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Articulu di u numaru 40, Ghjennaghju 2009


La face cachée de la répression



En refusant de s'associer au rassemblement de protestation contre la politique d’Israël en Palestine , Corsica Libera a opportunément voulu se démarquer d’un certain nombre d’associations et de mouvements politiques toujours prêts a dénoncer partout dans le monde, les atteintes aux droits de l’homme, sauf quand cela se passe chez eux. En effet, leur indignation sélective laisse sceptique quant à leur volonté réelle de combattre les systèmes qui ne connaissent que la force brutale. Bien sur, les images d’horreur qui nous parviennent de Gaza, les images d’un peuple martyr laissé à l’abandon, sont sans commune mesure avec la répression telle qu’elle est exercée en Corse.

Pourtant les systèmes politiques qui là-bas comme ici, engendrent ces situations, sont de même nature, obéissent aux mêmes mécanismes, et ont souvent une même finalité.

Rien ne ressemble plus a un peuple nié dans ses droits qu’un autre peuple nié dans ses droits. Refuser aujourd’hui la reconnaissance du peuple corse et son droit inaliénable à l’autodétermination équivaut à condamner le peuple palestinien à l’errance. La solidarité avec les peuples opprimés ne se commande pas, elle s’impose comme une conséquence de ses propres luttes. Il serait faux de croire que la répression en corse est l’oeuvre des seuls services de police et de justice. Ces administrations ne sont en fait que les instruments coercitifs idéologiques.

Quand un pays comme la France s’auto-proclame, patrie des droits de l’homme, il diabolise par avance tous ceux qui ne se reconnaîtraient pas dans l’idéologie française, qui n’adhèreraient pas au modèle français.

Ce système de pensée, pour anachronique qu’il soit, n’en continue pas moins de s’imposer en Corse et ne manque pas, selon le mot de Nizan, de chiens de garde pour le défendre. Leurs aboiements sont surtout perceptibles dans l’espace médiatique où certains journalistes, à l’évidence en service commandé, ont du mal à retenir leur agressivité ou à dissimuler la haine qui les habite, dès lors qu’ils se trouvent en présence de porte-paroles du mouvement national. Le pouvoir politique français, a parfaitement compris l’importance de la communication dans la guerre qu’il mène contre le mouvement national. Car le concept de nation semble de plus en plus lourd à porter pour des régionalistes ou des autonomistes, qui n’ont d’autre ambition que de gérer le système, sans remettre en cause la domination française. Ils s’avèrent d’ailleurs être d’un précieux secours pour l’Etat Français lorsqu’ils désertent le champ du politique pour investir celui de la morale. Ce qui a pour conséquence immédiate d’évacuer l’histoire et par là-même de dédouaner tous ceux qui ont conduit la Corse dans une situation de nondéveloppement, de misère locale, de dérangement culturel. Il est effectivement plus confortable de s’attarder sur des concepts mal cristallisés comme le racisme, la violence, l’isolement…

Autant de thèmes récurrents qui autorisent tous les bavardages et qui donnent aux idéologues du statu-quo colonial l’occasion de culpabiliser le mouvement national et d’en appeler in fine a la démocratie comme seule réponse a la question nationale corse. Mais si cette démocratie-là, n’a d’autre finalité que d’évacuer le peuple corse de l’aventure humaine, alors, au diable la démocratie ! La répression est le produit d’un système politique qui l’exerce en fonction de la résistance réelle ou supposée à ce système. La nature liberticide du gouvernement Sarkozy peut d’autant mieux s’exprimer en corse qu’elle trouve là un champ d’application idéal. Et ce, pour deux raisons essentielles. La criminalisation du problème corse initiée sous l’ère Deferre a depuis lors, largement conditionnée une opinion publique française prête désormais à accepter tous les excès. D’autre part la France sait pouvoir compter ici sur d’indéfectibles soutiens.

A divers titres d’ailleurs. Au nom de l’affairisme, le plus souvent. Mais aussi au nom d’une idéologie qui se voudrait universelle et qui fait oublier a certains que la tentation de l’universalisme n’a jamais produit que des totalitarismes.

Dumè Tognotti

 

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