Au cours d'une conférence de presse, le
Comité Anti Répression a de nouveau rappelé
les situations d'incarcération faites aux prisonniers
politiques corses, et notamment,
pour les condamnés, la non application des
lois qui prévoient le rapprochement auprès
des familles. A ce jour, seuls trois prisonniers,
sur la vingtaine qui sont déjà passés en
procès, sont incarcérés à la prison de Borgu.

Afin de dénoncer cette injustice, le CAR demande à rencontrer
publiquement les quatre nouveaux députés de
Corse, dont certains, au cours de leur campagne électorale,
se sont publiquement prononcés en faveur du rapprochement
des prisonniers.
Ainsi, le CAR, demande " solennellement aux quatre
députés de Corse, Camille de Rocca Serra, Sauveur
Gandolfi-Scheit, Simon Renucci et Paul Giacobbi de bien
vouloir nous recevoir dans un bureau de l'Assemblée
Nationale française, à une date qui leur conviendra, pendant
cette première session, afin que nous puissions discuter
avec eux des modalités à mettre en place pour que
nos prisonniers politiques puissent dans les semaines à
venir, en tout cas avant la fin de l'été, être transférés en
Corse. Nous souhaiterions être reçus par les quatre députés,
en même temps, dans une même salle (…) nous rappelons
que sur la soixantaine de prisonniers (…) près
d'une vingtaine sont actuellement condamnés, et seuls
trois incarcérés en Corse. Rien dans les textes de loi
français ne s'oppose à leur retour immédiat dans un centre
de détention corse, même en ce qui concerne les
condamnés à perpétuité, et, au contraire, leur retour ne
serait que l'application de ces lois et des directives européennes.
On ne peut même pas nous opposer l'argument
sécuritaire, car aujourd'hui tout le monde sait que le
centre de détention de Borgu est un véritable quartier de
haute sécurité !
Et le CAR de prendre le cas de Jean-François Ramoin-
Luciani, incarcéré depuis 7 ans et condamné à 13 ans de
prison. Actuellement incarcéré à Toulon, et alors qu'il
pourrait être en liberté conditionnelle, son transfèrement
à Borgu lui a été refusé au motif que sa peine est
incompatible avec un rapprochement en Corse ! Et le
CAR de rappeler que " l'actuel Président de la République
(…) lorsqu'il était Ministre de l'intérieur en 2004 avait
précisé que le rapprochement devait concerner tous les
prisonniers, quelles que soient la nature et la longueur
de leur peine ". C'est pourquoi le CAR souhaite que les
personnes " qui ont parlé des prisonniers (…) pendant
leur campagne électorale d'être à la hauteur de leurs
propos en recevant les représentants du CAR pour
étudier la manière dont ils comptent influer sur le gouvernement
français pour qu'il applique enfin les lois communes.
Nous ne nous contenterons ni de vagues promesses,
ni de rendez-vous lointains, ni de protestations de
façade car la situation exige une réaction forte, rapide
et déterminée pour être à la hauteur des enjeux ".
Déjà privés de liberté, les prisonniers sont de par
l'éloignement condamnés à une double peine du fait de
l'éloignement, l'exil et la privation de leur famille. Sans
compter les dangers encourus, à l'image de la tentative
d'assassinat contre Alain Ferrandi en 2005 ou l'affaire
Pasqualaggi le mois dernier.
Pour le CAR, " les dernières échéances électorales ont
montré (…) l'importance du vote nationaliste. Malgré certaines
déclarations, force est de constater que le nationalisme
est une force vivante de notre peuple et toujours
au centre du jeu politique ". Par conséquent, et suite aux
déclarations de campagne de certains candidats, qui
n'ont pas hésité à reprendre plusieurs thèmes de campagne
des candidats nationalistes, le CAR attend " maintenant
une réponse, publique ou privée, de la part des quatre
députés de Corse. Nous restons à leur entière disposition.
Ils savent comment nous contacter ".
Une manière claire de les mettre devant leurs responsabilités
afin que leurs actes soient conformes à leurs
propos de campagne.
Batti Lucciardi