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Articulu di u numaru 42, Marzu 2009


Exécution judiciaire programmée d'Yvan Colonna !



« Nous n'accepterons pas l'exécution judiciaire programmée d'Yvan Colonna, sur l'autel de la raison d'Etat ». C'est en ces termes que la délégation de la CAR de Corsica Libara s'est exprimée devant Jean-François Copé lors d'une rencontre à Bastia.

Le procès en première instance d'Yvan Colonna avait pu laisser croire à un procès juste et équitable, mais nous avions compris au moment du verdict que ce n'était qu'une parodie de justice, puisqu'on avait condamné Yvan à perpétuité sans aucun élément de preuve à charge. Le procès en appel lui, n'est même plus une parodie de justice, car le président ne lui a même pas donné l'aspect d'un procès équitable, ne faisant même pas semblant de diriger des débats à charge et à décharge. Nous n'avons eu droit qu'à une charge de cavalerie grossière pour tenter de justifier une condamnation commanditée en plus haut lieu.


Revue de presse

Mais la presse française elle-même a rapidement compris les limites du président Wacogne et les titres des grands journaux français en disent long… Le Figaro : « Le don d'ubiquité de Colonna n'émeut pas les assises », « Une lecture linéaire du dossier permet donc de démontrer que l'accusé - qui fut le premier à s'en étonner après son arrestation - jouissait d'un prodigieux don d'ubiquité, se trouvant simultanément en deux endroits distants d'une cinquantaine de kilomètres.

« La justice s'est embrouillée jusqu'à transformer ce procès en fiasco. » « Alors que les débats se poursuivent de manière chaotique, tout est pollué par ces deux cachotteries injustifiables sur le plan de l'équité » (ndlr : les lettres de Vinolas et le certificat de Lebbos).

Le Monde, autre grand quotidien français : « Le procès Colonna tourne à la parodie de justice », « Le président, Didier Wacogne, a beau continuer, feignant d´entendre les témoins selon une règle d´impartialité dont il serait désormais l´unique garant, rien n´y fait : le procès en appel d´Yvan Colonna (…) a sombré dans un simulacre de justice ». Enfin, pour l'anecdote, car il serait trop long de reprendre l'ensemble des articles de presse qui stigmatisent le fonctionnement de la justice d'exception française, Rue 89 : « Les juges s'empêtrent dans leurs contradictions », ou encore « Les convictions de l'accusation vacillent », « (…) Rien qui puisse convaincre que Colonna est coupable, qu'il mérite la réclusion à perpétuité. »


Flagrant-délit de mensonge

Le président Wacogne, en « mission pour obtenir [sa] condamnation » selon Yvan Colonna lui-même, a incontestablement multiplié les erreurs prouvant sa totale partialité dans ce procès. Il a menti à plusieurs reprises et a été pris en défaut par la défense. Ce président dit ne pas lire son courrier et donc ne pas être au courant de la teneur du témoignage de Vinolas. Oui, mais lorsqu'il fait distribuer la lettre qu'il a reçu de l'ancien policier, on apprend à l'audience que le parquet général, également destinataire de la lettre, la lui a transmise.

Les avocats de la défense demandent donc logiquement à ce qu'on leur distribue les deux lettres. Ce à quoi le président répond : « mais, ce sont exactement les mêmes ! » Le même président qui bredouille tout penaud « ça a été dit vendredi dernier… » lorsque les avocats lui font remarquer qu'il ne peut pas le savoir puisqu'il n'a pas lu la lettre… Pour information, nous venions d'apprendre le lundi matin l'existence de deux lettres… Le président Wacogne ment également lorsqu'il annonce après trois semaine de procès qu'un témoin capital, le commandant Lebbos a envoyé un certificat médical et qu'il ne pourra pas comparaître et qu'il vient de l'apprendre.

Quelques jours plus tard, on s'aperçoit que le certificat a été transmis avant le début de l'audience et que le président lors de l'appel des témoins a passé cette information sous silence. Il faut dire que le grand Lebbos, voleur de perceuses de son Etat, homme très violent avec sa femme et les gardés- à-vue, qui détourne des procédures en faisant des faux pour faire suivre son ex compagne, était sorti au bord des larmes de sa précédente comparution. Or, c'est l'un des rouages principaux de l'accusation, puisque c'est lui qui obtient les mises en cause d'Yvan Colonna en garde-à-vue.


Un président de cour d'assise

Dans le code de procédure pénale, un président d'assise doit mener les débats, à charge et à décharge, sans être parti-pris, afin de faire éclater la vérité. Il n'est absolument pas un supplétif du parquet ou des parties civiles pour obtenir une condamnation. Mener les débats à charge et à décharge, cela veut dire que l'on doit poser des questions pour tenter de comprendre et non pas uniquement pour tenter d'enfoncer un accusé ! Etre honnête, cela implique que l'on ne se permette pas de tenter de décrédibiliser les témoins qui déplaisent à l'accusation. Entre autres, cela veut dire qu'un président ne doit pas ironiser lorsqu'un témoin disculpe l'accusé en le traitant de « témoin idéal ». Cela veut dire également que lorsqu'un témoin de la défense témoigne, le président doit lui laisser faire son témoignage, et non pas le laisser sous le feu des questions des parties civiles et des avocats généraux avant qu'il ne témoigne, c'est d'ailleurs un motif de cassation. Mais, comme nous le voyons, dans ce procès comme dans l'affaire Erignac depuis le début, tout, absolument tout aura été permis à ceux qui ont en charge la justice d'exception pour arriver à des condamnations.

L'acquittement de Jean Castela et de Vincent Andriuzzi avait fait vaciller la justice d'exception. Le procès en appel d'Yvan Colonna est pour cette justice un véritable naufrage. Il désormais temps qu'elle disparaisse, comme le préconise depuis plus de 10 ans la Fédération Internationale des Droits de l'Homme.

Marzulinu

 

© U Ribombu Internaziunale — 2009