" les nationalistes doivent impérativement renforcer l'union de toutes leurs composantes
pour accéder aux responsabilités et changer la réalité actuelle ".
I Ghjurnati 2005 ont donc consacré
l'ancrage de l'union sur le terrain des
luttes. Le discours lu par Ghjuvan
Guidu Talamoni a été on ne peut plus
clair : " les nationalistes doivent
impérativement renforcer l'union de
toutes leurs composantes pour accéder
aux responsabilités et changer la
réalité actuelle ". Elles ont aussi
consacré la volonté du Comité Anti
Répression de situer stratégiquement
la question des prisonniers politiques,
en projetant pour la rentrée une
mobilisation de terrain pour rappeler
l'importance d'un sujet qui à ce jour
n'a pas trouvé de solution réelle.
Les récents rapprochements de prisonniers
sur Borgu - le dernier en
date étant celui de Gérard Cianelli -
ne répondent pas pour autant à la
dimension de la question posée par le
Comité Anti Répression. Il est clair
qu'en l'absence de toute lisibilité des
intentions gouvernementales françaises,
ces quelques rapprochements ne
peuvent dissimuler trop longtemps la
réalité d'une situation politique bloquée
et qui intensifie la conflictualité
des rapports entre la Corse et la
France. Tout au plus ils légitiment une
des revendications humanitaires du
contre-pouvoir concerné et qui s'appuie
ni plus ni moins sur un des
droits juridiques là aussi bel et bien
bafoué par ce système censé les
représenter…
N'en déplaise à tous
nos détracteurs à courte vue, le rapprochement
- qui n'est pas un programme
politique (faut-il le rappeler
?) - est une revendication qui concerne
l'immédiat de la personne qui
subit une incarcération territoriale
délocalisée par rapport à son lieu d'origine
et familial : elle répond donc à
des impératifs humains de première
nécessité. Elle constitue l'un des
aspects du respect de la dignité
humaine évidemment mise à mal
dans les prisons françaises.
Le Comité Anti Répression ne peut
que prendre acte de ces quelques
gestes mais attend surtout une approche
claire et globale du sujet tel qu'il
l'évoque. Autant dire qu'en l'état
actuel des choses la mobilisation reste
entière, particulièrement pour la rentrée
où il faudra bien obtenir de nos
perfusés caciques représentants de
l'exécutif territorial des éclaircissements
sur leurs comportements
envers Paris. La rue - à défaut d'être
entendue - demeure le principal terrain
de sensibilisation, de mobilisation
et de lutte du comité anti répression.
Rien ne nous fera penser le contraire,
et certainement pas les élucubrations
écrites d'un pseudo intellectuel
qui faisant fi des années de volonté et
de dynamisme du CAR, voit en l'actuel
préfet M. Lemas la personne " qui
a plus fait pour le rapprochement des
prisonniers nationalistes que les organisations
nationalistes elles-mêmes ".
Bigre !!! On n'en attendait pas mieux
de ce prétendu écrivain qui, on se
souvient, a collaboré avec le système
en place sur la dite piste intellectuelle
du dit groupe désigné responsable de
la mort tragique d'un haut fonctionnaire
de l'Etat français. Comme quoi,
il n'est pas que Benhamou pour écrire
des contre-vérités et des inepties
sur le mouvement national…
Dans un tout autre registre, mais
avec cette fois une approche bien critique
de la démarche d'union, notre
ami Paulu Quastana évoque lui aussi
le sujet des prisonniers d'une façon
toute particulière au point que le CAR
a jugé bon - sans esprit polémique bien entendu - de répondre à
quelques points de sa réflexion portant
notamment sur les prisonniers et
le soutien à leur égard, la répression,
et la position du PNC. Le communiqué
est reproduit in extenso ci-dessous.
Il est vrai qu'en surfant sur du
populisme, on ne répond jamais aux
véritables questions de fond qui
concernent le mouvement national
avec toutes ses composantes et tendances.
Le CAR rappelle avec justesse que "
défendre les prisonniers politiques
c'est défendre une certaine conception
de notre société et de ses valeurs,
et cela n'est nullement superficiel. La
solidarité demeure l'un des fondements
et piliers de notre tissu communautaire
". La solidarité effectivement
sous son aspect global ne peut être
uniquement ramenée à une seule
approche de soutien aux détenus et à
leurs familles mais constitue un repère
à traduire politiquement pour un
véritable projet de société sur lequel
en l'occurrence doivent se reconnaître
l'ensemble des couches sociales de
notre peuple et tout particulièrement
les plus défavorisées…
C'est aussi sous la bannière d'une
unité stratégique, regroupant sans
exclusive aucune toutes les formations
du mouvement patriotique que l'on
pourra arracher la libération de tous
nos frères incarcérés comme l'émancipation
de notre communauté. Faire fi
de l'histoire récente du nationalisme,
de ses divisions et des affrontements
qui l'ont affecté c'est aussi vite oublier
sinon renier les accords historiques du
Fiumorbu… Il n'est qu'un seul ennemi
à abattre et il est historiquement clairement
identifié. Il est l'unique
responsable des déportations et incarcérations
de dizaines de patriotes. Il
est le seul responsable de la négation
politique de notre droit à la différence
et à la citoyenneté.
Il est donc impératif de projeter une
rentrée active sur les terrains de combat
pour rappeler la solidarité profonde
et réelle d'un peuple envers les
siens soumis à la répression et l'urgence
d'obtenir avec le mouvement
national dans son entier la mise en
place d'une solution politique pérenne
dans laquelle nos frères emprisonnés
auraient toute leur place.
Ulivieru Sauli