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Site de San Ghjuvan Battista : à chì ne simu ?


L'intervention de l'Unione Naziunale au site dit Alban, en fait San Ghjuvan Battista, a permis de faire avancer les choses mais la sauvegarde du site et l'extention des fouilles à l'ensemble du site doivent rester la priorité.


Le 28 avril 2005, Unione Naziunale donnait une conférence de presse sur le site Alban, San Ghjuvan Battista pour la tradition corse. L'Unione voulait porter un double témoignage.

Témoigner d'abord de l'importance du site, attestée depuis plus de deux siècles par de nombreux auteurs et érudits, et ensuite du coup bas qui se préparait en silence contre notre culture et notre patrimoine. Notre terre est martyrisée par une politique systématique de destruction de notre passé, de nos racines, de notre langue, de notre patrimoine.

Moins de deux semaines après l'intervention de l'Unione, l'équipe parachutée du sud de la France avec un Corse alibi - comme d'habitude - mettait au jour le baptistère de la première cathédrale d'Aiacciu. Cet événement d'une importance capitale pour Aiacciu, pour la Corse et pour le bassin méditerranéen dans son ensemble a, pratiquement, été occulté.

L'on a curieusement convoqué la " presse " c'est-à-dire le seul Nice-Matin corse qui ne paraissait pas à la suite d'une grève du personnel de distribution. Force est de constater, à moins d'être déficient intellectuellement, que tout est fait pour minimiser cette importante découverte. Le seul article que nous ayons pu lire depuis se borne à vanter les mérites de l'INRAP et des spécialistes éminents comme le responsable des fouilles et bien entendu, charité bien ordonnée commence par soi-même, le triste conservateur de l'Archéologie corse dont nous aimerions connaître la formation et les diplômes qui l'autorisent à s'exprimer sur le plan scientifique. Il est à noter qu'il a été publiquement accusé par l'Unione Naziunale d'être coresponsable de la destruction de l'important site de Castiglione à Purtichju et que son absence de réponse est plus que surprenante. Nous avons appris lors de cette communication de presse quasi clandestine que le baptistère mis au jour qui offre une cuve cruciforme serait daté entre le cinquième et le septième siècle. Tous les spécialistes de ce type de monuments s'accordent à reconnaître aux cuves baptismales cruciformes une antériorité et les font remonter au quatrième siècle. Nous sommes donc confrontés, une fois de plus, à une théorie révisionniste qui voudrait que la Corse soit christianisée par les vandales et que l'époque Paléochrétienne très précoce attestée à Mariana, à Saone, à Aleria, et dans d'autres points de l'île n'ait jamais existé.

Ce type d'attitude que véhicule les nouveaux missionnaires de l'archéologie venus d'ailleurs civiliser les malheureux étudiants de l'incapable université corse est affligeant et porteur de dérives que nous devons tous ensemble dénoncer et enrayer dans les meilleurs délais. L'Université de Corse doit être associée à toutes recherches sur le sol de la terre de Corse. La Collectivité Territoriale de Corse doit se doter au plus vite d'un Conseil Scientifique articulé autour de l'Université qui doit demeurer un centre incontournable de formation des hommes. L'Université doit également maîtriser et valoriser la recherche dans le domaine de l'archéologie et de la conservation du patrimoine. Il est urgent que les " politiques " sortent de leur mortel silence. Personne n'a dénoncé dans ce domaine précis l'indécent transfert de compétence de l'Etat vers la CTC.

En matière d'archéologie l'Etat a gardé son droit régalien et c'est lui et lui seul qui régente et décide. Le seul transfert véritablement effectif concerne les dépenses.

Celles-là l'Assemblée en a bien hérité. Quant au reste, c'est le vide absolu, et l'Etat fait ce qu'il veut. Malgré quelques semblants de créations de structures régionales. Le préfet, gouverneur du Palais Lantivy si prompt à communiquer pour la moindre crise d'asthme des grenouilles du canal de la Gravona est étrangement muet, et ses services avec lui, quand il s'agit de sauver un patrimoine multiséculaire que le monde nous envie.

Des politiques, des scientifiques, des administratifs sont frappés d'une étrange amnésie. Un' si sente à nimu.

Marzulinu

 

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