Accolta

Accolta Cap'articulu Attualità Pulitica Ghjustizia Internaziunale I Prigiuneri Fiure Cultura Abbunamentu Cuntatti Ligame


Articulu di u numaru 39, Dicembre di u 2008


UN PROCES SOUS HAUTE SURVEILLANCE…



Pour celles et ceux qui quémandent encore - je me demande bien pourquoi ! - une application sereine de la justice (sic !) en Corse, le procès du 21 novembre 2008 leur aura démontré que c'est bel et bien vain… Entourés de policiers et de gendarmes en nombre et en armes, la militarisation de l'enceinte judiciaire représentait un véritable message de pression et d'intimidation sur les prévenu(e)s et toutes celles et ceux qui ce jour là osaient malgré le froid, le vent et la pluie, affirmer leur solidarité humaine et politique.

Et c'est au sein de cette même enceinte que le dossier a disparu !!! L'état de la justice en Corse - il y en aurait beaucoup à dire - c'est l'Etat tout court. Loin de cette prétendue indépendance dont on l’affuble, histoire de déguiser pour la circonstance une prétendue démocratie…

En Corse la justice comme la démocratie sont des leurres. L'état de la justice en Corse, c'est cette répression judiciaire et policière omniprésente, quotidienne, ces condamnations iniques et absurdes, ces centaines de garde à vue et ces dizaines de prisonniers toujours exilés à qui l'on promet - et que l'on trompe tout comme l'opinion public - un rapprochement qui ne vient jamais… L'état de la justice en Corse, c'est donc cette fantasque condamnation à 500 euros d'amende pour chacun des prévenus jugés ce 21 novembre pour soi disant avoir piétiné - crime de lèse majesté, le gazon du messire Clavier… ! Une condamnation qui ne prête pas à sourire, une condamnation qui sent la rançon déguisée, histoire de satisfaire les délires vengeurs de ces quelques politicards nababs qui se sont égosillés, l'actuel président de la collectivité territoriale en tête pour défendre l'intouchable ami qu'est cet altier acteur, et à qui des centaines de lycéennes et lycéens souhaitaient à Portivechju ce 21 novembre, un bon départ en lui enjoignant un « fora ! » de circonstance… Ils ont eu raison ce jour là, les prévenus, de ne point se présenter. De ne point se confondre avec les quelques juges venus rouler les mécaniques dans l'entourage viril de tous ces policiers. De ne pas se prêter à une mascarade provocatrice dont le but recherché, l'avocat Maître Eric Barbolosi l'a précisé, était ni plus ni moins de neutraliser la défense… C'est donc à la sauvette, en toute hâte, que « justice » (sic !) fut rendue : avec une sentence sonnante et trébuchante qui en ces temps de crise et de récession est toujours bonne à prendre…

J'ai lu avec intérêt le soutien du président du groupe « rassembler pour la Corse », M. Mondoloni à l'égard de M. Ange Santini (Corse Matin du 1er décembre 2008) suite à la conférence de presse de Corsica Libara dans la pinède de Calvi. M Mondoloni prétend ainsi voir « bafouer nos codes culturels par ceux-la mêmes qui s'en veulent être les gardiens ». Il fait mine d'oublier comment ces mêmes codes sont honnis au prime abord (et les exemples ne manquent pas, notamment dans la piteuse histoire de Cala Purcina) par celui qu'il cite dans son communiqué, au même titre que messieurs Santini et Polverini… Un peu d'humilité ne ferait pas de mal… Je lui donnerai toutefois raison sur un point, et il me parait essentiel. C'est effectivement « d'aller à la recherche de l'apaisement et du dialogue dont la Corse a besoin ». Des mots qui pèsent de tout leur poids et de tout leur sens aujourd'hui, mais qui ne sauraient se limiter pour l'occasion à un simple communiqué. Des mots qui demandent une traduction politique significative.

Des mots qui devraient être suivis d'initiatives et d’actes pour mettre un terme à une situation que beaucoup jugent insupportable. Cela suppose un courage politique. Et force est de constater que jusqu'à aujourd'hui, depuis la nouvelle mandature territoriale (pour ne prendre que ce repère), ce courage fait cruellement défaut à l’exécutif dont M. Mondoloni est si proche… A moins tout simplement que l'on se donne bonne conscience, histoire d'essayer de limiter par voie de communiqué la casse du laxisme et des impétuosités de ces calamiteux élus de la majorité qui n'ont vraiment que faire de la Corse, et qui se vendent pour une « people relation »…

Ulivieru Sauli

 

Sur le même thème

© U Ribombu Internaziunale — 2008