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Articulu di u numaru 20, dicembre di u 2006


Procès de Joseph Colombani



Devant la Cour d’appel du tribunal de Bastia, après un appel du parquet, 10 mois de prison avec sursis et 3 ans de mise à l’épreuve ont été requis à l’encontre de Joseph Colombani, président de la FDSEA de Haute-Corse. Cela fait suite à une action syndicale qui avait vu, le 9 décembre 2004, la destruction du bureau du directeur de la DDA. En première instance, en juillet 2005, il avait été condamné à 3 mois avec sursis et 3 ans de mise à l’épreuve. Cet appel – tardif – intervient également à 2 mois d’échéances électorales importantes à la Chambre d’Agriculture de la Haute- Corse, où Joseph Colombani sera candidat, et, par conséquent, il ne faudrait pas que ce procès interfère, par une éventuelle privation de droits civiques, dans le jeu démocratique et le débat électoral à venir.

C’est en présence de près d’une centaine d’agriculteurs, tout syndicats confondus – FDSEA, CDJA, Via Campagnola – que Joseph Colombani a de nouveau eu l’occasion de s’expliquer sur les motivations de cet acte syndical, reconnu et assumé, et le contexte dans lequel il s’est déroulé.

Les faits sont simples. Le 9 décembre 2004, la Corse est placée, par la Préfecture, sous alerte météo orange. Des contrôles sur des exploitations bovines doivent cependant être effectués par des agents de la DDA. Joseph Colombani se rend à Bastia pour demander un report, afin de permettre aux agriculteurs de réunir l’ensemble de leurs bêtes, car, en Corse, il n’y a pas d’élevage en batterie. C’est un élevage extensif qui est pratiqué sur diverses parcelles parfois très éloignées les unes des autres. La DDA, qui connaît pourtant cette situation, refuse et tend à outrepasser les consignes émises par le Préfet, sur les dangers de déplacements.

Devant cette fin de non recevoir, de non dialogue, Joseph Colombani à détruit le bureau du directeur de la DDA, symbole de l’incurie des pouvoirs publics à l’égard de l’agriculture corse qui connaît un situation catastrophique. Au-delà de l’acte, il était du devoir de Joseph Colombani, en tant que responsable syndical, de défendre les intérêts de la profession et de prévenir d’éventuelles difficultés ou drames entre agriculteurs et agents de la DDA. Rappelons que, quelques semaines auparavant, en France, deux contrôleurs avaient été tués par un agriculteur qui s’était par la suite suicidé.

En effet, les primes sont vitales, et représentent très souvent le principal revenu annuel d’un secteur en difficulté. Il s’agissait nullement de protéger des agriculteurs en non conformité mais de faire preuve de responsabilité.

En l’espèce, n’en déplaise à la Cour, et à son président Mr Huyette, manifestement peu intéressé par la situation agricole corse et plus soucieux de savoir si c’était le fax ou le photocopieur qui avait été cassé en premier, Joseph Colombani est un militant responsable qui assume ses actes.

Son action s’inscrit dans une démarche résolue de défense des agriculteurs. C’est un acte de rébellion légitime face à l’intransigeance des services de l’Etat, certainement plus intéressés de voir disparaître l’agriculture corse que par son développement et son avenir.

Par conséquent, c’est une action militante qui ne serait être la réaction « d’un enfant en colère » ou un fait de « vandalisme », selon l’expression de l’avocat général Savelli…

Sans compter l’opprobre jetée en permanence sur une profession. A ce titre, comment interpréter les 22% de contrôles inopinés en Corse chaque année, contre seulement 4% en France… ? D’ailleurs une commission européenne a constaté en mai 2006 que la situation en Corse devait être ramenée à sa juste valeur, et depuis le nombre des contrôles est tombé à 7%. L’agriculteur corse n’est pas un profiteur, qui vit de primes et roule en 4x4. Il est l’héritier d’une activité traditionnelle, difficile, contraignante, qui connaît bien souvent les affres des fins de mois pour lui, ses enfants, sa famille, et, pour cela, et l’avenir économique de la Corse, l’agriculture doit continuer à vivre.

Joseph Colombani est un symbole de la défense des intérêts de la Corse, et il mérite pleinement le soutien des agriculteurs et, plus largement, du peuple corse dans son ensemble.

Battì Lucciardi

 

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