Cette manifestation avait pour but
de dénoncer la répression qui se
déchaîne actullement contre le
mouvement national. Elle est multiforme
et s’est accélérée ces dernières
semaines au point de faire renaître
l’envie chez tous les
nationalistes de se retrouver ensemble
dans la rue pour la dénoncer.
Il y a tout d’abord eu la scandaleuse
condamnation d’Yvan
Colonna. Personne en Corse ne
pouvait accepter une telle condamnation
qui est en fait une véritable
vengeance d’Etat et non pas une
décision de justice en rapport avec
le procès, puisqu’à aucun moment
l’accusation n’ a pu porter la preuve
de la culpabilité d’Yvan et c’est
finalement au bénéfice du doute
qu’on l’a condamné.
Il y a ensuite le fichage génétique
du peuple corse, et en particulier du
peuple nationaliste corse.
Les nationalistes présents dans la
rue le 12 janvier voulaient également
protester contre les rafles
organisés depuis quelques semaines
et qui ont amené les hommes de la
SDAT à mettre en garde-à-vue plus
de 50 militants en 5 semaines !
Dont 49 ont été libérés avant même
la fin de leur garde-à-vue et sans
qu’aucune charge ne soit retenue
contre eux. Mais, certaines de ces
interpellations ont laissé des traces,
car les gendarmes et policier de la
SDAT sont allés jusqu’à frapper
certains militants nationalistes pour
les arrêter, alors que rien ne l’imposer.
Une mère, âgée, a même dû être
hospitalisée après la garde-à-vue...
Parmis les autres revendications,
nous notons le refus par l’Etat français
de donner un statut de prisonnier
politique qui serait de facto la
reconnaissance de la dimension
politique du combat des nationalistes
corses. Pourtant, dans sa longue
histoire, la France avait toujours
accepté de reconnaître une dimension
particulière aux gens qui
s’étaient battu pour leurs idées.
Mais depuis 1981 et la suppression
de la cour de Sûreté de l’Etat, la
France traite les prisonniers politiques
comme des détenus de droit
commun. Une insulte de plus, surtout
lorsqu’on les appelle “détenus
de droit commun appartenant à une
mouvance terroriste”.
Le rapprochement
Enfin, la dernière grande revendication
de cette manifestation est la
demande de rapprochement des prisonniers
politiques, avant bien
entendu leur libération qui devra
immanquablement intervenir lors
du réglement politique de la situation
en Corse.
Depuis la fin de l’année 2001, les
Socialistes au pouvoir en parlent.
Depuis la fin de l’année 2002, le
ministre de l’intérieur Sarkosy l’a
promis. Depuis la fin de l’année
2003, les élus de l’Assemblée de
Corse ont voté à l’unanimité des
motions demandant le retour en
Corse des prisonniers incarcérés en
France. En juillet 2007, les 4 députés
de la Corse dont la plupart avait
évoquer le problème lors de leur
campagne électorale, ont reçu les
représentants du CAR à
l’Assemblée nationale française. Et,
ils ont promis de faire le nécessaire
pour que nos prisonniers rentrent
enfin. Et en octobre 2007, c’est le
président de la République française
lui-même qui a dit dans l’hémicycle
de l’Assemblée territoriale
de Corse qu’il était normal de rapprocher
les détenus de leur famille.
Pourtant, malgré toutes ces promesses,
les seuls rapprochements
qui ont été effectués sont des rapprochements
médiatiques ou alibis
ne concernant que des prisonniers
politiques en fin de peine, conditionnables
ou pratiquement. Par
contre, ceux qui souffrent le plus,
les longues peines, les perpétuités et
autre 28, 25 ou 20 ans, ceux-là
attendent toujours dans les prisons
françaises.
Et pour les prisonniers politiques
en détention préventive, détention
qui peut parfoir atteindre les 5, 6 ou
même 7 ans, ceux-là, personne n’en
parle.
Ghjuvan Filippu Antolini