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Anu pruvatu à tumballu !


L'Etat français porte une lourde responsabilité dans les événements dramatiques de Clairvaux. Alain Ferrandi est passé près de la mort, et le Mouvement National ne peut pas l'accepter. Il est temps que nos prisonniers rentrent en Corse.


Les premières pages de ce Ribombu Internaziunale numéro 5 devaient être consacrées aux Ghjurnate Internaziunale di Corti, mais les événements dramatiques de Clairvaux ont conduit notre rédaction à ouvrir notre journal sur la tentative d'assassinat dont a été victime Alain Ferrandi le dimanche 7 août, dans la centrale où il était incarcéré. Comme l'ont dit le CAR et A Riscossa Paisana, les limites de l'intolérable ont été franchies.

Mais comme si cela ne suffisait pas, à la détresse de la famille est venue s'ajouter une attitude lamentable de l'administration pénitentiaire qui a laissé la famille sans nouvelles pendant presque une journée après la très grave opération qu'a dû subir Alain Ferrandi.

Les prisonniers de Clairvaux

Un collectif de prisonniers politiques de la Centrale de Clairvaux a fait parvenir au site Internet Unità Naziunale le texte suivant qui décrit l'agression :

" Le dimanche 7 août au matin Alain Ferrandi et Filippu Fabbbri ont été victimes d'une très violente agression programmée.

Un groupe de 4 individus (…) a organisé un guet-apens à l'encontre des prisonniers politiques corses. Un des 4 individus est directement venu bousculer Alain qui a immédiatement été agressé par 2 autres individus qui se trouvaient derrière lui et qui l'ont de suite frappé avec des boules de pétanque dans des chaussettes.

Fabbbri Filippu qui se trouvait un peu plus loin est venu secourir son camarade mais il a vite été mis K.O. par les individus qui l'attendaient avec leurs boules de pétanque. Les malfrats se sont plus particulièrement acharnés sur Alain Ferrandi, couché au sol, qui essayait de se protéger la tête.

Même si le tabassage n'a pas duré bien longtemps, les gardiens ne sont pas intervenus pour l'arrêter, et lorsque les deux corps inanimés gisaient au sol dans une flaque de sang, ce sont d'autres détenus qui ont traîné les corps vers la porte et c'est à ce moment que les gardiens sont venus les secourir.

Le lendemain, la presse locale et nationale annonçait qu'un membre du commando Erignac avait été " corrigé " par des codétenus !!! Des questions restent en suspens :

pourquoi les agresseurs se sont-ils particulièrement acharnés sur Alain Ferrandi qui, bien que gravement touché, a de peu échappé à l'homicide ? Il est clair que cette agression a été préméditée et le collectif des prisonniers politiques de Clairvaux se demande si cette action n'a pas été commanditée… "


Les réactions françaises

Quelques heures après la tentative d'assassinat, la chancellerie consciente de l'ampleur de l'affaire a communiqué. Même si la chancellerie est la voix des ennemis de la Corse, on aurait pu s'attendre à autre chose qu'une communication mettant en cause Alain Ferrandi : " L'incident est lié à une lutte d'influence que se livrent deux clans de détenus au sein de la maison centrale et n'a rien de politique."

Ce qui est relativement plus grave, c'est que les médias corses reprennent l'information et la diffusent comme si c'était une vérité affirmée ! Nous ne reviendrons pas sur les accusations insultantes du secrétaire général de FO qui parle d' " incident crapuleux, un règlement de comptes lié au phénomène du caïdat entre deux clans au sein de la prison ".

La réponse de la famille Ferrandi

La famille d'Alain Ferrandi et les nationalistes de toutes tendances confondues ont répondu dignement dès le mardi en se réunissant à plusieurs centaines devant les locaux de Fr.3 à Aiacciu. La presse corse qui s'est refusée à parler de tentative d'assassinat, a annoncé une " centaine de personnes " à la conférence de presse de la famille d'Alain Ferrandi suite à l' " agression " dont il a été victime… Une fois de plus, on ne peut que constater amèrement que même face à des événements dramatiques, dès qu'un nationaliste est concerné, on applique la même recette : utilisation d'un vocabulaire qui tend à minimiser l'événement, division par deux ou trois du nombre de manifestants, et reprise des communiqués de l'Etat français en les assénant comme s'il s'agissait d'une vérité.

