Lors d’une conférence de presse, organisée le 21 juin, Corsica Nazione Indipendente a
annoncé la création d’un nouvel outil performant afin de se substituer aux institutions
politiques et consulaires défaillantes.
Le dernier conflit social de
« PUBLI-NICE » et les
conséquences importantes
qu’il aurait pu avoir sur la
situation de la Corse ont
conduit Corsica Nazione
Indipendente à rendre
publique sa position sur cet
événement et, de façon
plus générale, sur la gestion
des relations sociales
au sein de la société corse.
Tout d’abord, force est de
constater que la responsabilité
exclusive de ce
conflit incombe à la direction
de Nice Matin. En
effet, cette dernière, non
contente de placer les porteurs
de presse dans une
situation matérielle des
plus précaires, s’est refusée,
pendant plusieurs
semaines, à engager tout
dialogue social. Elle a délibérément
laissé pourrir le
conflit, spéculant sur l’impopularité
du blocage à
venir et sur l’essoufflement
des salariés en lutte.
L’objectif poursuivi était de
toute évidence de pousser
les grévistes dans les pires
difficultés au plan matériel,
pour les dissuader d’engager
de nouveaux conflits
dans l’avenir. C’est en fait
la soumission totale et définitive
des syndicalistes que
voulaient les dirigeants de
Nice Matin. L’arrogance de
l’argent s’est trouvée face à
la détermination d’une poignée
de travailleurs et de
leurs syndicats, sûrs de leur
bon droit et prêts à se
battre pour en imposer la
prise en compte.
Toutefois, le blocage a
causé de nombreux désagréments
à d’autres Corses,
ce que la direction enregistrait
avec satisfaction. Le
blocage du dépôt pétrolier,
puis les préavis de grève
déposés dans les transports,
ont suscité de
lourdes inquiétudes et des
risques de divisions, voire
de confrontations internes
à la société corse, pire cas
de figure pouvant être
envisagé. Pour autant, CNI
pose la question de savoir
si on peut contester à des
travailleurs le droit de se
défendre face à l’injustice
de leur direction.
Corsica Nazione Indipendente
estime pour sa
part que le début de crise
que la Corse a vécu est dû
une fois de plus à l’incurie
des autorités publiques
corses, de la CTC en particulier,
qui n’a pas joué son
rôle naturel de régulation
des conflits. En effet,
l’Assemblée de Corse et le
Conseil exécutif, en charge
des intérêts matériels et
moraux de la communauté
corse, auraient dû peser de
tout leur poids pour imposer
à la direction de la
société de négocier avant
toute menace de blocage.
Cette démission de ses
élus, la Corse l’a souvent
connue, à l’occasion
d’autres conflits sociaux, et
il y a fort à parier que ce
genre de choses se renouvelleront
dans l’avenir.
Corsica Nazione
Indipendente “ne peut se
résoudre à voir les
menaces de paralysie de
l’île se pérenniser, mais
n’accepte pas davantage
que les droits des travailleurs
soient bafoués par
des dirigeants au demeurant
souvent étrangers à la
Corse”.
Aussi, CNI propose la
création d’un organisme
ayant vocation à se substituer
aux institutions politiques
et consulaires manifestement
défaillantes.
Cette organisme pourrait
prendre la forme d’un
« Cumitatu Ecunomicu è
Suciale », qui serait le pendant
social de « A Cunsulta
Naziunale ». Au sein de ce
Cumitatu siégeraient des
représentants de toutes le
catégories sociales corses :
salariés, travailleurs indépendants,
agriculteurs,
transporteurs, membres de
l’industrie touristique, etc.
Les dirigeants syndicaux
pourraient s’adresser au
Cumitatu Ecunomicu è
Suciale avant l’ouverture de
tout conflit. Si la justesse
des revendications était
reconnue, l’ensemble des
organisations adhérentes
soutiendrait les syndicalistes
dans leur démarche,
en amont du conflit. Ce faisant,
les différentes corporations
feraient, d’une part,
preuve de solidarité à
l’égard d’autres Corses en
difficulté, et éviteraient,
d’autre part, que ce conflit
se transforme en blocage,
défendant de cette manière
leurs propres intérêts.
Dans le cas du conflit de
« PUBLI-NICE », on imagine
sans peine que si la direction
s’était retrouvée dès le
début confrontée à un front
d’organisations syndicales
et socio-économiques, il lui
aurait été difficile d’adopter
la même attitude méprisante.
Ainsi, la Corse n’aurait
pas été menacée dans ses
intérêts collectifs.
CNI soumet cette proposition
à l’ensemble des forces
vives de notre pays, et tout
particulièrement aux formations
syndicales et professionnelles
se réclamant de
la Nation corse. En effet,
“on ne peut concevoir de
lutte nationale sans la prise
en compte, dans la cohésion
et la solidarité, des
intérêts de l’ensemble des
Corses”.
Henri Joseph Alfonsi