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Articulu di u numaru 25, maghju di u 2007


L'avenir du Sahara occidental toujours incertain





Plus de 30 ans après le départ des espagnols, la question politique du devenir du Sahara Occidental est toujours d'actualité, dans la mesure ou son statut politique reste encore à définir. Ancienne colonie espagnole, ce vaste territoire - au potentiel économique certain car riche en minerai de fer et surtout en phosphate et peut-être en pétrole - a été annexé complètement par le Maroc en 1979, alors même qu'en février 1976 la République Arabe Sahraouie Démocratique fut proclamée par le Front Polisario, soutenu par l'Algérie.

Pour défendre les intérêts sahraouis, et le droit du peuple à disposer de lui-même, le Front Polisario s'est engagé dans une lutte armée, axée sur une stratégie de tension, de guérilla, qui prit fin en 1991 grâce à une médiation de l'ONU. En effet, le cessez-le-feu prévoyait, en 1992, un référendum d'autodétermination sur l'avenir du territoire. Toutefois, cette consultation ne s'est jamais déroulée en raison notamment d'un désaccord sur la composition du corps électoral, question cruciale et déterminante. Le Front Polisario en exige la tenue, sous l'égide de l'ONU, alors que Rabat ne semble plus vouloir en entendre parler, alors même qu'Hassan II en en avait accepté le principe au début des années 80 et 90. Il est vrai que le Maroc est désireux d'ôter toute dimension internationale à ce conflit, et de le reléguer à une question " d'agitation intérieure "…

Toutefois, face aux pressions, le Maroc a été contraint de présenter une proposition de résolution. C'est ainsi que les autorités marocaines ont présenté un projet de statut d'autonomie qui accorderait aux sahraouis des compétences en matière économique et sociale, avec la mise en place d'organes législatifs et exécutifs. Rabat souhaite cependant conserver ses prérogatives et ses " droits régaliens " en matière d'attribut de souveraineté, de sécurité, de défense et de diplomatie…Si ce texte a reçu l'aval des Etats-Unis et de la France, le Front Polisario l'a légitimement rejeté, car comme l'a indiqué Ahmed Boukhari, som représentant aux Nations Unies, cela équivaut à une annexion de territoire et ne " peut être avancé comme une solution mutuellement acceptable ou une base de négociation ". Le mouvement sahraoui souhaite que soit respecté le principe du droit à l'autodétermination.

Il a d'ailleurs lui-même établie une contre-proposition politique qui garantirait aux Marocains une relation privilégiée et une collaboration. Le Front Polisario témoigne également de son courage politique, et de son sens des responsabilités, en proposant même que les listes électorales inclues des Marocains, installés au Sahara, en vue du référendum, à qui les sahraouis s'engagent à des garanties en cas de victoire des indépendantistes.

Une position également soutenue par l'Algérie, par la voix de son ministre des affaires étrangères, Mohammed Bedjaoui, qui a rappelé, fin mars à Washington, le sort des 150000 réfugiés sahraouis sur le sol algérien et " l'importance de trouver une solution juste à une occupation coloniale, la dernière sur le continent africain, qui dure depuis plus de trente ans (…) c'est pourquoi nous soutenons le principe d'autodétermination des peuples, le seul à même de garantir la stabilité dans une région qui a trop souffert des violences et de l'instabilité ".

L'enjeu est à présent, pour le Front Polisario de convaincre la communauté internationale de la justesse de ses positions, alors même que l'ONU, incapable de proposer une initiative nouvelle et surtout d'imposer le respect des accords de 1991, est verrouillée par l'intérêt politicoéconomique que suscite cette région pour les grandes puissances, qui s'assoient sans vergogne sur les intérêts collectifs d'un peuple en quête de ses droits politiques et de son désir de paix.

Battì Lucciardi

 

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