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Articulu di u numaru 30, Ottobre di u 2007


Vers une nouvelle reconnaissance internationale des peuples



L’assemblée Générale des Nations Unies – après plus de vingt ans de négociations et de tergiversations – adopte ce jeudi 13 septembre, une déclaration certes symbolique mais dont la portée est universelle. Cette déclaration porte sur les droits des peuples autochtones. La Corse est tout naturellement concernée.

Un peu d’étymologie…


Par autochtones on entend « qui est du pays même ». C’est-àdire les « premiers habitants d’un pays » que l’on distingue des « peuples venus d’ailleurs s’établir dans le même lieu ». La définition est claire pour en comprendre la signification et surtout la portée.


Une portée universelle

Selon le journal « Le Monde » en date du 14.09.2007, « quelque 370 millions de personnes appartenant aux peuples autochtones, souvent marginalisés à travers le monde » sont concernées par cette déclaration ! C’est dire de sa projection universelle et humaine, complémentaire des droits de l’homme tels qu’ils sont actuellement édictés.


Une adoption très importante

L’assemblée générale des Nations unies adopte ainsi une résolution qui consacre une reconnaissance des différences identitaires telle qu’elles se sont affirmées jusqu’à aujourd’hui malgré – de par le monde – les tentatives multiples pour annihiler, détruire, stigmatiser ou réduire les expressions culturelles, sociales, économiques et politiques que chaque communauté constituée peut exprimer.

La résolution affirme ainsi que : « Les peuples autochtones sont égaux à tous les autres peuples, tout en reconnaissant le droit de tous les peuples d’être différents, de s’estimer différents et d’être respectés en tant que tels ». Elle rajoute « que tous les peuples contribuent à la diversité et à la richesse des civilisations et des cultures, qui constituent le patrimoine commun de l’humanité ».

Elle stipule enfin qu’elle se dit « consciente de la nécessité urgente de respecter et de promouvoir les droits intrinsèques des peuples autochtones, qui découlent de leurs structures politiques, économiques et sociales et de leur culture, de leurs traditions spirituelles, de leur histoire et de leur philosophie, en particulier leurs droits à leurs terres, territoires et ressources ».


Vers une projection d’autodétermination

La résolution va nettement plus loin quand elle constate que « la charte des Nations Unies, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que la Déclaration et le Programme d’action de Vienne, affirment l’importance fondamentale du droits de tous les peuples de disposer d’eux – mêmes, droit en vertu duquel ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel ».

Elle énonce ainsi la possibilité pour chaque peuple de choisir en toute liberté les conditions de son émancipation. Elle l’affiche clairement par la suite :

La résolution se dit « consciente qu’aucune disposition de la présente déclaration ne pourra être invoquée pour dénier à un peuple quel qu’il soit, son droit à l’autodétermination, exercé conformément au droit international ».


De nombreux Etats concernés

Les Etats constitués, quelquefois drapés dans des considérations constitutionnelles uniformisatrices et négationnistes - malgré leurs apparences citoyennes – sont appelés dès lors à respecter et faire respecter des droits qu’ils ont toujours récusé sinon combattu.

La résolution est on ne peut plus claire : Elle « encourage les Etats à respecter et à mettre en oeuvre effectivement toutes leurs obligations applicables aux peuples autochtones en vertu des instruments internationaux, en particulier ceux relatifs aux droits de l’homme, en consultation avec les peuples concernés ».


« Un moment historique »

Pour l’actuel secrétaire général de l’Onu, M. Ban Ki-Moon, cette résolution est « un triomphe pour les peuples indigènes du monde entier » et de la traduire comme « un moment historique ou les Etats membres de l’ONU et les peuples indigènes ont réconcilié leurs histoires douloureuses ». Toutefois des réticences sont manifestes…


Des oppositions à la résolution

Des Etats – et non des moindres – ont voté contre la résolution. Le Canada, la Nouvelle Zélande, l’Australie et les Etats-Unis ont clairement affichés leur opposition. Onze autres pays se sont abstenus parmi lesquels la russie. 143 pays l’ont adopté.

Ces oppositions mettent en évidence le refus de prendre en considération au profit de concepts philosophiques, géopolitiques et économiques, des communautés victimes historiquement d’une invasion physique et sanglante (les nations indiennes d’Amérique du Nord), d’une dépossession territoriale et d’une disparition programmée de leurs valeurs linguistiques et culturelles.


La subtilité française

L’Etat Français adopte quant à lui une position pour le moins sujet à caution. On connaît le rôle colonial de la France et sa constitution républicaine qui balaye tout considérants identitaires et spécifiques. C’est ainsi qu’elle développe une lecture interprétative de la déclaration… Elle limite ainsi sa portée nationale aux seuls « autochtones des collectivités territoriales d’outre-mer »…Elle réfute de facto que la résolution s’applique à ce qui est régi par les « normes constitutionnelles nationales ». Les basques, les bretons, les alsaciens, les occitans, les corses ne seraient donc pas concernés…

Un expert français n’a-t-il d’ailleurs pas déclaré – toujours selon « Le Monde » du 14.09 2007 que la déclaration « n’est pas un traité et qu’elle n’a pas de conséquence juridique »…


Un espoir international

Il n’en reste pas moins que la résolution résonne comme un espoir. A condition que tous les peuples concernés s’organisent structurellement pour faire valoir à travers elle tous les droits qui leur sont encore aujourd’hui déniés. Cela suppose une réflexion et une organisation politique, philosophique et juridique dont toute résistance identitaire doit se prémunir pour arracher ce qui lui revient originellement.

ULIVIERU SAULI

 

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