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Puni en prison !


Quand les directions des prisons françaises réécrivent les lois, afin de faire payer à nos prisonniers leurs idées politiques...

Les prisonniers politiques corses, comme leurs frères bretons ou basques, doivent subir en plus de l'emprisonnement l'exil. Un exil sur une terre étrangère bien évidemment et oh combien hostile… Mais, en plus des conditions de détention inhumaines, en plus d'un emprisonnement à des milliers de kilomètres de leur famille, en plus d'une détention préventive abusive (alors que les lois françaises expliquent clairement que cela doit être l'exception, on constate chaque jour que pour les nationalistes corses c'est la règle…), nos prisonniers politiques doivent faire face quotidiennement, dans ces prisons qui sont la honte de la République française, aux agissements sournois et mesquins de certains représentants de l'administration pénitentiaire qui déshonorent leur corporation.

On ne compte plus les provocations, les tentatives d'humiliation, les privations, et les condamnations injustes pour le quartier disciplinaire.

Dernière trouvaille en date, la censure des lettres au prétexte que figure dessus le nom d'un ancien parti politique corse !

Voici un extrait de la lettre que Ours-Jean Filippi a écrit au directeur de la maison d'arrêt des Hauts-de- Seine à Nanterre où il est incarcéré :

" Monsieur, je reviens vers vous après avoir vu le chef de bâtiment qui m'a avisé à ma grande stupéfaction votre rejet au sujet des copies avec l'enseigne d'un parti politique officiel acquis ces derniers jours. " Libertà per i Patriotti " et " Indipendenza ". Le parti politique " Indipendenza " a des élus politiques qui symbolisent le peuple corse et n'est en rien sournois. Je ne conçois pas votre rejet car les écrits qui sont censurés en détention doivent porter atteinte à la sécurité de l'établissement ou créer l'objet d'un hypothétique trafic au sein même de cet établissement. Les copies qui m'ont été envoyées n'ont rien d'engageant et ne mettent pas la sécurité de la prison en cause.

Je tiens aussi à vous témoigner un problème relatif au service médical de Nanterre. Il refuse de me soigner et je porte de sérieux doutes sur les compétences de (…) car il m'a laissé deux mois en cellule sans traitement pour mon asthme. (…) La prison est un monde clos où tout le monde couvre tout le monde, où le détenu n'a pas le droit à la parole. Je demande juste à être soigné. (…)

Monsieur le directeur, je remarque que le blocage de mes copies à la fouille est une répression additionnelle et une privation de la liberté d'expression. J'avoue adhérer à un parti politique corse et être pris en compte par le Comité Anti Répression. (…) Rien à ce jour empêcherait un détenu de recevoir du papier à lettres avec le logo " UMP ", " FN " alors pourquoi empêcher ma correspondance ?

Ours-Jean Filippi "

 

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© U Ribombu Internaziunale — 2006