont vraiment que faire
de la Corse, et qui se vendent
pour une « people relation »…
Ulivieru Sauli