Nouvel accès de fièvre en Euskadi, après l’interpellation et l’incarcération, le 07 octobre, par le
juge Baltazar Garzon, de la majeure partie de la direction de Batasuna, mouvement patriotique de
la gauche nationale basque.
Il semble qu’à cinq mois des législatives, le PSOE ait définitivement
choisi l’option militaire au détriment de toutes résolutions pacifiques
au problème basque. Une position regrettable qui témoigne, en
définitive, d’une non-volonté de trouver une réelle solution politique à
un problème éminemment politique. Prétextant la position de ETA, de
ne pas abandonner la lutte, alors même que la répression n’a cessé
de s’accentuer malgré deux années de dialogue, le PSOE, pressé sur
sa droite par les néo-franquistes du PP, vient de fermer définitivement
la porte a tout espoir de paix.
Ces 17 incarcérations sont dans la continuité des arrestations
d’Arnaldo Otegi, en juin dernier, et de Joseba Alvarez début octobre.
Elles démontrent la volonté du gouvernement espagnol de réduire
au silence les indépendantistes basques dans le cadre d’un rapport
de force colonial de dominants à dominés. Le PSOE de Zapatero,
comme celui de Felipe Gonzales, 20 ans plus tôt, n’a rien compris à
la dimension politique du conflit en Euskadi, et plutôt que de chercher
l’apaisement il contribue à aggraver le climat politique. Pour la droite
et la gauche, le Pays Basque est un fond de commerce qui permet,
sous fond de propagande et de médiatisation à la solde du pouvoir,
de masquer leurs turpitudes, car, à l’heure actuelle, quelle que soit la
coloration du gouvernement, Madrid n’a aucune volonté de trouver les
voies et moyens d’une résolution au conflit.
Face à cette agression, les réactions ne se sont pas fait attendre. Dans
de nombreuses villes du Pays Basque, comme Bilbao, Pampelune ou
San Sebastian, plusieurs milliers de manifestants sont descendus
dans les rues pour dénoncer la répression. Certains rassemblements
ont dégénéré en affrontement avec la police. La mobilisation populaire
a démontré que les militants basques n’étaient coupés des réalités
de leur peuple, qui dans sa grande majorité aspire à la paix et non
à l’état de guerre entretenu par Madrid. Enfin, au plan international,
nos frères de Batasuna ont notamment reçu le soutien de plusieurs
organisations indépendantistes européennes dont les socialistes
flamands du V-SB ou de Corsica Nazione Indipendente qui avait déjà
dénoncé dans un communiqué l’arrestation de Joseba Alvarez, ami
de la cause corse et régulièrement présent chaque année à Corti pour
les Ghjurnate Internaziunale.
BATTI LUCCIARDI