Maître Philippe Gatti a répondu pour la famille en déclarant à la presse :" la famille tient à dire fortement par ma voix et par mon intermédiaire deux choses : Première chose, la famille de monsieur Ferrandi s'étonne qu'une telle tentative d'assassinat ait pu être perpétrée au sein d'un établissement pénitentiaire. La deuxième interrogation de la famille porte sur les informations qui commencent à circuler, à savoir que très vite, a été diffusée à travers les médias, je ne sais par qui, je ne peux penser qu'il s'agit de l'administration pénitentiaire, a été diffusée une thèse, qui serait que cela résulterait d'une lutte de clan, qui permettrait à monsieur Ferrandi d'accéder au caïdat dans une centrale, à Clervaux ou ailleurs. Je ne pense pas que cette thèse soit plausible, et je ne pense pas qu'à ce jour, au vu des investigations qui commencent, cela peut-être répercuté de manière très complaisante par les médias. Donc, la famille a ces deux interrogations et pour répondre à ces deux interrogations, il n'y a qu'une seule chose qui puisse être satisfaisante, à savoir l'ouverture d'une information. "

Avec beaucoup d'émotion, le père d'Alain Ferrandi a rappelé à tous que son fils n'était pas un voyou, ce dont personne ne doutait dans l'assistance mais qui méritait d'être redit.

Les réactions en Corse

Dans les jours qui ont suivi, de nombreux communiqués ont été diffusés pour condamner sans réserve cette tentative d'assassinat et pour porter soutien à la famille Ferrandi. Bien évidemment, les professionnels de la condamnation, ceux qui sont capables de réagir au moindre pétard mouillé qui est retrouvé en Corse, ont été lâchement absents. Comme l'ont dit le CAR et A Riscossa Paisana, la vie d'un nationaliste vaut sans doute moins pour ces grands humanistes qu'un bâtiment administratif vide… On aurait pu croire qu'en Corse, la compassion se partageait et qu'elle ne se divisait pas, mais force est de constater que ce n'est pas le cas. Seul le communiste Paul Antoine Luciani a communiqué sur le sujet, ce qui est tout à son honneur, et les organisations de défense des prisonniers politiques corses ont salué son courage politique lors de leur conférence de presse.

La conférence de presse CAR/ARP

Vendredi 12 août, le Comité Anti Répression et A Riscossa Paisana ont donc réagi :

" Dimanche 7 août, les limites de l'intolérable ont été franchies dans une prison française. A la Centrale de Clairvaux, deux patriotes corses ont été lâchement agressés par des détenus. Philippe Fabbbri a eu des côtes fêlées, la cage thoracique enfoncée, et se trouve aujourd'hui confiné à l'isolement. Le sort d'Alain Ferrandi est malheureusement plus préoccupant. Alors qu'il se rendait à une activité, quatre détenus l'ont sauvagement attaqué, utilisant des boules de pétanques, et se sont acharnés sur lui. C'est une véritable tentative d'assassinat. Rendus forts par l'effet de meute, ces chiens enragés l'ont laissé pratiquement pour mort. Transféré en urgence dans un hôpital de Troyes, il n'a pas pu être opéré sur place car seul un spécialiste de la neurologie pouvait effectuer cette opération. Alain Ferrandi a donc été transféré en urgence dans un autre hôpital, à Reims, pour être opéré d'un hématome à la tête. Le lendemain matin, la famille Ferrandi n'avait toujours pas de nouvelles de cette opération et ne savait même pas si Alain était toujours en vie… Cette attitude inhumaine des responsables de l'administration pénitentiaire est révoltante.

Les organisations ici présentes lancent un avertissement solennel à toutes les personnes qui s'en prennent aux patriotes corses, dans les prisons françaises. Désormais, nous ne tolérerons plus la moindre atteinte, physique, morale ou de quelque nature qu'elle soit, et d'où qu'elle vienne. Que les agresseurs n'oublient pas que nos prisonniers politiques ne sont pas seuls et qu'ils ont derrière eux leur peuple. Si de tels événements se sont produits, ce n'est pas le fruit du hasard, mais le résultat d'une campagne haineuse menée par le pouvoir français, et relayée par de trop nombreuses personnes, y compris dans l'administration carcérale. L'entière responsabilité en incombe à l'Etat français. Messieurs les ministres de la France, vous avez appelé à la haine anticorse, vous avez réussi à faire naître une corsophobie généralisée qui a conduit un patriote corse sincère et totalement dévoué à sa cause, aux portes de la mort.

Alain Ferrandi est un père de famille intègre, qui a toujours travaillé dur dans sa vie et honnêtement. Contrairement aux allégations du secrétaire général adjoint du syndicat FO Pénitentiaire, Remy Carrier, Alain Ferrandi n'est impliqué dans aucun incident crapuleux et n'a jamais été victime d'un règlement de compte lié au phénomène de caïdat entre deux clans. Si Alain Ferrandi est aujourd'hui condamné à la prison à vie, c'est uniquement pour son engagement politique qu'il a toujours revendiqué, la tête haute. Nous ne reviendrons pas sur les déclarations indécentes de l'UFAP de Dijon qui suite à la tentative d'assassinat perpétrée sur Alain Ferrandi communique sur la sécurité de son personnel…

Nous appelons tous les partis, les mouvements, associations et individus de Corse à prendre enfin leurs responsabilités pour que cessent les injustices faites à nos prisonniers politiques. Nous appelons toutes les forces vives de notre peuple, hommes politiques de toutes tendances confondues à réagir à cette agression intolérable contre des Corses qui payent déjà le prix fort pour leur engagement en faveur de notre pays.

