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L'île de Maoré Au-delà du référendum |
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Le Comité spécial de la décolonisation de l'Organisation des Nations Unies inscrit l'archipel des Comores le 25 août 1972. Le 15 juin 1973, la France et les Comores signent des accords portant sur l'accession à l'indépendance. En 1974, un référendum affirme cette indépendance. La France toutefois prend la responsabilité de détacher Maoré du reste de l'archipel, violant de facto son intégrité territoriale. Les Comores obtiennent l'indépendance le 6 juillet 1975, et ne cessent depuis de réclamer la souveraineté de Maoré, appuyée en cela par l'Union Africaine qui considère ainsi l'île occupée par une puissance étrangère. La France programme, elle l'insertion progressive de l'île dans le droit commun. Maoré est une collectivité départementale, dotée d'un conseil général et d'une administration décentralisée. Le 18 avril 2008, et suite au renouvellement du conseil général en mars 2008, les conseillers généraux adoptent à l'unanimité une résolution demandant au gouvernement français à faire évoluer la collectivité en DOM (Département Outre-mer). La départementalisation ancrera Maoré dans la France. Elle consacrera une nouvelle étape de son annexion. Son éventuel statut de Région Ultrapériphérique au sein de l'Europe se heurtera aux principes des résolutions de l'O.N.U. qui ont toujours condamné cet ambigu rattachement. Au sommet d'Addis Abeba de janvier 2009, les 53 pays de l'Union Africaine ont condamné unanimement - une nouvelle fois - l'inscription de Maoré dans la constitution française, et le référendum de mars 2009. La séparation de Maoré de son contexte insulaire engendre une partition à la fois territoriale et humaine. En l'occurrence l'instauration d'un visa d'entrée entrave à la libre circulation des comoriens des autres îles, s'est soldée par la mort de plus de 6000 personnes dans le bras de mer séparant les îles d'Anjouan et de Maoré. On dénomme cela le « plus grand cimetière marin »… Il est vrai que depuis l'institutionnalisation de « clandestins » on assiste làbas à un paradoxe : les comoriens sont pourchassés chez eux, jusqu’à se noyer. Récemment Jean-Paul Lecoq, élu de la Gauche démocrate et Républicaine affirmait lors du débat à l'Assemblée Nationale française durant la séance du 11 février 2009 : Je voudrais aujourd'hui prévenir que Mayotte étant, au regard du droit international, un territoire des Comores illégalement occupé par une puissance étrangère, la France se rend coupable de « déplacements forcés de populations », qui constituent un crime contre l'humanité passible de la Cour pénale internationale. L'histoire des Comores, de la partition de Maoré illustre une page d'actualité de la triste permanence d'un colonialisme français qui n'en finit pas de sévir. L'actualité de Maoré, c'est une nouvelle démonstration par la France de son refus de prendre en considération le choix majoritaire d'une communauté à disposer librement de son espace naturel et historique. Le référendum du 29 mars 2009 n'a aucune vertu démocratique : il est nul est non avenu, octroyant une modification administrative sans commune mesure avec le problème historique et international que la situation de Maoré soulève, et la feuille de route qu'elle implique pour mettre fin à cette situation de non - droit. Ulivieru Sauli |
© U Ribombu Internaziunale — 2009 |