Ce n'est pas une affaire politique nationaliste, c'est une affaire qui doit concerner tous les Corses et il est du devoir de chacun de le faire savoir. Nous attendions les réactions des " professionnels de la condamnation ", mais nous constatons que pour eux, la vie d'un patriote corse vaut moins qu'un simple bâtiment vide, et l'on peut perpétrer des tentatives d'assassinats, leur compassion est sélective.

Nous en prenons acte.

Aujourd'hui les organisations présentes à cette conférence de presse exigent que soit attribué aux patriotes corses emprisonnés un véritable statut de prisonnier politique. Nous rappelons que les prisonniers politiques, quand ils étaient reconnus comme tels, étaient regroupés et n'ont jamais eu à faire face à ce type de tentative d'assassinat. Face à la responsabilité de l'Etat français qui a été incapable d'assurer la sécurité et l'intégrité physique des prisonniers politiques corses, nous exigeons l'application immédiate des lois communes et des directives européennes et le retour immédiat des prisonniers politiques corses sur leur terre en attendant leur libération.

Nous assurons Alain Ferrandi et Philippe Fabbri et leur famille de notre totale solidarité.

Aujourd'hui, seule une résistance nationale, à tous les niveaux, pourra permettre à la Corse d'aller de l'avant. A Riscossa Paisana et le CAR organiseront dans les semaines à venir des manifestations pour faire entendre la voix du peuple. "


Les prisonniers politiques de Lannememzan

Au cours de cette conférence de presse, la fille de Petru Alessandri a lu une lettre cosignée de Carlu Santoni, Patriziu Castreno et Petru Alessandri, tous trois incarcérés à la Centrale de Lannemezan :

" Quelles que soient les raisons qui les ont amenés à se retirer de la liste des prisonniers politiques, nous tenons à apporter à Filippu et Alanu, amis et frères de lutte, notre soutien le plus fraternel et inconditionnel après l'agression dont ils ont été victimes à la centrale de Clairvaux.

Nous voulons aussi, avant toute chose, adresser à leurs familles nos plus chaleureuses pensées dans cette nouvelle épreuve. Cette agression d'une extrême gravité vient rappeler à chacun d'entre nous que l'exil et la promiscuité que nous impose l'Etat français nous exposent quotidiennement à ce genre de drames.

Aujourd'hui, ce que nous redoutions depuis des années vient de se produire. L'Etat français et ses relais de l'administration pénitentiaire tentent de relativiser ce drame en le mettant sur le compte d'un conflit interne entre " caïds ".

Manoeuvre honteuse qui vise à camoufler ses responsabilités. Depuis des années, ce même Etat ignore ses propres lois en nous séquestrant loin de notre terre. Nous dénonçons depuis autant d'années cet état de fait, mais devant la gravité de la situation nous voulons lancer un appel solennel à l'ensemble des élus corses pour que dans les plus brefs délais, ils exigent, du pouvoir en place, le rapatriement à la prison de Borgu de tous les détenus condamnés et le regroupement des autres dans une seule maison d'arrêt.

Si nous avons conscience, que dans la sphère étatique, certains se réjouissent du sort de nos frères nous considérons que la classe politique corse ne peut plus ignorer, malheureusement, les conséquences de sa passivité. Et porte une lourde responsabilité dans ce drame et ceux à venir si cette situation perdure.

Ils auront, en tant qu'élus, à en répondre devant notre peuple mais en tant qu'hommes ils en répondront devant nos familles et nos proches.

Nous pensons que le mouvement national saura réagir à la hauteur de cette agression, quant à nous, elle nous renforce dans nos convictions et notre détermination.
Salutu fraternu à tutti. "


Etat de santé d'Alain Ferrandi

Aujourd'hui, des nouvelles rassurantes nous parviennent de la part de la famille, Alain Ferrandi se repose à l'Hôpital de Fresnes où il entame une longue convalescence.

Le bilan de santé d'Alain Ferrandi se passe de commentaire : Une fracture du crane avec 42 points de suture, un hématome interne à la tête qui a été ponctionné, les dents du haut cassées avec des points dans la bouche de part et d'autre, et deux côtes cassées. Il a toujours un oeil fermé à cause des coups. Son opération de la tête a duré plus de trois heures…

La rédaction du Ribombu Internaziunale apporte son soutien le plus fraternel à Alain Ferrandi, à Philippe Fabbri et à leur famille et souhaite un prompt rétablissement aux deux blessés.

Marzulinu

 

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